
Cali en avait assez de ce pays et de ces négociations qui n’en finissaient pas à cause de l’opiniâtreté du souverain. Avant de décider de lier son peuple par ce pacte elle avait consciencieusement étudié toutes les clauses et exceptions de cette loi. Le pacte était en principe indestructible mais comme à toute règle de droit il existait une dérogation. Elle était exposée vingt articles et elle ne savait combien de tirets plus loin. C’était le point faible du sultanat et logiquement le point fort de son plan. Elle avait pris la décision de passer à l’action mais son stratagème supposait une guerre et très certainement la destruction de cette civilisation. Avant d’imposer à ce peuple ce que le sien avait vécu, la jeune femme voulait être sûre qu’il le méritait elle devait donc sortir, voir la ville. Elle alla trouver le sultan avant le conseil.
- Avez-vous pu arranger mon affaire votre altesse?
-Oui je suis à vos ordres belle créature. Cali tiqua mais ne dit rien. J’ai prévu pour vous une escorte et j’ai prévenu les marchands de votre rang.
- C’est très prévenant de votre part mais vos soldats ne feront que me ralentir. De plus j’ai besoin d’intimité pour certaines de mes courses, si vous voyez ce que je veux dire, lui fit Cali dans un clin d’œil. Une épée me suffira ainsi qu’un laissez-passer de toute façon personne n’osera toucher à une femme qui porte un papier avec votre signature, vous êtes trop aimé et respecté pour ça. De toute façon personne n’osera toucher à une femme qui porte un papier avec votre signature, vous êtes trop aimé et respecté pour ça. Elle avait bien manœuvré, le sultan était maintenant obligé de se plier à ses quatre volontés. Ce qu’il fit de mauvaise grâce
- Vous êtes sûre de vous. Cali se perdit dans un rire
- Je vis parmi des vampires alors je ne pense pas être plus en danger parmi les vôtres
- Effectivement reconnut le petit homme en lui tendant son sésame. Bonne balade petit ange soyez assurée que mes pensées ne vous quittent pas.
- J’en suis certaine.
Évidement elle n’avait rien dit de son projet de balade à son mari, mais s'il s’étonna de ne pas la voir aux négociations Cali ne ressentit rien. Elle lui avait emprunté sa cape et avait donc son odeur sur elle, malgré le fossé qui les séparait elle se sentait rassurée par cette présence discrète. La jeune femme commença par le centre même de la ville. Elle y découvrit ce qu’elle attendait, la pauvreté, la peine côtoyant le luxe et la superficialité. Les malades et mendiants quelque soient leur âge mourraient sur les riches trottoirs devant les commerçants qui s’enrichissaient sans un regard pour eux. Si la princesse s’était écoutée elle se serait arrêtée à chaque coin de rue, mais elle n’était pas là pour ça. Elle devait regarder, elle devait chercher, voir si quelque chose méritait que ce peuple soit sauvé. Dégoûtée elle sortit des beaux quartiers et traversa de nombreux bidons ville pour arriver aux fameuses mines de fer. Malgré sa résolution Cali ne put scruter ce lieu de désolation. Une nausée s’empara d’elle l’obligeant à fuir. Ne pouvant plus se retenir elle se pencha sur un trottoir et vomit. En fermant les yeux elle s’assit quelques minutes pour reprendre ses esprits. Derrière ses paupières closes elle vit les corps que les gardes laissaient moisir au soleil devant les mines. Il y avait des enfants dans cet enfer ! Il y avait des fillettes qui devaient subir l’assaut des gardes quand elles ne travaillaient pas ! Cali pleurait doucement sur le trottoir, en trois mois de mariage ça ne lui était jamais arrivé. Cependant elle fut forcée de se rependre quand elle fut abordée par une meute d’hommes.
- Alors ma belle qu’est ce qui t’arrive ? Tu as besoin d’un homme ? La princesse se tendit en frôlant son épée. Elle été devenue assez douée, mais pas assez pour affronter autant de personnes. Elle réfléchissait pour déterminer comment débloquer la situation lorsqu’elle entendit une voix familière la héler.
- Hé Cali qu’est ce que tu fous ? T’es encore en train de chialer, t’es bonne qu’à ça ! Allez viens à la maison que je te donne des raisons de couiner. Je vais t’apprendre la vie moi !
La princesse était effarée ! Personne ne lui avait jamais parlé sur ce ton. Elle se leva doucement pendant qu’Etanne se faufilait dans la foule.
- Tu as besoin d’aide l’ami ?
- Pour mater une donzelle ? Non je ne crois pas, c’est un trop grand plaisir de le faire soi même, mais si un jour je m’en lasse je penserai à toi. Sans ménagement il prit la jeune fille et la jeta sur ses épaules. Je n’ai jamais vu un steak aussi suicidaire que toi ! Tu es pressée de devenir un cadavre ou quoi? Lui murmurait le soldat en l’emportant au loin. Heureusement que ton mari a plus de cervelle que toi !
- Pose moi réclama la jeune femme. Quand elle fut à terre elle regarda l’homme furibond en le bénissant mentalement. Elle s’inclina légèrement en le remerciant. Il eut un mouvement de surprise. Bon puisque tu es là ça te tente une promenade ? Je dois avouer que ta présence me rassure. Ne s’attendant pas à autant de sincérité il fut touché et accepta, de toute façon l'escorter était sa mission. Ils rentrèrent tard dans la soirée la jeune femme tenant à tout voir. Arrivés au palais elle remercia encore son compagnon.
- Merci sans toi ça aurait été plus dur. Tu peux retourner au prés de Lucas lui faire ton rapport sur ma bêtise moi je descends aux cages. - Pourquoi? S’étonna-t-il. Tu veux t’y faire enfermer en espérant que Lucas ou un autre homme qui te plait va daigner venir te sauver ? Si c’est ça je crois que tu peux toujours attendre, en tout cas pour Lucas, surtout si tu y vas de ton plein gré.
- Ne t'inquiète pas, je ne compte sur personne pour me sauver. Je dois savoir, je dois voir.
Etanne soupira, il comprit pourquoi Lucas avait pris cette manie. La reine était un soupir à elle toute seule il l’accompagna. Elle vit et remonta déterminée, rien ne méritait d’être sauvé demain elle passerait à l’action.
le prisonnier de l'ange 53