
- Je fais la cuisine, combien de temps compte elle rester ?
- Ça ne se fait pas jeune fille de parler de quelqu’un comme si il n’était pas là.
- En effet, excuse moi mais elle est tellement insipide que je ne l’avais pas vue.
Heureusement ma victime ne parlait pas le langue et mettait un point d'honneur à nous le faire sentir.
- Hé mords pas ! Moi je la trouve plutôt chouette.
- Tant mieux blondinet, comme ça tu pourras l’occuper demain pour qu’on puisse s’entraîner avec Erwan, si elle nous trouve elle serait capable de rajouter maltraitance.
- Ça c’est une bonne idée dit le padre en m’ébouriffant les cheveux.
Non c’était la pire des idées que j’avais eu depuis bien longtemps (enfin non la pire de mes idées fut quand même de sortir fumer un soir d’été).
À partir de cet instant une routine s’installa. Je restais potasser à la maison (je faisais des progrès considérables en anglais et en droit, plus qu’en trois mois de cours). Padre rentrait, on s’entraînait ensuite beau et Mélodie arrivaient et nous mangions ensemble. Les repas se faisaient en général en anglais, mais mes « frères » me traduisaient tout. Peu à peu elle prit ses marques à la maison. Elle occupait la chambre d’Erwan qui s‘était installé dans le salon. Là où ça posait le plus de difficultés ce fut pour la salle de bain. Je la trouvai régulièrement dans la mienne. Quand je m’en plaignit mes colocataires me répondirent unanimement « fait des efforts, Erwan lui a bien cédé sa chambre ! » Peu à peu elle prit de plus en plus de place. À l’aise elle s’étalait dans nos vies. Les garçons commencèrent par s’habituer à elle et finalement l’apprécièrent. Maintenant ils parlaient anglais sans tout me traduire, lui donnaient raison contre moi (quelques fois c’était justifié mais pas toujours !) et j’en arrivai à récolter des arguments tel que : c’est de ta faute alors assume ! Le pire c’est qu’ils devenaient négligents ! Au début je mis ça sur le compte de la jalousie (bon d’accord je suis un peu envieuse) mais cela n’expliquait pas tout. C’était un empoisonnement volontaire du quotidien, des petites choses insignifiantes mais qui vous pourrissent la vie. Depuis qu’elle était là je n’avais plus d’eau chaude, elle squattait ma salle de bain finissant mes produits, quand vous prenez une douche froide pour vous apercevoir qu’il n’y a plus de gel douche ça fait rager! Lorsque j’eus l’audace de lui demander des comptes elle me dit que j’allais quand même pas crier pour cela, et puisque j’allais faire des courses est ce que je ne pourrais pas lui ramener deux au trois bricoles. Elle me fila une liste longue comme le bras. Derrière elle les garçons se riaient. Elle était plus collante qu’une petite sœur, elle critiquait ma cuisine, se servait de mon téléphone. Et alors me répondirent les hommes lorsque je leur en fis la remarque. J’ai tout mon répertoire dedans y compris mes amis en France. Ils haussèrent les épaules, je vous l’ai dit ils devenaient inconscients. Un jour en rentrant je découvris mes deux frères assis au bord de la piscine, ils sirotaient un bière contemplant à loisir l’intruse en train de batifoler sans complexe dans l’eau. Je m’approchai pour les rappeler à l’ordre lorsque je remarquai quelque chose :
- Hé mais ce sont mes sous vêtement !
Célian me dévisagea d’un air rieur
- Tu ne vas pas lui reprocher ce que tu as fait !
- Je suis désolée dit l’intéressée, j’avais envie de me baigner mais je n’avais pas de maillot alors j’ai pris cet ensemble pour ne pas abîmer ma lingerie.
Et la mienne de lingerie elle aime la javel peut être ! Je me crispai, d’un œil critique je la dévisageai
- Ça fait mieux quand on a des seins ! Célian s’étrangla avec sa bière, débrouillez vous pour manger je sors, j‘ai un rendez vous.
Divin témoin 35