
Elle se dirigea vers l’infirmerie, l’épidémie commençait à reculer mais le virus se faisait plus virulent et elle avait quelques patients qui l’inquiétaient. Elle ne revit son époux que sur le coup de midi. Dès qu’il eut franchi la porte elle sut que quelque chose n’allait pas.
- Qu’est ce qui te tracasse?
- Rien je t’apporte à manger.
- C’est gentil assied toi là. Elle lui désigna la table dont elle se servait pour ausculter les malades. Obéissant il s’exécuta. Bon et maintenant dis moi tout, lui ordonna-t-elle en lui saisissant le bras.
- C’est à propos d’hier soir.
- Oui.
- Je n’ai pas du tout apprécié la façon dont tu t’es servi de moi. Tu avais besoin de réconfort et tu m’as littéralement sauté dessus sachant qu’avec ce satané sort je ne pourrais pas me défendre. La prochaine foi que tu as des envies incontrôlables va voir ailleurs. Et bon sang Cali qu’est ce que tu me fais ?
- Pour hier je m’excuse c’est vrai que je t’ai utilisé. J’avais envie d’avoir ton odeur sur ma peau. J’ai oublié que je n’étais que ton garde manger et je me suis prise pour ta femme. Lucas grogna, il en avait assez de ces déclarations qui le culpabilisaient. Mais j’avoue que je n’aurais jamais cru que tu viendrais te plaindre que j’abuse de ton corps dit elle avec un clin d’œil. Ne t'en fais pas je ne recommencerais pas. Pour ce qui est du vaccin c’est celui contre la varicelle, même si l’épidémie décroît elle fait encore des ravages et elle est de plus en plus dure. Je n’ai pas envie que tu attrapes cette saleté.
- Viens, là je vais te vacciner
- C’était la dernière dose, je l’avais gardé pour toi, Etanne est déjà passé.
- Tu es inconsciente ou quoi ? Tu es tous les jours au contact de cette maladie et en plus tu viens de me dire qu’elle était plus virulente !
- Je compte sur toi pour nous protéger dit elle dans un haussement d’épaule. Normalement ça devrait marcher avec la magie. Je vais refaire des philtres mais pour cela j'ai besoin d'Arcane et je ne l'ai pas vu.
- Ok petit ange de toute façon, c’est fait. Il lui prit le visage entre les mains comme à chaque fois qu’il voulait attirer son regard. Pour hier j’espère que tu as apprécié car ce n’est pas près de se reproduire. Pour ponctuer sa déclaration il lui offrit un baiser et s’en alla sans un regard pour la femme qu’il avait volontairement séduite.
La jeune femme n'eut pas le temps de se remettre que déjà on lui emmenait un autre malade gravement atteint. À voix basse elle se félicita d’avoir vacciné son époux puis s’en voulut pour l’homme allongé devant elle. Ses amis attendaient nerveusement à coté d’elle un pronostic qu’ils espéraient favorable. Seulement ce ne fut pas le cas, les vampires avaient trop tardé et le maladie était trop développée. Elle chassa les deux autres hommes après s’être assurée qu’ils allaient bien et toute la journée elle s’acharna sur le mourant, lui administrant de nouveaux soins, lui épongeant le front, lui murmurant des encouragements. Elle en oublia même de manger le repas laissé par son époux. Pourtant, malgré tous ses efforts elle ne put le sauver. C’était le premier démon qu’elle perdait, à force d’acharnement elle avait réussi à sauver tous les autres. Résignée elle appela les gardes leur demandant de veiller le corps pendant qu’elle prévenait la famille. Ce fut épuisée qu'elle décida de prendre une douche. Lorsqu’elle entra dans la chambre, son mari n’était pas là ce qui la soulagea, elle devait avoir une tête à faire peur. Elle se glissa dans la salle de bain se débattant avec les lacets qui fermaient sa robe. Décidément aujourd’hui tout va mal se dit elle, me voila même plus capable de défaire ma robe. Déterminée elle tira un grand coup sur les liens mais rien n’y fit, ils demeurèrent fermés. Le seul résultat qu’elle obtenu fut de se faire mal aux doigts et serrer un peu plus son corsage. Des larmes de rage et de frustration lui vinrent aux yeux tandis qu’elle s’acharnait en vain sur sa tenue qu‘il devenait urgent d’enlever, elle commençait à suffoquer. Tout d’un coup elle entendit son époux derrière elle lui dire:
-Calme toi, laisse moi faire. Qu’est ce qui t’arrive encore ?
le prisonnier de l'ange 69