
Ils arrivèrent le lendemain soir après que Cali ait passé la journée à donner des informations et des conseils sur son peuple.
-Si nous avions su cela plus tôt, il aurait été plus aisé de vous chasser et de vous exterminer.
- Brice ! Le reprit Lucas
- Ose me dire que c'est faux ! À cette époque le sang des anges souillait aussi tes mains, sans que cela te tourmente.
Le prince se contenta de pousser un soupir et posa une nouvelle question à sa femme. Le soleil descendait lorsque le château fut enfin en vue. Il avait été entièrement reconstruit sur le site de l’ancien palais. Malheureusement de celui-ci il ne restait que des ruines et aucun ange n’était assez vieux pour le décrire. Il avait donc fallut tracer de nouveau plans. Lucas avait insisté pour qu’il fût construit en pierre blanche et orienté plein Est. Ce château devait être lumineux pour effacer les ténèbres passées. Il fut satisfait de ces précautions, le résultat final se révélait époustouflant, dans la clarté déclinante l'édifice était réellement somptueux . Lucas jeta un coup d’œil en biais à son épouse pour guetter sa réaction et la trouva émue aux larmes, comme il ne souhaitait pas pénétrer plus avant dans son intimité, il cessa de l’examiner. De toute façon je n’en ai pas besoin, songea-t-il sentant l’émotion l’étreindre, j’ai ses maudits sentiments en direct !
Dès que Cali fut dans la cité les murs s'emplirent d'hurlements de joie. Les anges se bousculèrent afin de les acclamer, et porté par leur allégresse nul ne fit attention aux hommes qui l'accompagnait. Des enfants jetaient des fleurs, tandis que d’autres se mettaient à danser, jamais Lucas n’avait vu un telle exaltation.
-Tu es très appréciée, remarqua-t-il impressionné
- Il ne faut pas se fier aux apparences, aucun d'eux ne me connaît. Se qu'ils fêtent c'est la liberté que je représente, avant mon mariage ils ne savaient même pas que j'étais encore en vie.
- C’est bien ainsi, il vaut mieux être aimé pour ses actes que pour soi. En plus bientôt tu ne seras plus en vie mais tu resteras dans les mémoires.
Il la laissa méditer sur ces paroles se frayant difficilement un chemin parmi la foule.
Par contraste au château le calme semblait régner, mais dès que la princesse se montra Siléa jaillit de nul part pour l’enlacer sauvagement. Interprétant mal son geste Brice, que la foule avait rendu nerveux, sortit son arme et la plaça sous la gorge de la guerrière. Mal lui en prit, ne s’attendant pas à une riposte il ne vit pas le coup venir, en un instant il fut désarmé et à terre.
-Qui es-tu ? Il ne me semble pas t’avoir vu la dernière fois. Au fait bonjour Lucas, salut Etanne.
- Sil lâche le ! C’est mon garde du corps.
Cali ne put retenir un sourire devant le gémissement que Brice poussa en entendant cette déclaration.
- Hum, vu ses réflexes il est étonnant que tu aies encore un corps.
Puis elle se pencha pour lui murmurer « à partir de maintenant c’est moi qui vais m’en charger d’accord ? »
- Pas de problème.
-Je ne voudrais pas vous sembler malpoli mais j'ai faim, alors si on pouvait repousser les effusions à plus tard ça serait idéal.
Le repas fut délicieux bien que rapide. Le voyage avait était long et chacun aspirait au repos. Cali sourit en découvrant leur chambre, elle ressemblait fortement à celle qu’elle occupait habituellement avec Lucas à quelques détails près. Les draps de satin étaient gris pierre et non noir, le lit avait un baldaquin et les murs, assez sombres chez le vampire, avaient été ici peint en un vert pomme très doux. De la pièce se dégageait une impression de bien être. Les plante disposées ça et là dans la pièces créaient un intérieur extérieur séduisant. Au final la chambre était un havre de paix au sein du château.
- J’espère que ça te convient se manifesta Lucas. Dans son enthousiasme la reine l’avait oublié. Pour l'instant j'ai arrangé la pièce ainsi mais c’est ta chambre tu es libre de la décorer comme tu désir, fit-il en haussant les épaules. Je suis las, je vais me coucher.
- C’est magnifique. Je ne pense pas y toucher, tu as bon goût. S’arrachant à sa contemplation elle se tourna enfin vers lui et lui sourit. Va, je te rejoindrai après la douche.
Pendant que l’eau chaude détendait ses muscles, la jeune femme cherchait un moyen de remercier son époux. Non seulement il avait veillé à la reconstruction, mais il avait rebâti en fonction des ses goûts. Certes ce dernier voyage était le dernier acte de sa vie, mais elle ne moura pas sans un adieu au siens. Après tout cela elle ne trouvait rien qui puisse exprimer sa gratitude. Enfin si elle avait bien une idée, toutefois il fallait être deux pour la réaliser. En sortant elle trouva son mari endormi. Tant pis on verra ça demain, se dit elle, elle s’endormit sur cette pensée.
le prisonnier de l'ange 81