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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
Les étoiles valsèrent et je perdis connaissance. C'est plutôt minable, je sais bien.
- Elle vient d'ouvrir les yeux, annonça Prince.
Merci bien, j'étais au courant. Qu'ils ne tirent aucune conclusion hâtive, toutefois. J'étais trop faible pour parler, mais je les aurais bien prévenus que j'allais bientôt y passer.
- C'est bien, souffla Callista.
Absolument pas ! Je tentai de stabiliser ma vision mais tout tournait si vite que... je me penchai et rendis mon dernier repas.
- Ça tombe bien, s'enthousiasma Prince, cela fait des lustres que tu n'as pas mangé, maintenant tu as le ventre complètement vide, on va pouvoir le remplir tout de suite.
Et puis quoi encore ? Je ne voulais plus jamais manger. Comme cela j'aurais moins de risques de faire ça. Comment cela pouvait-il sentir aussi mauvais ?
- Laisse-moi un moment gémis-je finalement. Que s'est-il passé, bon sang ?
Prince eut l'air soudain plus inquiet que si je ne m'étais pas réveillée du tout. Maudit soit-il. Le lycan aurait bien sorti les crocs. Mais tout ce qu'il fut capable de faire fut un pitoyable grognement, qui n'aurait pas même effrayé un chaton. Alors un vampire aurait pu me rire au nez. Heureusement, je couchais avec celui-là.
-Tu sais qui je suis, Tarah ?
J'éclatai de rire, mais cela ressembla davantage à un simple raclement de gorge.
- Oui, Prince, et je t'aime toujours. Parfois. Pas en ce moment. Je veux dire, elle m'a frappée, et ensuite ?
- Ensuite on l'a enfermée dans un cachot, dit Callista, elle n'attend que toi.
Je poussai quelque-chose qui ressemblait assez à un soupir. Enfin ! Bientôt je serais capable d'aller aux toilettes, Dieu soit loué.
- Je suis nulle, soupirai-je d'un ton désespéré.
Prince me décocha un sourire de vampire, celui-là même que tous les lycans pouvaient reconnaître sur n'importe quel visage vampirique. Il signifiait : mais non, ce n'est pas ta faute, que veux-tu ? Tu es née lycanthrope.
- Non, elle a été entraînée à la dure, expliqua Cristal derrière moi. Elle maîtrise le combat, voilà tout. D'après ce que Prince m'a expliqué, le Spare en elle peut parfaitement se servir de toutes ses connaissances. Il est comme un gamin qui a appuyé sur le bouton « marche » d'une machine à tuer. Je vais devoir te la tenir, sinon tu n'y arriveras pas.
- Ne peut-on pas l'endormir ? Proposa Kenzo.
Est-ce que je faisais un cauchemar ? Tous les éléments étaient réunis : la difficulté, l'humiliation publique, l'impuissance, la douleur, les mauvaises odeurs...
- Nous n'avons aucune garantie que le processus fonctionnera si nous changeons les paramètres à ce point, fit remarquer Prince. Je crois que Tarah doit écouter ses instincts, qui en la matière, ne sont rien d'autre que la parole divine.
Ah ! Enfin des paroles plus plaisantes. Je me mordis secrètement l'intérieur de la joue, juste pour être bien certaine, tout de même, que ce n'était pas un mauvais rêve.
- Bon très bien, on y retourne, annonçai-je avec autorité... Houla...
J'avais voulu me lever, ce qui constituait manifestement une grossière erreur. Vous voyez d'ici comment se déroulèrent les heures qui suivirent. Cristal quitta la pièce et je restai avec mes amis, qui firent de leur mieux pour occuper mon temps pendant que je me remettais, impatiente de retourner au front. Le soir je m'en sentis enfin capable. Repue et forte, je descendis vers les cachots, tout mon petit monde derrière moi. Et la vie opéra une fois encore un tournant impressionnant. Cristal et Claire pleuraient ensemble. La rousse tenta de se reprendre mais nous ne comprîmes pas ce qu'elle bredouilla. Son amie répéta pour elle :
- Elle est prête.
Ce n'est qu'alors que je vis ce que ma proie tenait dans ses paumes tremblantes. Un grand papillon de nuit argenté. Elle respira un grand coup et expliqua :
- Vous savez, nous ne voulions pas faire de mal. Après l'attaque des elfes et des gnomes...
Mon cœur manqua un battement lorsque je compris que c'était le Spare qui habitait la rouquine, qui parlait sans se cacher.