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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
Le plus effrayant était ces espèces de créatures de couleur beige-rosé. Sans plus réfléchir, je me mis à courir pour me mettre à l'abri.
- Tarah, où vas-tu ?
- Prince !
Soulagée, je me tournai en tous sens pour le découvrir très loin. J'allais bien devoir marcher dix minutes pour l'atteindre. Je me changeai en loup pour aller plus vite. Lorsque j'arrivai à destination, reprenant forme humaine, tout me revint d'un bloc. Je mesurais la taille d'un gnome. Ces grandes créatures autour de moi étaient des jambes. Dans un haut le cœur, je fus happée par une main elfique.
- Ça va, tous les deux ? Questionna Luna.
Dieu merci je connaissais bien la voix de mes amis. Non seulement je ne reconnaissais absolument rien physiquement, mais les sons étaient atrocement déformés. Il résonnaient étrangement, certainement à cause de la petite taille de mes oreilles, proportionnelle à toute ma personne, du reste. Ah si je les voyais ! J'étais à hauteur de leurs yeux, qui paraissaient maladifs.
- Oui, se ressaisit Prince. Allons y, nous sommes prêts.
Ils firent oui de la tête et se préparèrent à partir, comprenant bien que nous avions principalement hâte d'en terminer. Yule nous plaça dans un sac confortable. Mais lorsqu'elle fut à cheval, la notion de confort changea du tout au tout. Le voyage fut un calvaire. Serrés l'un tout contre l'autre au fond de la besace, nous crûmes rendre le dîner de nombreuses fois, mais nous retînmes courageusement.
Arrivés devant l'une des portes que Prince avait indiquées, les elfes arrêtèrent enfin leur monture, nous laissant partir non sans un :
- Bonne chance, nous vous attendons là, mais n'oubliez pas, vous devez être de retour avant le lever du soleil.
Ensuite le sort ne produirait plus d'effets. Cela signifierait la mort, si nous avions le malheur de nous trouver dans les galeries des gnomes. Diable, il était déjà minuit, il nous restait six heures. La première fut consacrée à descendre les escaliers, mais je ne me plaignis pas. Pourtant, par les Dieux, arrivée en bas je n'en pouvais déjà plus. Lorsque nous fûmes dans les rues, je faillis crier d'effroi. Non que ce fût différent d'un pays quelconque, des maisons certes un peu grossières, des commerces, des passants qui ne nous regardaient pas trop bizarrement, même si nos tenues paraissaient exotiques. Eux avaient des chemises, et des pantalons pour les hommes. Les femmes avaient de petits hauts et des pantalons ou des jupes. Certaines portaient aussi des robes. Mais ce fut leur moyen de transport qui me donna des sueurs froides. Des ragondins. Entendons nous bien : je n'en avais jamais été phobique. Mais à présent ils me paraissaient gros comme des chevaux, franchement c'était effrayant. Traînés sur des carrioles, les gnomes ne semblaient pas du même avis. Lorsque la première passa je me figeai d'effroi. Prince prit le temps de me murmurer :
- Courage, Tarah, ils ne sont ni plus ni moins dangereux que Rubis. Nous avons une petite dizaine de rues à prendre avant de parvenir à notre but. Le plus gros du chemin est derrière nous, à présent.
Il me tira doucement, de sorte que je mis un pied devant l'autre. Je me forçai ensuite à recommencer et au bout de quelques pas cela redevint naturel.
- Comment peux-tu te souvenir aussi clairement l'itinéraire ? M'étonnai-je pour parler.
Mais une fois les mots prononcés, la question me sembla tout à fait pertinente.
- Lorsque les Dieux me parlent, je garde ce qu'ils me disent en mémoire aussi sûrement que si c'était gravé dans la roche.
Nous dépassâmes un passage rocailleux, qui lui avait inspira ses paroles. Je continuai de le suivre de longues minutes durant. Enfin il s'immobilisa devant une immense propriété. Bien plus loin que les grilles, trônait une bâtisse imposante, à défaut d'être belle selon mes critères.
- Nous y sommes, dit il. Je vais débloquer l'accès de l'enceinte, puis à l'entrée je prendrai la clef dans sa cachette, puis une fois dedans nous passerons par les pièces où aucun domestique ne s'attarde selon leurs habitudes...
Il parlait lentement, conscient de ma nervosité, qui m'empêchait d'assimiler aisément les détails du plan qu'il avait élaboré avec précision.
- Tu as toutes ces informations grâce aux Dieux ? M'étonnai-je encore, d'une toute petite voix que je découvris hésitante.
Oui, Tarah, tu n'as pas à t'inquiéter.