Le prisonnier de l'ange 5 
Cali se réjouit ce sort était indubitablement très puissant et il se révélait être d’une effroyable efficacité. Cependant cette petite victoire fut de courte durée, quand elle réalisa qu’il marchait dans les deux sens. Ainsi le roi avait aussi accès à son corps, émotions et pensées. De nouveau très lasse la princesse s'aperçut qu’elle avait retrouvé son calme. Résolue à ne pas se laisser abattre elle décida qu’une activité physique l’aiderait à se détendre ainsi qu'à oublier ses idées noires. Cela tombait bien il y avait du travail pour ranger la chambre. Elle s’attela à la tâche. La nuit était déjà bien entamée quand elle s’accorda enfin un peu de repos. D’ailleurs quelque part dans son esprit elle entendait Lucas râler. Lui aussi était fatigué et il en avait assez qu’elle malmène son dos. Encore une fois ce fut sur un sourire qu’elle s’endormit, décidément cet homme n’arrêtait pas de râler.
Les deux jours qui suivirent Cali continua son ménage, rendant le plus agréable possible ce qu’elle considérait de plus en plus comme sa chambre. Cela l’aidait à ne pas penser au mariage, ce qui n’était pas simple car dans la cour les préparatifs battaient leur plein. De la fenêtre de sa chambre elle pouvait les apercevoir. Mais pour elle les tentes et tréteaux ressemblaient plus au montage d’un échafaud qu’aux prémices d’un événement festif. Chaque fois qu’elle se laissait aller à regarder en bas, elle ne pouvait s’empêcher de penser qu’aucun des siens ne serait là pour ce grand jour.
Comme toutes les filles, Cali avait idéalisé le jour où elle épouserait l’homme de sa vie. Elle avait déjà une idée bien précise de la robe qu’elle porterait. Il ferait beau et les oiseaux chanteraient pour elle. Des colombes s’envoleraient lors du baiser final, et son peuple l’acclamerait. Bref un mariage sans prétention. Encore une fois elle s’était adonnée à ses rêveries. De toute façon le mariage parfait ça n’existe pas tenta-t-elle de se raisonner. Quant au mari elle avait aussi une petite idée sur lui, mais il ne fallait plus y compter et finalement tant mieux. Cependant au-delà de ces différences il existait des points communs entre le mariage de ses rêves et celui qu’elle allait avoir. Il ferait peut être beau et la paix reviendrait. Dans ces moments, après un peu de détente, elle reprenait l’aménagement de la pièce avec plus de vigueur pour oublier la réalité et les rêves. Elle n'était pas la seule à être nerveuse, et cela la rassurait. En effet le prince avait connu de meilleurs jours. Elle ne l’avait pas revu depuis la séance devant le conseil, mais elle arrivait de plus en plus à décrypter son mental. Sans oublier que son corps lui envoyait des signes de stress évident. Elle se demandait souvent si Lucas arrivait lui aussi à percevoir ce lien qui les unissait au delà du corps et si il s’en servait. Vaines questions, elle le saurait bien assez tôt.
Le grand jour arriva. Comme dans ses rêves il faisait beau, mais la comparaison s’arrêta là. Elle ne reçut pas de robe de mariée. Elle garda donc sa vielle tenue déchirée couverte de sang et de poussière. Quand elle réalisa qu’elle n’aurait pas de nouvelle robe Cali essaya de laver son habit dans la salle de bain, mais elle ne put faire de merveilles. Elle le déplorait, la princesse avait conscience d'être une femme superficielle. Son corps, sa beauté l'avaient sauvée en de nombreuses circonstances et c'est sans vergogne qu'elle y avait recours en situation de crise. Face à des hommes, un joli sourire, un beau décolleté étaient des armes. Cependant à son mariage cette ultime défense lui serait inaccessible. Après s’être rhabillée elle entreprit de se coiffer. Elle regretta amèrement de ne pas avoir de peigne ni d’épingle. Le fin du fin aurait été finalement d’avoir une dame de compagnie, mais elle doutait qu’elle puisse en trouver une. Finalement elle se fit la seule coiffure qu’elle savait faire, et après dix minutes à s’affairer elle s’admira dans la glace s'étonnant de sa présence. Les vampires auraient-ils encore évolués ? Ce n'est pas le moment de songer à cela se dit-elle mettant un point final à son ouvrage
Simple, élégante, sophistiquée la queue de cheval était la coiffure idéale pour un mariage! Elle était en train de tirer la langue devant la glace pour se moquer d’elle-même, quand le garde arriva. Il entra sans frapper et la surpris grimaçante. Avec toute la dignité qui lui restait elle le suivit jusque dans le hall.