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lien vers l'extrait précédent : Le péché pour leur vie 2.
- Dis-moi ce que tu as entendu, et ne t'avise pas de mentir, j'ai ton destin entre mes mains, souviens t'en.
Oui, me dis-je, puisque les entraîneurs nous notaient. Cela dit je n'avais aucune information compromettante en ma possession , aussi répétai-je fidèlement ce que j'avais entendu.
- Rien de grave, donc, conclus-je.
- Depuis quand es-tu en position de juger ce qu'un entraîneur dit à autrui ?
J'aurais pu arguer que ce n'était pas cela, mais je n'avais pas à répondre à un entraîneur.
- Ne répète jamais ce que tu as entendu, et n'en déduis rien, tu serais déçue, asséna-t-il. A plus tard.
Et il quitta la pièce en moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire. J'étais morte de faim mais d'abord j'avais besoin d'une bonne douche. Sous l'eau plus fraiche que tiède je cherchai ce qu'il avait voulu me cacher. Aiden. Joli prénom. Il s'était peut être vu reprocher de ne pas m'accompagner à l'entraînement avec les autres, à quoi il avait rétorqué que cette séance m'était inutile puisque que nous venions d'en faire une et que j'étais épuisée. Peut être s'était il cru obligé d'expliquer cette séance solitaire par la nécessité de me connaître puisque je lui était étrangère jusqu'à ce soir là. Parce que la présidente n'avait pas apprécié cette méthode. Ensuite il semblait évident que sa mère lui avait rappelé que le règlement imposait des séances collectives, à quoi il avait rétorqué qu'il se fichait pas mal du règlement. Peut être la présidente l'avait-elle menacé à cause de cette transgression, alors il avait argué qu'en tout état de cause il la voyait mal le virer, lui, son fils. Son fils ! Soudain l'information me percuta de plein fouet. La présidente avait un fils et il m'entraînait ! Bon cela étant qu'est-ce que cela pouvait changer à ma situation ? Rien, voilà quel avait été le message de Aiden, compris-je. Je ne l'avais jamais vu en ces murs, or les autres entraîneurs nous encadraient depuis le début. Qu'était il arrivé à celle qui m'entraînait ?
Une question que j'avais toujours refoulée s'imposa à mon esprit pour la énième fois, mais jamais elle ne fut aussi consciente. A quoi nous entraînait-on ? Pourquoi un tel secret autour et entre nous ? Je repoussai la question bien vite. Je travaillais, j'avais la belle vie, conclus-je avec un coup d'œil circulaire de mon spacieux salon que je traversai vêtue d'un peignoir de soie blanche, mes cheveux trempés rafraîchissant agréablement ma nuque. Je me servis un bol de céréales et en mangeant tentai d'étudier une fiche sur la phénoménologie, mode d'appréhension du savoir qui part des phénomènes. Je vous rassure, moi non plus je ne voyais pas trop de quoi il s'agissait. D'autant que le visage d'Aiden avec ses yeux émeraudes me hantait avec cette dureté inutile.
Finalement je gagnai mon lit à baldaquins et m'endormis comme une masse, mais pas avant de m'être un instant prélassée entre mes draps tellement doux.
Pour la première fois depuis des jours je m'éveillai de moi même. Il était dix sept heures mais je calculai que j'avais tout juste dormi huit heures. Je me préparai de nouveau un petit déjeuner mais je ne pus le terminer : Aiden frappa et entra immédiatement pour m'indiquer qu'on allait en salle d'escrime.
Cette fois je m'entraînai avec les autres recrues. Nous fîmes un genre de tournoi. Si on était virtuellement touché au cœur, on était éliminé. Nous n'étions que dix et aucune règle n'encadrait le combat. Le premier assaillant m'attaqua bien en face et très concentrée je parai passe après passe. Ce n'était pas si difficile mais mon attitude n'était que défensive, c'était un mauvais point. La lutte dura une demi heure, régulière, mais un homme attaqua mon assaillant dans le dos. Il retourna auprès de son entraîneur et je choisis l'une des deux filles. Son comportement était moins prévisible, mais attentive, je parai tous les coups. Pourtant cette attitude défensive me collait à la peau. On m'attaqua de côté ; violemment je frappai le bras qui me menaçait. Le type se plaignit et omit de parer mon coup, qui l'eut touché au cœur si les épées n'avaient été mouchetées. La fille toutefois faillit atteindre le mien de ce fait. Les passes reprirent ; je me défendis longtemps. Mais finalement elle fut attaquée ailleurs et tandis qu'elle se battait je surpris un autre élève et touchai le cœur sans qu'il ait pu se défendre. Peu après on me surprit de la même façon et je retournai penaude près de Aiden.
- Tu étais meilleure cette nuit, nota-t-il.
Je me demandai ce qui clochait dans son attitude.
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