leprisonnier de l'ange 13 - Tu as une salle de bain au fond à droite mais elle ne ferme pas, il va falloir nous faire confiance princesse.
Cali ramassa la robe et se dirigea vers la porte qu’elle avait enfin repéré. Une fois dans la pièce elle prit son temps, persuadée qu’aucun des deux hommes ne la dérangerait. Un regard dans le miroir qui ornait la porte lui confirma cette impression. Elle était sale, couverte de bleus et de morsures, son visage était bouffi et ses cheveux étaient collés par la crasse. Elle qui faisait tout pour être soignée en toutes circonstances n'était plus que l'ombre d'elle-même. La reine avait envie d’un bon bain et se mit à loucher sur la baignoire. Mais elle ne pouvait se le permettre, nul doute que si elle était trop longue Lucas n’hésiterait pas à entrer. Elle s’autorisa quand même une douche et au diable la pudeur si son mari débarquait. L’eau chaude cascadant sur ses muscles engourdis fut un vrai délice. Elle ne fut pas surprise de découvrir tout un assortiment de savon dont un qui sentait comme la foret après la pluie. Souriant Cali en choisit un autre parfumé plus délicatement. Puis à regret elle arrêta l’eau. Pendant qu’elle s’essuyait elle songeait qu’elle pourrait peut être demander à Gaël s'il ne pourrait pas lui bricoler quelque chose pour qu’elle ait elle aussi une baignoire. Dans l'autre pièce Lucas lui aussi se détendait. Il avait senti qu’elle prenait une douche mais s’en moqua. Son ami le lorgna avec un regard pétillant.
- Ça te dirait d’aller ouvrir la porte histoire d’entendre des cris de pucelle effarouchée? Souriant à son tour Lucas répondit
- Pas ce soir j’ai la migraine! Etanne éclata de rire devant cette réplique empruntée aux amantes lasses des assauts de leurs conjoints.
- Tu me brises le cœur! Moi qui ai toujours veillé sur toi et qui t’ai offert le meilleur de moi même. De toute façon ce n’est pas drôle pour toi vu que tu as déjà découvert son corps et ses cris hier soir.
Lucas regarda son ami dont les yeux s’étaient faits coquins dans une pitoyable tentative pour lui faire raconter sa nuit de noce. Il se contenta d’adresser un sourire entendu à Etanne. Après tout il avait une réputation à préserver. Dans la salle de bain Cali entendit les deux hommes et soupira. Un homme est un homme quelque soit son espèce. Elle avait déjà passé la robe et démêlé ses cheveux. Elle sourit rien de tel qu’une douche pour reprendre forme humaine. Ses yeux étaient moins gonflés, soulignés par le noir de ses cheveux enfin propres et luisants on ne pouvait pas ne pas remarquer leur couleur vert émeraude. Elle avait toujours été convaincue que c’étaient ses yeux qui faisaient son charme, alors que sa grand-mère ne finissait pas de lui répéter qu’elle tenait sa beauté de ses longs cheveux noirs qui soulignaient sa féminité. Cependant elle soupçonnait que son aïeule lui disait ça pour éviter qu’elle ne se les coupe. Lorsqu’elle était plus jeune, elle ne cessait de réclamer une coupe courte plus simple d’entretien et moins gênante. Elle rétorquait à sa grand-mère que sa silhouette suffisait amplement à souligner le fait qu’elle était une femme. Bien sûr à cette époque elle n’était qu’une enfant et ses formes ne s’étaient pas développées. Cette réplique amusait beaucoup son aïeule qui la traitait de prétentieuse dans un éclat de rire. Aujourd’hui ses formes étaient indéniables et lui avaient déjà permis de faire tourner plus d’une tête. Une arme redoutable sans aucun doute. La robe que lui avait choisie Lucas avec son décolleté plutôt avantageux dessinait parfaitement son corps la mettant en avant. La teinte était assortie à la couleur de ses yeux et la jeune femme se demanda si c’était le fruit du hasard. Enfin le velours était chaud et confortable. Elle se sentit donc bien. Après un rapide coup d’œil approbateur dans le miroir elle décida de laisser ses cheveux sécher sans les attacher. Encore un miroir s'étonna-t-elle, mais à quoi peut-il donc servir ? Les vampires ne se reflètent pas, peut être aiment-ils sa façon d'orner la pièce. sur cette réflexion elle s’apprêtait à sortir quand elle se demanda que faire de son ancienne robe. C’était quand même sa robe de mariée. Mais elle était fichue et même si elle pouvait être sauvée il faudrait demander à son époux de la faire nettoyer. Se voyant déjà expliquer au jeune homme sa raison de la garder « vous comprenez c’est ma robe de mariée ». Cali jeta le tissu et se dirigea vers la porte. Au dernier moment elle se ravisa et récupéra l’étoffe dans la poubelle. Tant pis elle ne la ferait pas nettoyer, mais elle la conserverait. Qui sa
it elle pourra un jour servir se dit elle tout en sachant qu’il n’en serait rien.
Cette fois elle sortit d’un pas décidé de la salle de bain. Apparemment les deux hommes étaient plongés dans une discussion qui les absorbait tellement qu’ils en avaient oubliés jusqu’à sa présence.
- J’aimerai que Brice soit là, je suis sûr qu’il nous aurait aidé
- C’est sûr avec lui ça aurait été plus simple, mais il est en mission depuis des mois alors on va devoir s’en passer. Reprenons
Elle allait s’éclipser doucement lorsqu’un geste de Lucas retient son attention. Il venait de lever une feuille sur laquelle était esquissé un corps visiblement sans vie, affreusement déchiqueté.