
Je les ouvris au bruit de pas qui se faisaient dans le couloir.
- Que se passe-t-il ? demandai-je à Erwan déjà éveillé.
- Je l'ignore, ça fait dix minutes que ces sons durent. Il semblerait qu’on se batte dehors. Tiens toi prête, quelqu’un arrive.
Je restai enfouie dans ses bras rassemblant mon pouvoir, parée à mettre le feu dans la salle de surveillance. Doucement, dans un grincement sinistre, la porte s’ouvrit. La lenteur du geste mit mes nerfs à dure épreuve, et lorsque je découvris l’homme qui était derrière je ne pus m’empêcher de lui sauter dessous. Malheureusement m'empêtrée dans mes chaînes, je chutai avant de l'atteindre.
- Beau, hurlai-je à terre.
Je regardai le curé se relever avec un regard étrange. Le soulagement peut être ? pas sûr. Célian m'aida à me relever et appelant "le loup". Aussitôt un homme, petit, chauve mais dont yeux brillaient d'intelligence apparut. Il se pencha sur Erwan, murmura quelque parole puis reparti.
- On va t'enlever ça, me dit notre sauveteur en désignant mes fers. Comment vas-tu ?
- Bien !
Je ne pus en dire plus, déjà le loup revenait avec une immense pince, il coupa les liens de padre puis les miens.
- On rentre, nous dit alors l’ange.
On le suivit. Exténué, ankylosé, le curé ne pouvait conduire, mais cela n'était pas un problème. L’ange était loin d’être seul, une dizaine d‘hommes lui tenait compagnie. Dès que je touchai mon lit, mes yeux se fermèrent et je m'endormis sans qu'aucun cauchemar viennent perturber mes songes.
Le soleil venait de se coucher lorsque moi je me levai. Une douche plus tard je rejoignis les hommes dans la cuisine. Autour d’un repas Beau m’expliquait comment il avait pu nous sauver.
- Erwan avait vu les hommes arriver, me dit-il. Il se doutait bien que ces chrétiens n'avaient rien de catholique, alors il est sorti les affronter mais juste avant il m'avait envoyé un message pour me dire qu'il était en mauvaise posture. Le temps que j’arrive à l’Eglise c’était trop tard.
J'allais rentrer pour te prévenir lorsque j'ai découvert par terre un bout de tissus mauve. Il ne pouvait appartenir au prêtre, là j'ai compris. J'ai essayé de t'appeler (en effet j'avair quinze messages de beau sur mon répondeur), d'appeler la maison mais rien n'y fit, alors j'ai joint le boss comme le veut les ordres dans ces conditions. Et puis voila.
- Attend, fit le prêtre, comment nous avez-vous trouvé ?
Un silence passa.
- C'est le boss. Il est fort, c'est lui qui a retrouver votre trace.
Erwan ne le cru pas mais laissa filer, cependant la discussion était loin d'être close. La conversation se déroula ainsi pendant deux heures, passant d’un sujet à un autre. Jamais le curé n’y prit part. Il resta silencieux, le visage renfermé, le regard dur.
Divin témoin 102