manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
39 : http://fantastique.roman.over-blog.fr/article-clio-39-123113898.html
Elle se releva lestement, on aurait dit Eve sans sa virginité, nue, irrésistiblement consciente de tout mais soucieuse de rien, surtout pas du danger qui pourtant les guettait tous deux.
- Uriel, martela-t-elle en lui tendant la main.
Il prit sa main, mais son souffle se coupa lorsque le souvenir surgit en lui, aussi net que si elle avait eu ces paroles la veille au soir. Elle au petit matin, dans son lit à lui, à le dévorer de ses yeux immenses, aux pupilles dilatées par les orgasmes de la nuit qu'ils venaient de partager. Uriel... on peut voir tes ailes blanches, quant tu jouis vraiment, on peut les voir, je te dis...
- Je ne suis pas un ange, petite, fit l'albinos, exactement comme alors il avait rétorqué d'une voix rendue rauque d'avoir trop râlé.
Les deux créatures, effacées par leur volonté conjointe pour un court instant, réapparurent brusquement, leur proférant de plus belle insultes et accusations. Hiléria leur adressa un regard vengeur, avant de s'en détourner en passant un bras autour de la taille de l'albinos. Ils reprirent la marche l'un contre l'autre. À un centimètre de son visage à lui, elle répondit comme cette nuit-là :
- C'est sans doute vrai, parce qu'un ange... Un ange ne fait pas naître ce genre de miracles.
Il voulut reprendre comme à l'époque il l'avait fait, mais elle lui coupa la parole :
- Nous avons décroché la lune, beau gosse. Nous sommes donc les êtres les plus puissants au monde.
Hiléria était physiquement épuisée. Elle avait paniqué, elle avait pleuré, elle s'était dépêchée, elle soutenait l'albinos, c'était bien plus qu'il n'était nécessaire pour cela. La fatigue l'enivrait. Il lui semblait qu'elle était à presque rien d'obtenir... elle ne savait quoi. Quelque chose de magique, de puissant, qui pourrait tout changer. Elle se pencha de nouveau sur le bel Uriel pour puiser la réponse en lui, dans sa beauté qui lui donnait le frisson. Mais depuis qu'il paraissait adulte, il n'était plus aussi beau.
Sans s'en apercevoir, ils s'étaient arrêtés d'avancer. Les deux créatures tournaient donc en cercle autour d'eux, sans cesser de proférer leur laïus obsédant.
- Le chat, lâcha l'humaine, sans savoir pourquoi elle venait de s'apercevoir qu'ils l'avaient oublié.
Elle se mit en colère.
Le blond aux yeux de braise ne pouvait plus détacher ses yeux ou sa pensée de son humaine. La magie tournoyait autour d'elle, ne s'en rendait-elle pas compte, bon sang ? On aurait dit qu'il ne lui manquait qu'un détail pour la rassembler afin d'en faire quelque chose. Soudain il se sentit ivre d'une joie enfantine – enfin.
- Regarde, Hiléria, ordonna-t-il, enjôleur, en lui tendant sa paume résolument vide.
Elle obéit, un air déterminé mais troublé planant sur son visage de Peter Pan. Elle prit une grande inspiration en reculant lentement de plusieurs grandes foulées, sans prêter attention aux deux êtres qui faisaient mine de leur cracher dessus. Elle prit son élan, s'approcha en fendant l'air, puis à un pas, rassembla ses bras derrière elle pour les projeter vers la fameuse paume vide. Hiléria se réceptionna avec une élégance qui n'avait rien de naturel. Une étincelle se produisit. La lumière chuta au sol, puis la luminosité décrut, pour leur dévoiler l'ocelot rouge et noir qui faisait sa toilette en ronronnant doucement.
Uriel se pencha sur le fauve en lui donnant une longue caresse, lente alors que les battements de son cœur s'affolaient soudain. A mesure que les pulsations se précipitaient, l'évidence devenait incontournable à son esprit écrasé par la peine qui l'étouffa. C'était terminé. La brune aux yeux sombres avait acquis la magie, il savait qu'à présent à eux deux, ils étaient capables de mettre fin à tout cela. Car il paraissait évident que les deux êtres ne les laisseraient en paix que lorsqu'elle serait partie d'ici.
Alors lui parvint une autre évidence : lui aurait pu rester. Alors pourquoi cela lui semblait-il inconcevable ? Il leva les yeux de la fourrure rouge et noire de l'ocelot qui se roulait dans l'herbe, insensible aux deux monstres, ou feignant d'ignorer leur présence. Il vit que c'était son humaine qui lui cachait les deux spectres, comme lui avait été capable de les occulter pour elle.
- Je sais que tu me haïras pour cela, lâcha-t-elle d'une voix neutre, comme si elle avait pu lire dans ses pensées moroses – comme avant, sur la Planète bleue.
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