Le prisonnier de l'ange 3 Ayant fini son copieux repas, elle se remit à analyser ses sentiments jusqu’à ce que la lassitude l’emporte. A la fin de la journée elle n’avait pas beaucoup avancé. Cela lui prendrait du temps mais ça en valait la peine. Et puis du temps elle en avait .Un instant elle avait bien cru y parvenir. Mais dés qu'elle se saisissait de l'émotion celle-ci se dérobait comme pour la protéger.
Le matin suivant un garde apparut pour la conduire devant un conseil extraordinaire qui s’était réuni pour l’occasion. Surprise, elle découvrit que dans des circonstances particulières le prince faisait appel aux conseils de certaines personnes en qui il avait confiance. Cette délégation de responsabilité révélait à la fois un peuple procédurier et une volonté de partager le pouvoir qui semblait bien loin de l’image reçue. En effet pour elle les démons étaient un peuple gouverné par un tyran assoiffé de pouvoir et donc ne déléguant rien. Sa surprise n’échappa pas à Lucas, mais il ne fit aucun commentaire. Au contraire il lui présenta les membres du conseil. A la droite du prince se tenait Etanne le chef de la garde personnelle du roi, donc l’homme le plus important après le roi. Au son de la voix du prince et à l’étrange chaleur qui envahit Cali, elle devina que les deux hommes étaient proches. Cette impression fut confirmée par le regard empli de haine que lui lança le conseiller. Vint ensuite le conseiller financier, celui qui était chargé de gérer les affaires extérieures, le chef des armées, et un mage très puissant. Intimidée par cette assemblée de notables Cali prit soudainement conscience de son aspect physique. Cela faisait trois jours qu’elle ne s’était pas lavée, sa robe était sale et déchirée. Elle aurait tout donné pour pouvoir refaire sa mise, ces quelques gestes familiers lui apportaient toujours de l'assurance. Sûre de son physique la jeune femme se sentait sûre d'elle . Mais faire sa toilette devant les conseillers lui parut quelque peu déplacé. Elle décida donc que c’était futile et que son odeur serait son arme secrète pour repousser les attaques. Après tout même pour elle l’odeur d’un poulet ne lui paraissait appétissante que lorsqu’ il était cuit, un poulet sale et puant ne lui ouvrirait pas l’appétit. Perdue dans ses pensées, elle sursauta vivement lorsque la voix du prince s'éleva. Se maudissant elle s’ordonna d’être plus attentive. Elle savait déjà que le prince allait céder, elle le ressentait, mais elle ne connaissait pas le prix exigé ni ce qu’elle faisait là. Après les présentations le prince enchaîna.
- Tu me demandes de t’épouser car tu as lié nos corps. Après une courte méditation je ne vois pas ce qui m’obligerait à aliéner ma liberté, après tout je peux très bien vivre comme ça après t’avoir enfermée dans nos geôles.
Cali s’accorda quelques minutes de réflexion avant de répondre :
En effet vous pourriez, cependant dans ce cas je vous promets de faire de votre vie un enfer. Je ferais exprès de me meurtrir pour que vous souffriez au moment où vous y attendrez le moins. Peu à peu vous perdrez le contrôle, d'abord de votre corps puis de de votre vie. Enfin lorsque je me serai lassée de ce jeu, je nous tuerais.
Cali vit le prince tiquer mais il n’abandonna pas pour autant
- Je vais t'attacher, ainsi tu ne pourras me faire du mal.
- Même si je ne peux pas bouger je peux me meurtrir avec la magie. Et pour nous tuer il me suffira d’arrêter de manger. Il parait que ce n’est pas une mort très plaisante.
-Je vois que tu as tout prévu. Sur cette réplique elle sut qu’il allait céder, cependant ce fut la voix du mage qui se fit entendre. Avant de répondre elle regarda son nom gravé sur la table, Arcan. Mentalement elle se promit de le retenir, l’homme avait l’air puissant.
-En échange de ce mariage tu t’es engagée à rendre son âme et son corps à notre souverain. Es tu en mesure de rompre le sort que tu as lancé, et ainsi tenir ta promesse?
- Effectivement je peux défaire le sort, ce qui n’est pas votre cas sinon vous l’auriez déjà fait. Je suis un ange ! Mon peuple tient toutes ses promesses. Ainsi je vous fais le serment de délivrer le prince le jour de notre sixième mois de mariage. L’assemblée s’agita.
- Pourquoi six mois de mariage ! Tout de suite après la cérémonie serait suffisant lança Etanne hargneusement.