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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
J'inspirai un grand coup, cherchant à me calmer pour ne pas envenimer les choses, mais Prince me prit les mains avant de venir à mon secours :
- Callista, je crois que tu ne saisis pas. Les Dieux nous envoient. Nous devons éliminer les Spares. Kenzo restera indemne ensuite. C'est la parole des Dieux ! Tarah est poussée par eux. Tu ne la reconnais pas parce que ce n'est effectivement pas tout à fait elle – pas seulement, souffla-t-il avec autorité. C'est ce qu'ils ont fait d'elle, momentanément, pour accomplir leur divine volonté.
Je penchai lentement de côté ma tête blonde. Une onde de violence animale se dégagea de mon corps qui se fit monstrueux. J'ignore quels attributs lycanthropes se manifestèrent sur ma personne : crocs, pupilles dilatées, griffes, oreilles en pointes ou même un duvet épais. Je ne sentis que la puissance qui suintait de moi. Je ne pris pas la peine d'interrompre la transformation. Lorsqu'elle se stabilisa à mi parcours, je m'ébrouai puis m'immobilisai.
- Mais vous n'avez jamais essayé ! Argua l'immortelle quelques secondes après, constatant que je n'allais pas l'attaquer, toutefois. Ne pouvez-vous pas commencer par quelqu'un d'autre que par l'homme que j'aime ?
- Je pense, fit Kenzo qui de toute évidence, était resté derrière la porte, que vous feriez mieux de quitter immédiatement mon château, si vous ne voulez pas y perdre la vie de ma main.
Il entra, l'air calme, armé d'une longue épée aux gravures délicates et derrière lui, je remarquai quelques gardes armés jusqu'aux dents.
- Qu'est-ce que tu fais ? Tonna Callista de sa voix de serpent.
En tant que lycanthrope, je ne craignais pas davantage l'immortelle que tout adversaire à ma taille. Mais ce son-là me glaça le sang. Maudits vampires ! La louve en moi détestait peu d'êtres autant que ces sales chats de gouttière.
- Je nous protège de ces deux fous avant qu'ils ne t'aient retourné les méninges davantage. Ma chérie, ajouta-t-il en traversant la pièce l'air câlin.
D'un geste large je me saisis du bois qui dépassait de ma chair, mais aussitôt Callista proposa, joviale :
- Il a raison. Allez à l'hôtel. Je vous raccompagne.
Un silence tomba sur nous, probablement avant tout signe de stupéfaction. Mais elle n'abusa personne bien longtemps.
- Hors de question, sourit faussement le roi des loups.
- Je suis ton épouse, pas ton sujet, sourit-elle tout aussi faussement. Je prends mes propres décisions.
Le ton signifiait clairement quelque chose comme « arrête-moi si tu peux ». Je ne doute pas que Yule ou ses parents se seraient enfuis depuis longtemps face à tant d'agressivité au sein d'un couple soi-disant aimant. Mais le loup-garou que j'étais y puisait un plaisir morbide.
- Tu restes ici ou jamais plus tu n'y mettras un pied, continua-t-il de sourire.
- Je m'en vais, donc. Le temps de prendre un sac.
La vampire quitta la pièce en bousculant impatiemment les gardes. Prince m'agrippa la main, ainsi nous la suivîmes de près. Lorsque nous fûmes dans la chambre royale, sans un mot elle jeta un déshabillé dans son grand sac – panier -, mais elle n'y ajouta rien d'autre, preuve qu'elle comptait bien revenir. Elle nous indiqua du menton que nous partions et bientôt je les suivis sur Rubis, puisqu'ils avaient pris Véga tous les deux. Je frissonnai en voyant Callista enlacer Prince sans tabou... pour ne pas tomber de cheval, me répétai-je. Mais mes doigts à présent griffus me rendirent difficile la nécessité de tenir les guides de mon cheval albinos.
Lorsque nous arrivâmes dans notre chambre, au sein d'un bel hôtel perdu au milieu de nulle part, elle nous suivit, inspira un grand coup puis lâcha :
- Toutes les deux nuits il m'emmène à la plage. Demain soir je l'appellerai pour le supplier que nous y allions pour la dernière fois. Vous le cueillerez là-bas. Bonne nuit.
Prince la retint alors qu'elle allait rejoindre sa chambre.
- Est-ce que ça va aller cette nuit ? Je sais que tu aimerais ne pas être seule.
Mon cœur s'arrêta, principalement parce que mon corps venait de changer brutalement. J'étudiai intensément mes pattes blondes. Enfin Callista dit doucement :
- C'est gentil, Prince, mais reste avec Tarah, sinon elle me maudira sur dix générations.
Elle se rapprocha de moi qui grondais Plus grande que moi, elle pencha la tête et attendit sans rien faire. Je repris forme humaine, davantage par amour-propre que par réelle envie de le faire. Alors elle remit l'une de mes boucles blondes derrière mon oreille. Ayant trouvé mes yeux elle me murmura à l'oreille :
- Je t'ai déjà volé un homme, Tarah. Je ne recommencerai pas.