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manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.

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Clio 39.

38 : http://fantastique.roman.over-blog.fr/article-clio-38-123070467.html

 Uriel trainait la mère de sa fille si fermement qu'il se demandait comment elle supportait encore la cadence. Il fuyait les deux ombres qui les suivaient en ricanant. Il n'était pas un surhomme, seulement une créature très proche des êtres humains, si l'on excluait sa mentalité mélancolique malheureusement retrouvée, ainsi que son immortalité – sauf si l'on abrégeait ses jours intentionnellement. Les hommes ne lui faisaient pas peur, ni le noir qui était son univers. Mais les démons, ou autres spectres, Diable, bien sûr qu'ils l'effrayaient avec leur faciès à la fois reconnaissable et déformé à outrance.

Il rassembla de l'énergie, du fond de son moi intérieur, puis la projeta face aux créatures, sans leur adresser un regard, car non seulement il ne souhaitait pas attirer sur eux l'attention de la petite brune, mais les regarder n'était pas nécessaire : il sentait leur présence, en raison de son état sur l'astre protecteur. Il avait simplement confectionné quelque chose de dur destiné à leur être douloureux. Elles couinèrent mollement, certes il les avait atteintes. Mais cela ne ralentit même pas leur progression nonchalante derrière Hiléria et lui-même. En revanche, à présent l'albinos se sentait plus que faible. Il s'étonnait que ses jambes le portent toujours, parce que lui les sentait plus du tout.

Il ne fut donc pas en état de réaliser qu'il n'avait plus la force de les cacher à sa belle Hiléria. Aussi ne s'était-il pas attendu à cela : la brune aux yeux sombres poussa un hurlement. Il porta une main à sa tempe, fronçant les sourcils à cause de la douleur qui venait de la vriller, fulgurante. Son humaine sautillait un peu au-delà de lui en poussant des exclamations étouffées, à présent, incapable de concentrer sa pensée sur des mots entiers, mais désignant les entités du doigt, en lui adressant à lui des regards affolés ainsi que désespérés.

Il se sentait trop faible pour continuer à fuir – lentement – tout en lui adressant la parole. Mais bon sang, pour elle il allait faire un effort.

  • - Je sais bien, fit-il, un peu inquiet de découvrir combien sa voix s'avérait pâteuse.

L'expression de la petite brune redevint enfin raisonnable. Elle continuait d'adresser des coups d'œil inquiets aux entités qui les interpellaient en les accusant vaguement de crimes contre nature, d'abandon ainsi que d'égoïsme. Mais il sut qu'elle était en phase de comprendre les données de la situation. En particulier, que si les apparitions avaient voulu et pu leur faire du mal, ce serait déjà fait. A mesure qu'elle le fit, même si elle continuait à les traîner - à son tour - tous deux vers elle ne savait où, ses traits se firent de plus en plus... adultes, responsables.

Uriel savait qu'il n'avait pas l'air adulte ou responsable, Clio le lui avait souvent dit. Il savait par elle qu'Hiléria se sentait mal à l'aise à son contact en partie parce qu'à la fois, elle le reconnaissait comme le père de leur gamine, mais aussi, il paraissait partager sa génération, à cette enfant qu'ils adoraient.

  • - Tu divagues, ho, blondie ! L'appela son humaine. Regarde-moi : très bien.

Elle venait de les arrêter tous deux. Elle l'enlaça, accompagnant sa lente chute sur le sol herbeux d'une douceur anormale. Elle releva la masse de ses propres cheveux sombres pour qu'ils ne tombent pas sur son visage à lui, les plaçant de l'autre côté de son cou parcouru d'une légère ride. S'il n'y avait pas les quelques rides, il aurait pu croire que comme pour lui, le temps ne pouvait pas l'atteindre, parce qu'il la trouvait toujours aussi belle. Les rides physiques n'étaient pas ce qui la changeait le plus. C'était cet air adulte, qui l'avait métamorphosée, alors que lui en avait été préservé. Mais il était sûr que si seulement elle s'en donnait la peine, si quelque chose se déclenchait à son esprit, elle pourrait être comme lui. Même si c'était impossible parce qu'elle était humaine, quelque chose le lui soufflait. Peut-être parce qu'il s'était uni à elle alors que ce n'était pas censé arriver. Il entendit sa propre voix terminer cette phrase-là, mais il n'était pas certain de les avoir toutes prononcées à haute voix. Pourtant, il lui sembla que si, parce qu'Hiléria avait l'air de comprendre. Il voulut lever un bras pour caresser son visage, mais sa faible tension ne le lui permit pas.

  • - Peu importe, assura-t-elle en clignant des yeux pour libérer deux grosses larmes qui s'écrasèrent sur son front à lui et qui le désolèrent.

On avait rarement pleuré devant lui : il n'avait pas suffisamment laissé de gens l'approcher pour que cela se produise à plus de quelques rares occasions. Mais il n'aimait pas cela. Il lui semblait que les larmes signifiaient l'abandon, or lorsqu'il se trouvait sur Terre, il n'aimait pas partager ce genre de situation dramatique avec les humains. Seule sa propre tristesse l'avait intéressé. Aujourd'hui, c'était différent : pour la première fois, il voulait qu'ils s'en sortent, il n'en était plus à se complaire dans la mélancolie d'autrefois. Il ignorait ce qui avait changé, mais il voulait les sauver. Donc il ne voulait pas qu'elle pleure.

Soudain, il remarqua que ses traits à elle s'étaient métamorphosés. D'ailleurs, le refrain usant des créatures s'était tu. Il était certain que cela venait d'arriver, même si sa faiblesse, qui commençait du reste à passer, l'empêcher d'en être bien sûr. Hiléria ne paraissait plus abattue comme quelques secondes auparavant. Il l'étudia encore quelques secondes pour en être bien certain. Mais il lui sembla qu'elle paraissait aussi un peu moins adulte.

  • - Uriel, l'appela-t-elle d'une voix forte.

Elle parut chercher ses mots, visiblement elle souhaitait quelque chose de très précis. Elle lui offrit un sourire ravageur, le défi dansa dans son regard noisette, d'une façon qui lui rappela quelque chose.

  • - Uriel, répéta-t-elle.

Elle adressa un regard chargé de force, de rage de vivre, à l'air tout autour d'elle, à la Lune toute entière. Puis elle revint tranquillement à son visage aux yeux rouges.

  • - Uriel, c'est un joli prénom. Un prénom d'ange.

 

Elle se releva lestement, on aurait dit Eve sans sa virginité, nue, irrésistiblement consciente de tout mais soucieuse de rien, surtout pas du danger qui pourtant les guettait tous deux.

40 :http://fantastique.roman.over-blog.fr/article-clio-40-123280218.html

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Commenter cet article
L
Hiléria serait-elle adoptée par la lune...Intéressant!
Répondre
C
merci :)