- Tu ne crois quand même pas que je vais tout faire !
- Si je le crois, c’est ma vengeance pour le coup bas de tout à l’heure.
Alors là mon ami c’est mal me connaître. Je fouillais dans le linge jusqu’à trouver ce que je cherchai. Voila un caleçon long qui devait faire figure de sous vêtement à cet époque. L’exhibant je me retournai vers lui.
- C’est à toi ça ? C’est mignon.
Il devint rouge de confusion.
- Laisse je vais t’aider.
Et voila on se sépara la pile en deux lui les vêtements des hommes et moi ceux des femmes. Malgré la fraîcheur hivernale la journée se déroulait dans la bonne humeur. Nous avions apporté de quoi pique niquer, manger au soleil entourée de cris d’enfant me rappelait notre époque. Sur le pont se tenait une famille de deux garçons avec leur jeune sœur. Une nostalgie me secoua, mais je la rejetai. Je n’allais pas laisser cela gâcher mon plaisir. Tristan sentit tout de même ma soudaine tristesse, mais quand il m’interrogea je changeai de sujet. L’après midi commençait à peine lorsqu’un cri déchira l’air ambiant. C’était la mère sur le pont qui hurlait, hystérique elle regardait son enfant tombé à l’eau se noyer. Mais pourquoi elle ne fait-elle rien ? Pourquoi personne ne réagit ? Je m'élançais alors vers le pont. En chemin sans ralentir j’ôtai mes chaussures et défis le nœud de ma robe. Derrière moi Tristan criait à son tour. Sans réfléchir j’enjambai la barrière et plongeai. L’eau était froide, un instant j’eus l’impression que mes poumons allaient éclater. Mais non ils tinrent bon (encore heureux !). Tout en nageant je cherchai l'enfant des yeux, il était à même pas cent mètres de moi, en quelques brasses je fus à ses cotés. Là encore je vais devoir faire tomber un préjugé. Sauver quelqu’un de la noyade n’est pas aisé ! Dans alerte à Malibu la blonde plonge et sauve aisément le beau brun ténébreux idéalement musclé qui fait trois fois son poids. Dans la vraie vie ça ne se passe pas du tout comme cela. Je devais sauver un enfant pesant la moitié de mon poids et la tâche fut extrêmement compliquée. Il aurait été plus âgé j’aurais certainement coulé avec lui. Car il faut savoir que le noyé panique et donc le noyé se débat, il se débat contre l’eau mais aussi contre son sauveur, et oui le noyé a des réflexes idiots ! Le ramener fut un calvaire, je devais nager, le porter et lutter contre lui. Je bus plusieurs fois la tasse et crus très sérieusement qu’on allait couler quand, miracle, la berge fut là. J’avais pied mais n’eus pas le temps de me lever. En une seconde la mère avait récupéré son enfant et Tristan m’avait soulevée. Je dus tousser une bonne vingtaine de fois avant d’avoir expulsé toute l’eau. Puis je profitai des bras de mon sauveur tandis que la femme se perdait en remerciements. Au bout d’un moment j’arrivai à glisser au vampire qui m’enlaçait :
- Pitié dit moi qu’elle n’est pas de ta famille
- Non pourquoi ?
- Paul nous aurait conduit directement devant le prêtre !
Divin témoin 73