le prisonnier de l'ange 18 Quand il la vit arriver il eut une illumination, c’était elle. Bien sûr il l’avait déjà vue, notamment lorsqu’elle se promenait dans le château. Mais elle était sale et sentait mauvais. Aujourd’hui alors qu’elle prenait le siége qui lui revenait de droit, il ne put qu’admirer sa prestance. Ses longs cheveux cascadaient sur ses épaules, masquant une partie de son décolleté profond. Il ne pouvait voir ses yeux, mais sa tenue droite et son expression tendue lui indiquèrent qu’ils devaient briller de nervosité. Cette attitude figée la faisait ressembler à une statue représentant une beauté légendaire. Il avait remarqué que dans les histoires les princesses étaient toujours belles ce qui le laissait assez dubitatif. Il trouvait ça d‘un commun. Il n’avait jamais trouvé une femme plus belle qu’une autre, les charmes auxquels étaient sensibles les autres hommes le laissaient indifférent. Donc quand il lisait ces histoires qui parlaient de beautés renversantes il restait sceptique, pensant que cela n’était possible que pour les autres hommes. Mais apparemment les récits disaient vrai, les princesses sont belles à croquer. A croquer oui, mais pas tout de suite. Il devait se contenir s'il ne voulait pas être démasqué. Après tant d’années cela aurait été dommage. Il avait eu un instant de panique en découvrant que ses crimes précédents avaient été déterrés, c’est vrai qu’il avait été gourmand ces derniers temps. Il aurait dû se méfier. Pendant des nuits d’insomnie il repassait lentement ses crimes un à un pour être sûr qu’il n’avait commis aucune erreur. D’habitude cette occupation lui donnait un certain plaisir et beaucoup de frustration, mais ces nuits là il ne ressentait que de l’affolement. Au bout de trois crépuscules, après s’être remémoré chacun de ses actes, il sut qu’il n’avait commis aucune faute. Il fut donc soulagé et intrigué par la tournure que prirent les événements. Un à un ses assassinats étaient reliés et tout le monde découvrait l’ampleur de l’affaire. Tous les cadavres soigneusement dissimulés refirent surface. Le conseil extraordinaire, face à l’importance de la situation, avait décidé que l’enquête serait menée par le prince en personne assisté d’Etanne et de l‘assemblée. Cette nouvelle lui avait procuré une véritable jouissance, il était donc dorénavant associé à l’enquête. Mieux c’est cette enquête qui lui apportait sa future victime, la femme parfaite.
Pendant qu’il admirait encore une fois la princesse, il se fit la remarque que le choix de sa future proie était criant , tellement évident. Si quelqu’un devait écrire ce roman, il ne pourrait faire autrement que la désigner comme le futur cadavre. Ainsi alors qu’il se moquait des ouvrages si transparents, il était lui aussi guidé par le fil cristallin de son histoire. Si sa vie était un livre, non seulement il aurait tout de suite vu la prochaine cible, mais il aurait approuvé ce choix en tant que lecteur. Il sourit et s’arracha à sa contemplation, il ne fallait pas se faire remarquer. Avec elle il avait le temps, les « enquêteurs » étaient pitoyables et il ne se sentait pas menacé. Il aurait le temps de faire en sorte que cette fois ce soit parfait pour une fin parfaite. Oui cette fois il en était sûr il atteindrait son but avec elle, même le destin l’approuvait. Il ne restait plus qu’à le convaincre. Bien sûr son complice lui dirait que c’était trop risqué. Après tout c’était la reine et même si elle n’était pas aimée elle était protégée, surtout depuis qu’elle était liée au le prince. Mais c’était elle et cette évidence suffira à convaincre son comparse. Il ne pourrait nier que le destin lui-même l’avait désignée. Pour le reste ils trouveront une solution
le prisonnier de l'ange 20 .