
- C’est un pied de nez à notre peuple vois tu. Chez nous il est interdit de représenter Nala. Sa beauté est trop grande pour que l’œil humain puisse la contempler ou que l’esprit d’un simple mortel puisse l’imaginer. Pourtant quand ce démon nous a offert ce tableau aucun d’entre nous n’a pu se résigner à détruire cette merveille blasphématoire. On murmure dans nos couloirs que le jour où il a peint ce portrait la déesse elle-même l’a inspiré. Quoiqu’il en soit si ton mari n’était pas intervenu ce jour là je l’aurais tué. Si tu le connais tu as peut être aperçu la cicatrice qu’il a sur le torse, c’est la marque de mon épée. A cette révélation Cali sentit une froide haine l’emplir toute entière, jamais elle n’avait ressenti un sentiment aussi profond. Craignant que cela se voit Lucas ce pencha vers elle et se mit à lui regarder la bouche la jeune fille recula d’étonnement.
- Non, non, je t'assure, tu n’es toujours pas une vampire. Ça ne sert à rien de montrer tes dents, tes canines sont trop petites pour être effrayantes. Tu es le premier ange que je vois montrer des dents, et c’est franchement ridicule. Arrête ça tout de suite !
cette réplique détendit l'atmosphére, la salle fut soulevée par un éclat de rire . Cali regarda froidement le sultan avant qu’il ne s’en rende compte elle n’était plus que glaciale détermination et dans le silence qui s’était imposé dans son esprit Lucas l’entendit se faire un serment. « Pour la blessure que tu as causée à un homme venu te faire un cadeau je serai l’instrument de ta destruction si destruction il y a. Pour t’en être pris à mon ami je serai à l’origine de ta mort ». Puis elle regarda Lucas « Pour l’insulte que tu as fait à ta femme tu as perdu ton honneur et mon respect ». Calmement elle se leva et commença à sortir de la salle avec la dignité d’une reine. Le silence lourd et oppressant retomba. Il fut rompu de nouveau par le souverain ignorant le drame
- Ce tableau est beau, mais je trouve que c’est toi qui décore le mieux la pièce.
- Flattée murmura-t-elle entre ses dents.
- A bien y regarder tu lui ressembles. Cali regarda plus attentivement la jeune femme du tableau, c’est vrai qu’il y avait quelque chose, comme entre toutes le brunes aux yeux verts de taille moyenne et un peu pâles. ce n'était rien de bien flagrant à ses yeux. Sans un regard pour son époux elle franchit la porte.
Après cet intermède, la séance fut rapidement levée. Lucas n’avait pas écouté la fin du dialogue ressassant les pensées de sa compagne. Il se hâta de la rejoindre.
- Ça veut dire quoi ça ? Je te rappelle que nous sommes liés par un pacte avec eux. Quelque soit leur attitude tu dois t’y conformer ! Si ça ne te plait pas rentre au palais. Cali avait les larmes aux yeux, elle ne se retourna donc pas pour répondre à son mari
- Non mon cher époux, les vampires sont liés par un pacte et comme tu me l’as fait remarquer je ne suis pas un vampire !
- Tu ne vas quand même pas lancer ce qui reste de ton peuple contre une des plus puissantes nations. Si tu veux envoyer les tiens au massacre libre à toi, mais je ne pourrai rien faire.
- Aucun ange ne mourra par ma folie. Enfin personne d’autre que moi ajouta-t-elle plus bas.
- Tu n'as fais qu'empirer la situation aujourd'hui ! Jusqu'ici le sultan se moquait bien de toi, ton attitude stupide n'a fait qu'attirer son attention ! Et ne fuis pas quand je te parle ! Reviens ici !
Elle virevolta enfin pour faire face à son époux :
- Tu veux que je rentre au palais ?
- Seule ? Non ! Jai renvoyé les hommes hier et puis là-bas il y a le tueur.
Sur ces mots elle accéléra le pas et ne parla plus à son mari. Cali s’en voulait, elle savait qu’elle n’était pas un démon mais ces trois mois de mariage avaient fini par lui faire oublier qu’elle avait épousé un vampire. Quelle imbécile se grondait elle, tu croyais quoi ?
Suite à cet incident un froid qui sembla être éternel sépara le couple au point que même Etanne était convaincu que les deux conjoints ne se retrouveraient plus. Il faut dire qu’il était soulagé chaque matin de retrouver les époux chacun dans son coin du lit. La tendresse s’était évaporée. C’est mieux ainsi songeait il. Lucas et Cali s’étaient déjà disputés mais jamais ainsi. Chacun essayait de fuir l’autre, quelque chose s’était brisé. Pourtant Cali continua à accompagner son époux aux séances sans lui dire un mot. Puis ils mangeaient séparément et se couchaient comme un vieux couple que les années avaient usé. En apparence le duo s’était remis de la crise et personne sauf Etanne n’avait conscience de la puissance de la rupture. La reine n’en pouvait plus de cette monotonie qui chaque jour l’isolait et la séparait de son conjoint. Un jour elle alla trouver le sultan qui l’accueillit avec un grand sourire croyant son heure venue.
- Puis je faire quelque chose pour t’être utile ?
- J’aimerais beaucoup demain me balader dans votre ville pour pouvoir faire les magasins. Vos assemblées me lassent j‘ai envie de m‘acheter de nouvelle robes. Toutefois je n’apprécierais pas de me faire arrêter ou mettre en cage, d’autant plus que je ne suis pas certaine que mon mari irait me chercher. Elle vit une lueur de lubricité naître dans les yeux de l’homme qu’elle eut vite fait d’éteindre. En revanche je suis sûre qu’il tuerait l’homme qui m’a mise dans son lit par la force. Enfin j’espère que nos rapports ne sont pas dégradés à ce point pour qu’il ne vienne pas à mon secours face à un viol songea-t-elle.
- Hum d’accord mademoiselle, je vais voir ce que je peux faire mais cette faveur vaut bien un petit remerciement lui dit t’il en lui montrant ses lèvres.
- Hum je vais voir ce que je peux faire lui répliqua-t-elle en s’en allant.
le prisonnier de l'ange 52