Chapitre deux : une vie de poupée.
Dehors nous attendaient deux motos énormes. Je ne m’y connais pas, alors je ne pourrais pas affirmer la marque, mais elles étaient magnifiques pour des motos, très impressionnantes. Celle du padre était rouge étincelante, ses pots d‘échappement chromés lui donnaient de la l‘allure, elle était belle. Celle de Célian était beaucoup plus, comment dire, remarquable. Elle était à dominante noire mais avait des dessins de flammes dessus. Elle était d’un style différent, mais finalement allait bien avec le caractère de son propriétaire.
Nous roulâmes ce qui me parut une éternité ! Le Canada c’est grand, surtout comparé à la France, j’avais donc un peu peur de passer des jours et des jours sur cet engin de malheur (la moto ce n’est pas du tout confortable. Même si j’avais un blouson en cuir le froid m'engourdissait. Je ne pouvais pas parler, j’étais obligée de me coller au conducteur qui dieu merci manœuvrait bien.) À coté de nous le blondinet zigzaguait entre les voitures au péril de sa vie. Visiblement il s'amusait du danger défiant les lois de la gravité. Je sentais mon conducteur soupirer à chacune de ses pirouettes. J’appris donc que le Québec et Toronto sont des villes somme toute assez proches, nous ne mimes que huit heures à arriver. Il n’empêche que cela me parut long ! En descendant je ne percevais plus mes jambes et faillit m'effondrer, heureusement qu' Erwan me soutint :
- C’est la première fois que tu montes à moto ?
Je hochai la tête dans un signe d'approbation.
- Heureux d’avoir été ton premier motard, me fit il dans un clin d’œil.
C’est ambiguë non ? il parle peut être mal notre langue. Célian nous attendait devant la porte.
- Alors qu’est ce que vous avez fait ? Vous vous traînez !
Je ne rêve pas, il parade alors que mille fois il a fallut se tuer!
- Je te signale que j’avais notre petite sœur sur le porte bagage nigaud !
Pardon ? j’étais installée sur le porte bagage ! cet homme m’a prise pour une valise ! Pas étonnant que j’ai mal partout. J’allais vivement protester lorsque j’aperçus les yeux rieurs de l’intéressé. Tiens de l’humour. J’adressai donc mes remontrances à Célian :
- Tu es fou ! Tu as failli mourir à je ne sais combien de reprises ! Je ne monterai jamais avec toi.
- Mais, c’est qu’elle s’inquiéterait.
- Tu te surestimes, ta vie n'a pas tant d'importance.
Dans un sourire il m’ébouriffa les cheveux .
- ceci étant dit aimeriez-vous voir la maison ?
- Non on rentre au Québec? dis-je au padre.
Un éclat de rire me monta au lèvres devant la mine dépiter du pauvre Célian.
- Allez les enfants, allons jeter un coup d’œil, me répondit simplement le prêtre.
divin témoin 14