
Le prince crut que la nuit suffirait à apaiser la douleur, mais elle était toujours là, en arrière plan comme un mauvais souvenir tenace, mais elle était toujours là en arrière plan comme un mauvais souvenir tenace. Dès que Cali ouvrit les yeux et se remémora de la journée d’hier il sentit la bête grandir en lui. Toutefois elle resta supportable, il fut soulagé quand il en fit le constat sachant pourtant il n’allait pas tenir comme ça longtemps. Il était peu habitué à de tels emportements. Avant de connaître son épouse c’était quelqu’un de froid, placide voir même insensible et ça lui allait très bien. La vie que la princesse avait insufflée en lui, les sentiments ainsi que les tourments qu’elle engendrait le mettaient en péril. Il essaya donc de parler à la jeune femme, il devait absolument la calmer :
- Je suis désolé je ne pouvais pas savoir que tu monterais à ce moment là.
- Non, c’est sûr que c’est ça le problème, je suis revenue trop tôt ! C’est de ma faute !
- D'accord, j’avoue être aussi un peu fautif, mais je me souviens pas t’avoir juré fidélité ! Jusque là j’ai été assez gentil avec toi, mais tu dois comprendre que j’ai ma vie ! Je n’ai jamais voulu ce mariage ! Je ne t’ai rien demandé ! Tu l’as voulu tu l’as eu et tu viens te plaindre des conséquences qu’à une union avec un démon, à quoi tu t’attendais ? Que dois-je faire pour que tu me pardonnes ? Cali ! Hurla-t-il pour la retenir mais elle était déjà loin.
Ce fut la seule et la dernière conversation qu’ils eurent de la semaine. De nouveau une routine silencieuse s’installait entre eux. La reine évoluait dans un univers parallèle, elle avait décidé de couper tout contact avec ce monde trop douloureux. Elle accomplissait mécaniquement les gestes de tous les jours allant soigner ses malades mais elle demeurait cloîtrée dans sa douleur. Lucas quant à lui mettait sur pied un plan d’attaque essayant tant bien que mal de passer outre le tourment et la solitude qui avait envahit sa femme. Etanne surveillait de près le couple sans pouvoir intervenir d'une quelconque manière. Il ne comprenait pas comment la situation avait pu se détériorée à ce point. Un jour enfin le plan fut près.
- Bon je pense qu'on ne peut plus faire mieux, il faut se lancer. C’est risqué mais c’est notre meilleure chance constata Lucas.
- On dirait un plan à la Cali. En entendant le prénom de sa compagne Lucas grimaça. Désolé s’empressa de répliquer le vampire.
- Ce n’est rien, tu as raison notre stratagème est vraiment bancal, on frappe puis on réfléchit . Mais étant donné le peu de temps dont nous disposons, nous n'avons pas le choix. Et finalement quand tu regardes ma femme ,aussi fous qu’aient pu être ses plans, ils ont tous réussis. Il essaya de grimacer un sourire mais l’effet dut être raté car il vit l’inquiétude de son ami grandir.
- Ça va aller ?
- Bien sur, t’inquiète pas mon ami j’en ai vu d’autres.
Sur ce coup les deux complices savaient qu’il fanfaronnait mais Etanne le gracia de tout commentaire. Ils passèrent le reste de la journée à organiser les préparatifs, tout serait prêt le lendemain ils pourraient partir.
Accablé le roi rejoignit sa femme muette dans la chambre. Avant de se coucher il lui annonça le départ
- Cali demain on part pour le sultanat, je vais être absent pour un moment. Pendant ce temps c’est toi qui va devoir gérer le château. La jeune femme n’eut aucune réaction, comme il s’y attendait, poussant un soupir il se lança sur sa seconde requête. Notre stratégie n’est pas fameuse et c’est une opération assez risquée, il est inutile de mettre nos deux vies en péril, voudrais tu briser le lien qui nous uni ? même momentanément ?
- Non répondit elle laconiquement.
Bon se dit il j’aurai essayé. Si elle veut mourir avec moi j’entraînerai nos deux âmes en enfer.
- Bonne nuit lui dit il.
Puis il s’endormit avant même qu’elle ne réponde, de toute façon elle n’avait pas répondu.
Le prince dut se lever très tôt, la route était longue. Il bénit ces heures où Cali assoupie la douleur était alors endormie, la berçant sans doute dans ses rêves. Quand il se leva la jeune femme murmura son nom mais ne s’éveilla pas. Il soupira et se prépara. En partant le roi leva un ultime regard vers les murailles de son palais espérant voir sa femme le saluer mais elle n'était pas là. Sans s’attarder plus il rejoignit Etanne en tête du cortège. Là aussi l’ambiance était lourde.
le prisonnier de l'ange 61