manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Son propre cœur battait la chamade, parce que Dieu seul savait quelles créatures invisibles détenaient ainsi leur existence entre leurs mains. Il tâcha de se cramponner à l'idée qu'au moins, quelque-chose ici savait naviguer. Parce que ce n'était pas son cas. Il forma une prière silencieuse pour que cela prévoit de les garder en vie.
Lison posa ses livres, c'était à présent clair, elle ne pouvait plus continuer à étudier. Le CAPES se rapprochait, mais les heures passant, elle ne pouvait plus se cacher une autre réalité beaucoup plus grave encore : Clio et Mallaurie avaient disparu. Elle s'était fixé quarante-huit heures. Elle n'était pas certaine que lui comprendrait, mais pour elle c'était évident : quelque chose était arrivé, de grave et peut-être de définitif. Elle se mit à trembler en lançant l'appel, car Clément lui faisait peur. Il était trop fort, trop logique. Elle se blottissait depuis toujours dans la douceur et le mystère qui entourait les gens, tandis que - elle le sentait bien - lui se campait dans la science, la logique sans pardon. Lorsqu'il décrocha, elle mit du temps à prononcer le premier mot.
Le brun au crâne rasé eut un frisson en voyant qui lui téléphonait : Lison ne l'appelait jamais, bien sûr. Vues les circonstances, il savait que cet appel marquerait un sérieux tournant.
Clém, lâcha-t-elle comme pour établir un lien entre eux, qu'elle savait inexistant.
Il prit le sans fil sur son socle, pour sortir se promener sur son balcon en scrutant l'obscurité alentours. Tout semblait si paisible, qu'il aurait voulu hurler au monde que l'ordre avait été bouleversé, que des gens disparaissaient sous le nez de l'humanité qui détournait son regard d'aveugle.
Oui, Lison, grogna-t-il parce qu'elle se trouvait visiblement bloquée.
La blonde aux vertes prunelles raccrocha puis s'autorisa à pleurer. Clément l'avait tout de suite crue. Elle avait ses habitudes avec Clio et Mallaurie, elle savait que quarante-huit heures de silence prouvaient un souci, il n'avait pas vu pourquoi la contre-dire. Il croyait en l'instinct de l'amour, avait-il assuré. A la façon dont il l'avait asséné, elle avait su que même si elle ne connaissait pas cette dimension de lui, elle était bien réelle.
Simplement, en avoir parlé rendait le fait plus réel. La brune aux yeux émeraude et elle-même avaient été fusionnelles. Elles s'étaient comprises d'un regard chaque fois qu'elles s'étaient tues. La jolie blonde avait été exigeante en amour, elle s'était longtemps réservée, mais avec Clio, elle avait trouvé sa moitié. Elle ne comprenait pas pourquoi on la lui enlevait.
Clément était arrivé, réalisa-t-elle, il tambourinait à la porte, comme un fou, vraiment. Elle émit un feulement désespéré, ouvrit en grand le battant, se noya dans son regard sombre. Il y eut un moment de flottement. Il prit le manteau de la jeune femme sur le patère à côté de la porte, la prit par les épaules, l'attira jusqu'à sa voiture – tout juste songèrent-ils à prendre ses chaussures à elle et à fermer la porte.
Le brun aux yeux sombres conduisait tel un automate. Il savait vaguement que Lison n'était pas seule à proprement parler. Elle avait une famille aimante. Fille unique gâtée, ses parents attendaient patiemment qu'elle décroche le CAPES dans un appartement propret où elle étudiait sérieusement. Il savait qu'elle avait quelques amis qu'elle partageait avec Clio, mais qu'elles tenaient à distance à cause du secret de la naissance de cette dernière, ce qui n'avait jamais été un souci jusqu'alors. La n'était pas le problème de Clément.
La salle de bains, ta chambre, expliqua rapidement l'homme au crâne rasé. Fais comme chez-toi.
Il l'étudia un moment. Elle avait toujours l'air très fragile, mais c'était déjà le cas, avant. Avant que tous ne disparaissent. Ils disparaissaient deux par deux. Il ne la laisserait pas disparaître toute seule. Un ange passa, puis elle hocha vigoureusement sa tête blonde. Elle ne lui rien dit, mais elle lui adressa l'un de ces regards sereins qu'il l'avait vue offrir à Clio, avant, qui signifiait qu'avec l'autre elle se sentait en sécurité.
Demain, nous irons chercher tes affaires puis nous éplucherons le bouquin, une bibliothèque, la toile, n'importe quoi mais nous trouverons un moyen.
Il l'étudia pour voir si elle partageait sa décision. Il était prêt à toute explication. Mais il lui semblait qu'il n'y avait qu'une pierre de lune, dans l'histoire. Il voulait bien croire à un départ heureux, deux à la limite. Mais pas quatre. Quatre, cela faisait deux de trop. Cela ne fonctionnait tout simplement plus.
Clio 35 :
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