le prisonnier de l'ange 9 Leur rage faisait naître de l’écume sur leurs lèvres. Tout en elle lui disait de fuir et vite, mais elle savait que si elle commençait à courir alors ils lui donneraient la chasse et la tueraient sans réfléchir. Comme à chaque fois dans ces situations son cerveau semblait s’emballer et partir dans milles directions, la majorité inutiles (par exemple elle se demandait si sa queue de cheval était toujours bien faite). Parmi ces pensées anarchiques elle réalisa que si elle mourait maintenant tous ses efforts auront été vains puisque le prince succomberait également. Un nouveau roi serait désigné et il y avait fort à parier qu’il romprait la paix sans scrupule. Sauf que la clef était là. Si elle périssait elle entraînait le prince avec elle, avec toute la superbe qu’elle possédait elle lança :
- Très cher époux il faudrait peut être contenir vos sujets.
- Mais ce sont les vôtres aussi maintenant très chère lui rétorqua-t-il sur le même ton mais nettement plus décontracté.
- Pour notre bien retenez les !
Comprenant la situation Lucas bondit et fut en un éclair prés d’elle. Bien qu’il ne se trouvait pas loin le saut fut quand même impressionnant.
- Pour l’instant je te protège, profites-en car ça ne durera pas. Sans effort il la prit dans ses bras et la porta à l’intérieur. D’une voix forte il déclara
- Bien entendu il est aussi interdit de manger votre nouvelle souveraine. Il ajouta seulement à l’attention de la jeune femme, "c’est un mets de roi qui me sera réservé le temps venu." Les démons commençaient à se calmer cependant le prince ne la lâcha pas. Il reprit en direction de la foule
- La fête n’est pas encore finie profitez en pendant que la reine et moi allons joyeusement consommer notre union.
Cali comprit immédiatement ce qui l’attendait. Elle n’avait pas songé un instant à la nuit de noce. J’aurais dû réfléchir avant de monter un plan aussi stupide se dit-elle encore une fois. Lucas remarqua qu’elle avait pâli et comme il continuait à la soutenir il sentit ses jambes se dérober sous l’effet de la surprise et de la peur. Pour la première fois depuis cinq jours il fut satisfait. Toujours sans difficulté il la balança sur ses épaules comme un vulgaire sac et l’emporta tranquillement dans sa chambre. Arrivé il la propulsa à terre. Son contentement augmenta lorsqu’il vit la terreur dans ses yeux. Elle se mit à pleurer amplifiant son plaisir. Bien sur elle ne pouvait pas savoir qu’elle ne l’intéressait pas. L’amour était un luxe refusé aux vampires ainsi que toutes les satisfactions qu’il emportait, le plaisir charnel en faisait parti. Lucas s’était toujours étonné de cette division faite par l’esprit populaire entre le sentiment d’amour qui était un sentiment positif et donc appartenait selon la croyance aux anges, et l'acte qui était un péché et qui appartenait donc aux démons. Comment pourrait il éprouver du plaisir en accomplissant un acte de tendresse s'il ne savait pas chérir. Cette aberration largement répandue lui était incompréhensible, mais il appréciait d’en jouer et prétendre à de nombreuses conquêtes. Sur ce point la réputation des démons n’était plus à faire et était totalement fausse. Tout comme lui son peuple faisait rarement l’amour car cela l’ennuyait, il n’y prenait aucun plaisir. C’était une des plaies de ses sujets. Cette absence se faisait cruellement ressentir au plus profond de chacun, comme un manque qui laisse un abîme derrière lui. Tous les vampires avaient conscience d’avoir perdu quelque chose de précieux même s'ils ne savaient pas quoi. Pour preuve bien qu’ils savaient qu’ils ne ressentiraient rien ils continuaient à avoir des rapports dans l’espoir d’apercevoir un bonheur interdit. Pour l’heure Lucas profitait d’un délice qu’il pouvait s’offrir, une petite vengeance. Cali gisait au milieu de la pièce. Il l’avait jetée là et paralysée la jeune femme ne pouvait plus bouger. Il se mit à tourner autour d’elle prenant son temps, se demandant si il n’allait quand même pas la prendre juste pour le plaisir de l’humilier.
Cali épuisée regardait le sol en attendant, résignée, que son époux veuille bien passer à l’action. Bien sûr comme toute princesse qui se respecte elle était vierge. Elle avait déjà embrassé un garçon mais elle doutait que son nouvel époux se contente d’un chaste baiser. Le renom des démons sur ce terrain était légendaire. Soudain elle se rendit compte que la situation aurait pu être pire. Certes elle n’aimait pas cet homme, mais elle le trouvait beau voir même attirant avec cette aura qu’il dégageait. De plus il était sûrement expérimenté, elle aurait donc pu tomber plus mal (un des gardes par exemple). D‘autant plus qu‘il éviterait de la blesser pour se préserver lui. Quant elle releva la tête un air de défi y régnait. Lucas se lassa du jeu.
- Tu es pitoyable, tu crois quant même pas que j’ai envie de toi. Non seulement tu es laide mais en plus tu es sale et tu pues. Je te trouve répugnante. Je pourrais te donner à mes gardes mais ça serait une insulte pour eux. Je suis fatigué laisse moi et retourne dans ta chambre.
Le prisonnier de l'ange 11