manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
La louve et le prince, résumé.
La louve et le prince, tous les articles.
- Non, mon fils, cela tu en es incapable, les Dieux sont les seuls êtres dont la volonté ne peut jamais être bafouée, même si leurs règles sont injustes.
- Nous essaierons de leur en parler ? Fis-je d'une toute petite voix.
A ma grande surprise, Prince hocha la tête et ajouta fermement :
- Nous allons sauver Terra. Une fois que ce sera fait ils nous devront une fière chandelle.
- Vous êtes bien prétentieux de croire pouvoir négocier avec les Dieux.
Lorsque la reine lâcha ces sombres paroles, le silence de plomb qui tomba sur les galeries me fit frissonner. Je n'eus pas été étonnée si un éclair s'était immiscé dans la grotte pour foudroyer l'auteur des paroles sacrilèges. Mais rien ne se passa.
- J'ai bien eu des vacances, mère ! Argua la vampire, comme encouragé par ce constat. Les Dieux m'ont privé de beaucoup, mais aujourd'hui ils m'en récompensent. Un beau jour nous vous sortirons de cette affreuse situation. Vous permettez vous seulement de vous aimer les soirs de pleine lune ?
Les prunelles dorées de la panthère s'écarquillèrent une seconde.
- Grands Dieux, surtout pas ! Mais il est vrai que nous passons ces nuits là dans les bras l'un de l'autre. Sagement. Nous nous voyons une heure par jour et une nuit par mois, nous pensons que c'est le seul moyen de rester chastes et de ne pas offenser les Dieux.
L'immortel m'adressa un rapide regard emprunt de nervosité.
- C'est affreux, cracha Prince.
Un lourd silence confirma ses dires. Puis je changeai de sujet :
- Nous pensons tous deux, ma reine...
- Tu peux m'appeler mère, dit-elle. Quand tu seras prête.
Je hochai lentement la tête, les yeux débordants de larmes. J'avais certes laissé ma famille et mes amis derrière moi. Mais j'avais trouvé l'amour et une nouvelle famille. Le jeu en avait sans doute valu la chandelle. Je repris :
- Merci, ma reine. Nous pensons que nous pouvons nous voir, à présent, parce que Prince...
- Votre père et moi avons eu les mêmes déductions. Venez quand vous voulez, je serai heureuse d'avoir de la visite.
- Êtes vous seule chaque jour que les Dieu font ? S'effraya Prince.
Le fauve plissa les yeux, puis se roula paresseusement au sol, en un geste qui n'avait rien d'humain ni de réfléchi. Couchée sur le flanc, elle se concentra de nouveau sur nous pour répondre à son fils oracle :
- Ton père vient me voir chaque jour et quand l'envie m'en prend je côtoie mon ancienne meute. Depuis ma naissance j'ai toujours passé un peu de temps avec eux, le roi me laissait libre, puisque je revenais toujours près de lui, même avant qu'il ne me fasse don de la parole. Avec le temps les panthères de ma meute sont mortes mais d'autres sont nées et me considèrent toujours comme l'une des leurs. Aussi étrange que cela puisse vous paraître j'aime passer du temps avec les panthères. J'en suis toujours une.
Le geste qu'elle venait d'avoir venait en réalité de nous le rappeler. J'étais curieuse de savoir jusqu'à quel point. La reine était-elle principalement humaine comme j'étais femme avant d'être louve, ou bien était-ce l'exact opposé ; pouvait-on seulement comparer nos natures ? Qu'en était-il pour mon promis ? Mon cœur se serra à m'étouffer. Je portai une main à ma gorge, en serrant ses doigts de l'autre main, sans oser le regarder dans les yeux, de peur d'obtenir la réponse à ma question.
- Je vous comprends parfaitement, mère, dit Prince, comme je l'avais beaucoup craint. J'ai aimé plusieurs de vos semblables.
Je pris une grande inspiration. Nous étions très différents : il ne me serait pas venu à l'idée d'aimer un simple loup. De son côté, elle hocha lentement la tête, entrevoyant le chagrin de son fils lorsque ses compagnes quittaient le monde des vivants et que lui, pauvre immortel, devant continuer sa route. Comme cela se produirait avec moi. Je pris une seconde grande inspiration, luttant contre les pleurs qui menaçaient de me ridiculiser. Elle se blottit contre lui, aussi se baissa-t-il pour lustrer son pelage.
- Aimes-tu toi aussi courir des heures durant, mon fils ?
- Bien sûr, mère.
Un blanc se fit puis alors que je me sentais de plus en plus mal à l'aise, Prince proposa :
- Allons courir ensemble, Mère.
J'éclaircis ma voix, me concentrant pour ne pas fondre en larmes.
- Allez-y, je garderai Rubis, d'ailleurs le retrouver m'occupera sans doute un moment.
Je me déstabilisai au large sourire carnassier qui transfigura le visage de l'oracle.
- Je te vois te sentir différente depuis tout à l'heure. Rappelle-toi que je suis toujours la même personne. Maintenant, cesse tes enfantillages et viens courir. La louve en toi va adorer faire la course avec nous.
Je fronçai mes blonds sourcils, tandis qu'il expliquait qui j'étais à sa mère, qui le prit avec philosophie : tant de créatures plus ou moins dangereuses se côtoyaient en ce monde. Elle n'attendit pas davantage. L'instant d'après, elle n'était plus dans la cavité. Prince me scruta, avant de chuchoter :
- Suis-moi si tu peux.