
Le temps passait et les examens arrivaient. Et oui c’est une fatalité, le temps qui passe, pour toi étudiant, te rapproche en principe de tes partiels. Je débutai alors un véritable parcours du combattant, répondre à des questions de Droit posées en anglais. Les partiels n'ont jamais un plaisir, mais là c'était pire ! Ce soir là en rentrant j’avais besoin de détente et de calme. Il ne me restait plus qu’un oral dans deux semaines, je venais de finir les écrits. Loin de sauter de joie j’allai m’effondrer au fond de ma baignoire, et surtout qu’on ne me dérange pas. Avec déléctation je laissai mes vêtements tomber au sol, telle une seconde peau qui aurait contenu tout mon stress. Enfin je m’approchais de la baignoire. Je posai un pied dedans, levai l’autre et zip je glissai. Me rattrapant de justesse au rideau je hurlai pour qu’on vienne m’aider. Je patinai dans le vide, suspendue à un bout de plastique sur le point de se déchirer. Je m’aidai de mon élément air pour reprendre mon équilibre, mais rien n’y fit, la stabilité m’échappait ! Mes pieds n’arrivaient pas à adhérer à la céramique de la douche. Dans un craquement sinistre le plastique céda, je vis ma dernière heure arriver. J’allais me rompre la colonne sur le rebord de la baignoire et je ne pouvais rien faire. Un dernier cri salua ce que je pensai être ma dernière seconde. Heureusement un ange défonça la porte et me souleva :
- Ouf, on a eu chaud, me dit il tandis qu’on s’effondrait sur le carrelage. J’eus à peine le temps de me cacher avec le rideau opaque de la douche qu’Erwan débarquait.
- Que c’est il passé ? J’ai entendu un cri.
- La demoiselle a glissé dans la baignoire, elle se serait rompu le cou si je n’étais pas intervenu.
- Enfin, je n'encourais certainement qu'un bleu, essayai-je de relativiser une fois ma frayeur passée.
- Encore ! Mais tu ne peux pas faire attention, s'entêta le curé.
Encore était le mot ! Je m'étais repris, ce fut en hurlant que je déclarai :
- Ha non, ce n’était pas un accident, la douche était savonnée !
- Que veux tu dire me demanda Célian
- Ces trois derniers mois je me suis fait agresser, fouetter, j’ai failli recevoir un sac sur la tête, on m’a manger, on a voulu m’empaler sur une épée, me trépaner, je me suis presque noyée et là je ne serais plus entrer dans une baignoire ! Je sais que je suis poursuivie par le mauvais sort, mais là ça commence à faire beaucoup !
- Qui t’a mangé ? me demanda le prêtre.
- Ne change pas de sujet ! Il n’y a que trois personnes qui ont accés à cette baignoire. Puisque vous êtes incapables d’assurer ma sécurité je vais m’en charger !
Sur ce je me redressai et sortis de la pièce. Arrivée dans la chambre je m’emparai de mes sous vêtements et indifférente laissai tomber mon rideau protecteur. De dos je me vêtis alors que Célian enchaîner :
- Tu nous accuses de trahison ?
- C’était de nous dont tu parlais lorsque tu me demandais si il y avait un moyen de reconnaître un diablo ?
- Ni toi ni lui. C’est elle que j’accuse !
- Tu t’en prends à Mélodie pour ta maladresse ! C’est un comble !
- Tu es jalouse.
- Ha oui, mais qui s’est renseigné sur elle avant de la faire entrer dans cette maison ?!
Certainement pas moi, je l'incriminai sans preuve, je sais que c’est mal, mais je ne pouvais m’en empêcher cette fille puait la trahison. Alors peut être que j’étais jalouse, mais cela ne m’empêchait pas d’avoir raison ! Passant mon pantalon je compris que je devais me calmer. Partir d’ici comme j’en avais l’intention ne rimait à rien. Enfin habillée je fis face aux autres.
- Nous allons faire un pacte. On se renseigne sur elle et on agit en conséquence. Quoiqu’il en soit les accidents de ces derniers temps sont trop nombreux pour qu’on n’en tienne pas compte.
- Soit, je vais me renseigner sur elle, mais après tu t’excuseras.
- Non, tu n’es pas plus objectif que moi, Erwan mènera les investigations. Et si j’ai tord je m’excuserai.
- Alors nous sommes tous d’accord.
- Je vais faire un tour
Divin témoin 98