La route pour rentrer avait été longue cependant les préparatifs pour la guerre s'avéraient eux aussi fastidieux. Cali avait toujours vécu en temps de guerre, mais elle était du coté des victimes. Elle s’était toujours imaginée qu’il suffisait de foncer dans le tas les plus nombreux, féroces et armés gagnaient. Les choses semblaient pourtant plus subtil, sans qu'elle sache réellement en quoi car Lucas la tenait éloignée des recherches. Il estimait que ce n’était pas le rôle d’un ange de faire la guerre, et encore moins celui d’une femme ! À cet argument elle avait levé les yeux et lui avait fait remarquer que c’était elle qui avait déclanché cette guerre, son visage meurtri en témoignait. Cependant le jeune roi demeurait inflexible et pour une fois la princesse lui concéda cette victoire de bonne grâce. Le carnage organisé ne l’attirait guère. Elle savait que le prince aidé de son ami passaient sa journée à étudier comment faire le plus de morts possibles. Elle leur faisait confiance pour être efficace. De plus elle devait bien se l’avouer être loin de son époux la réconfortait. La crise s’était calmée, en apparence ils étaient de nouveau en bon terme ,mais Lucas lui en voulait toujours de ne pas l’avoir tenu au courant de ses projets. Il ne lui avait pas pardonné non plus le fait d’avoir été figé. Ces petites discordes finiraient par s’apaiser avec le temps, le problème était : est ce qu’il lui restait assez de temps. Son mariage entrait déjà dans son quatrième mois, il ne lui en restait donc plus que deux. Allez ma fille s’encourageait elle, de toute façon ces pensées noires ne la perturbaient pas souvent car une épidémie de mauvaise grippe s’était déclenchée, la princesse avait l’impression que tout le palais avait attendu son retour pour tomber malade ! Grâce au ciel Gaël était descendu pour l’aider. Ce jour là la jeune femme travaillait sans relâche depuis dix heure, elle était épuisée alors que l’après midi était encore neuve. Bon je n’en peux plus, je ne suis plus assez lucide pour travailler. Si ça continue je vais tuer mes patients. Je dois me reposer » admit elle. En conséquence de ce triste bilan elle donna congé au petit vampire
- Écoute Gaël je suis sale, laide, épuisée et affamée. Je vais me retirer dans ma chambre maudire tous ces malades. Si tu veux tu peux fermer l’infirmerie.
- Non ça va aller, moi je vais bien. J’aime bien les malades et tu es très belle. Cali sourit sous ce compliment, décidément c’était une perle. Elle n’avait pas encore eu l’occasion d’aborder avec lui de ses dons d’artiste, elle hésita une seconde à lui en parler mais elle renonça. Demain se promit-elle. En guise d’au revoir elle lança :
- Il est interdit de faire des expériences sur les patients
- Pour qui me prends tu rétorqua-t-il d'une voix immense et outrée. Toutefois un grand sourire naissait sur ses lèvres. La reine lui répondit d’un instant de complicité puis se mit à monter les marches. En escaladant les étages elle se prit à rêver d’un bon bain et d’un lit chaud. En apercevant le soleil à travers une fenêtre elle constata que l’après midi était à peine entamée, il devait être deux heures, trois au maximum. Elle allait pouvoir se reposer et ce soir lorsque le prince rentrerait elle sera assez en forme pour tenir une discussion. Si au début elle savourait leur séparation, cet éloignement commençait à lui peser. D'ailleurs ça faisait longtemps que personne ne l’avait traitée de bifteck.. Étonnée elle se rendit compte que malgré tout elle s’était attachée à lui. Damnation ! Il ne faut pas que je tombe amoureuse se dit elle pour la deuxième fois. Il ne lui restait plus longtemps à vivre, elle ne pouvait perdre son temps avec une romance impossible. Cependant elle savait mieux que quiconque qu’en cette matière c’est le cœur qui commande et non son cerveau (de toute façon pour ce qu’il était efficace en ce moment). Quoiqu’il en soit ce soir elle partagerait un bon dîné avec son époux et cette perspective la mit en joie. Et mince se dit elle, je suis vraiment trop attachée. Il faut que j’arrête ça ! Combiné avec mon coté fleur bleue ça risque de faire des ravages. Bon on arrête de réfléchir et on va au bain ! C’est sur ce dernier ordre à elle-même qu’elle poussa la porte. A ce moment précis elle eut l’impression que sa conscience se débrancha d’un coup.
le prisonnier de l'ange 59