
Gaël arriva alors qu’elle finissait son déjeuner. Sa visite la mit vraiment de bonne humeur. Elle appréciait les efforts que le vampire avait fait pour quitter son grenier. En entrant dans la pièce il eu un sifflement d’admiration :
- Joli taudis que tu as là ma belle. Il ne te manque plus que l’eau chaude pour en faire un palace.
Cali éclata de rire. Le démon avait toujours les mots justes pour la réconforter et lui faire oublier ses tracas. Cependant alors qu'elle allait fermer la porte il l’en empêcha :
- Non laisse ouvert, les rumeurs tu comprends. Cali lui lança un regard dubitatif, montrant clairement qu’elle ne saisissait pas. Je ne voudrais pas que les gens pensent que je fais des choses malhonnêtes avec la reine.
Ces explications éclairaient la princesse mais elle trouva ça bien inutile. Peu de gens auraient ce type de pensée. De plus son mari n’était pas vraiment du genre jaloux, quoique songea elle en pensant au mot. Elle laissa donc la porte ouverte et alla s’asseoir sur le lit admirant le vieux démon se démener avec la plomberie. Se démener était effectivement le mot, plusieurs fois la reine eut peur que son refuge soit inondé. Elle soupçonna même le vampire d’avoir l’intention de démolir les murs. En quelques minutes un véritable attroupement s’était formé sur son seuil lançant des encouragements moqueurs au vampire. Alors qu'il travaillait elle en profita pour l'interroger.
- Gaël, dis moi pourquoi les démons ont des miroirs ? Vous vous reflétez maintenant ?
- Non, non toujours pas. C'est un grand drame pour moi de ne pouvoir contempler ma beauté infinie. Non, ils servent à agrandir les pièces tout simplement.
- Ha fit Cali déçue.
- Pour les seigneurs ils ont une autre utilité. Ils leur permettent de voir venir les coup dans le dos. Méfie toi, les miroir sont traîtres.
- Merci je me souviendrais du conseil.
A la fin de la journée le démon avait fini et sa douche était installée. Certes l’eau froide et chaude étaient inversées et la douche faisait un boucan étrange, mais elle pouvait se laver. Elle bénit le vieux vampire en se demandant si elle ne pourrait pas lui demander d’installer un verrou sur sa porte. Cependant un rapide coup d’œil à la douche l’en dissuada. Le soir même elle profita de ce nouveau luxe avec un bonheur d’autant plus grand que Lucas avait passé sa journée à l’entraînement. Il n’y était pas allé doucement, elle avait mal partout. En soupirant elle constata que demain elle serait toute courbaturée.Mais au moins maintenant elle avait une douche ! Ravie elle laissa longtemps l'eau cascader sur sa peau, finies les cascades gelées elle commençait enfin à goûter à la vie de château.
Les semaines suivantes une routine s’installa. Le matin la jeune femme se rendait dans la chambre de son époux où Etanne les retrouvait (même si la majorité du temps il était déjà là. Cali avait parié avec elle-même qu’elle arriverait un jour avant lui, mais elle ne se levait jamais assez tôt.) Ils prenaient leur déjeuner ensemble et parlaient de la reconstruction et plus rarement de l’enquête qui était au point mort. L’après midi les deux hommes allaient à l’instruction et Cali rejoignait les femmes du palais. La jeune reine avait décidé de prendre ses obligations de souveraine en main. Elle avait commencé par imposer son autorité aux cuisines, ce qui lui avait pris plus de deux semaines avant d’être lynchée par les cuisinières en colère. Elle n’était apparemment pas un cordon bleu. Elle avait finalement trouvé sa place à l’infirmerie où elle pouvait exercer ses dons de guérisseuse. Elle était d’ailleurs en train de soigner un vieillard lubrique, lorsque la voix de Lucas résonna dans sa tête. Elle avait fini par s’habituer aux intrusions du roi dans son esprit. Ça lui paraissait presque naturel maintenant, mais jamais ils ne communiquaient comme ça. Elle fut donc surprise quand il lui demanda de le rejoindre le plus vite possible. Sa voix était calme, voire amusée mais ses émotions trahissaient un sentiment d’urgence. Elle laissa son malade sur la table, de toute façon il n’avait rien de grave, et se précipita dans le hall.
le prisonnier de l'ange 24