manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Lien vers Le péché pour leur vie pour les nouveaux venus.La nuit hivernale tombait sur le château et en passant devant la chambre d'Aiden je retins mes larmes. Je me fis couler un bain chaud avec sels et bain moussant et sur une musique envoûtante je revis tous les moments passés ensemble. Je sortis de l'eau précipitamment et tirai le croquis que j'avais fait de lui du tiroir où je l'avais rangé. M'en servant de modèle je donnai naissance à un autre Aiden. Doté d'immenses ailes, la bouche entrouverte sur des crocs luisants, il était assis sous les éclats blancs de la lune, tout en haut d'un arbre feuillu. J'enchaînai ensuite plusieurs croquis jusqu'à ce que mon ventre se torde bruyamment. Je m'assis au bar devant une soupe toute faite, concentrée sur tous les dessins. Le second le représentait penché sur l'eau, qui reflétait ses traits fins. Il arborait un sourire angélique. Le troisième l'évoquait debout en haut d'une falaise, si près du vide, mais serein. Sur le dernier dessin ses traits en gros plan étaient crispés par une peur bleue.
Je sortis m'épuiser à la piscine autant pour m'entraîner à la vitesse que pour être certaine de dormir cette nuit là. Effectivement je rentrai à plus de minuit et m'endormis sereine. A son retour il verrait que j'avais progressé en natation.
Le lendemain je me levai à midi, de meilleure humeur que la veille. Après tout cette séparation n'était destinée à durer qu'une semaine. Six jours maintenant. Je passai l'après midi à travailler et vers dix neuf heures sortis m'entraîner au sprint. Je m'étonnai au retour que cette journée fut si calme. Ça cachait quelque chose. Aussi me forçai-je à me préparer un repas équilibré et consistant et me couchai-je tôt, à vingt deux heures tout juste.
J'avais vu juste. A une heure du matin mon coach m'indiqua qu'on sortait faire de la course à pied. D'abord on fit de l'endurance. Je me calai sur ce qui me semblait être ma vitesse ordinaire mais vers la fin je dus ralentir sensiblement. J'arrivai quatrième mais sans surprise mon entraîneur critiqua non seulement ce rang mais aussi l'absence de régularité dans mon allure. Le deuxième essai ne se passa pas tellement mieux à mon sens, puisque j'arrivai cinquième. Mais l'homme m'expliqua que ce n'était que la conséquence d'une meilleure constance dans mon rythme. La troisième fois je fis donc mon possible pour maintenir cette performance, sentant que je ne pourrais faire mieux, le souffle commençant à me manquer. Je maintins mon rang et ma régularité même si mon temps augmenta, comme me le reprocha évidemment l'homme neutre.
Je me dis qu'il n'était pas au bout de ses peines. Effectivement on passa au sprint et je finis avant dernière. La vitesse était constante ce qui était mon seul point fort, s'apitoya mon coach. Accélère, s'indigna-t-il! Mais je n'en fis rien et maintins mon rang tandis qu'il s'énervait du fait que je ne l'écoutais pas.
Enfin on sauta des haies, chose que nous n'avions plus fait depuis longtemps. Là encore j'arrivai avant dernière mais c'était parce qu'un homme était tombé en route. Le coach se désespéra et répéta que je devais accélérer. Au deuxième essai je gagnai une place parce que deux personnes tombèrent et l'homme répéta sa critique. Enfin j'arrivai cinquième ex æquo, gagnant encore une place, parce que deux étaient tombés et que j'égalais un troisième. Mon coach prit tout de même la peine d'apprécier que je maintins mon niveau au lieu de me fatiguer comme les autres.
Je regagnai à presque six heures du matin mes draps après une douche froide, persuadée que ça aurait pu être pire. Je me levai à midi, décidément ça devenait une habitude. De nouveau je m'instruisis toute la journée, cette fois je découvris le Droit, passionnant, et le soir alors que j'allais dîner mon coach m'appela pour une dissertation de culture générale.
Le sujet fut le temps. Je jetai sur le brouillon la vieillesse, ses avantages et ses inconvénients au plan personnel et collectif, mais aussi les courses, c'est à dire le culte de la performance, et encore le rythme régulier du calendrier, nuit, jour, été, hiver, le décalage horaire. Le temps en Droit, puisque je l'avais étudié cet après midi là. Le temps en philosophie, et sa relativité. Ainsi que la sagesse, fruit du temps. Le temps en art, moyen de fixer le présent, le temps et l'écosystème, c'est à dire les grandes ères.
Je relus tout cela et trouvai que tout servait l'idée que le temps était le mouvement. Puis je me demandai ce que Aiden en aurait pensé et me rappelai son conseil. Prends encore plus de hauteur. Le temps et la peur, ce fut cette idée qui s'imposa à moi. Pas seulement un mouvement, mais aussi un stress, à cause du côté éphémère de la vie. Je construis mon devoir sur cette idée et sortis parmi les derniers.
En passant devant sa porte je glissai ma copie sous la porte de mon entraîneur. Je rentrai manger, seule, et me rappeler le premier repas partagé avec le blond jeune homme après la dernière épreuve de culture générale ramena la tristesse en moi. Pour conjurer le sort je préparai un pique nique et sortis dîner sous la lune protectrice en lisant pour le plaisir.
Je rentrai dans mes appartements à trois heures du matin et formai dans mon esprit le souvenir d'Aiden pour trouver le sommeil sous son regard tendre. A huit heures je grognai lorsque mon entraîneur vint me prévenir qu'on allait en salle de réunion. Encore! Mais l'idée qu'il ne restait plus que cinq jours me remonta le moral.