manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
- J'ai déjà un cheval, une femme et un lycanthrope, soupira-t-il faussement, j'ai assez d'animaux étranges autour de moi comme cela !
Sloan commença à rire doucement, bien calé au fond de son siège de bar, confortablement lové dans le plaisir d'être là, bien avec eux.
- J'essaie de lui faire comprendre que moi je supporte tout ça – car je dois me supporter aussi – mais aussi un... truc, rit-elle en le désignant. Je n'ai pas encore réussi à savoir ce que c'était. A ton avis, Sloan, est-ce une personne ?
Il fit de grands gestes, singeant la confusion, ses deux bras puissants voltigeant au-dessus de la table blanche et rouge.
- Non, assurément, répondit-il ainsi.
- Est-ce donc Godzilla ?
- Je ne crois pas, insista-t-il en secouant la tête.
- Alors qu'est-ce que c'est ?
La vampire, mimant l'idiotie, tournait une mèche de cheveux noirs autour d'un doigt fin.
- C'est une fillette ! Tonna-t-il comme on se réjouit d'avoir compris un problème de mathématiques.
- Eurêka, rit-elle aux éclats.
Le soir à dix-huit heures Sloan monta dans le bus, ayant refusé d'attendre le crépuscule pour qu'on puisse l'amener dans le coupé sport. Arrivé sur place il retourna à son appartement sans savoir que faire d'autre. Il révisa mais on frappa a dix-neuf heures. Il se composa un visage neutre, mais il craignait que ce fussent les empereurs pour lui demander de venir manger. Il avait prévu de jeûner, n'ayant aucune envie de se mêler à des étrangers, la perspective lui coupant l'appétit en soi. Il ouvrit la porte sur Kaitleen. Pour une raison obscure son estomac protesta silencieusement.
- Salut, fit-elle d'une voix un peu tremblante. Ecoute, je voulais juste t'avertir que ce soir on dîne tous – je veux dire tous les jeunes – au restaurant. Parce-qu'à ta place je n'aurais pas voulu me retrouver le seul au dessous de trente-cinq ans à la salle à manger. Tu n'as certainement pas envie de venir étant donné que déjà tu n'es pas venu me trouver depuis hier, mais si tu veux te joindre à nous c'est avec plaisir. On part dans une demi-heure, je dois encore me préparer. Si tu veux venir tu n'as qu'à passer me prendre sur le chemin. Peut-être à tout à l'heure, donc, conclut-elle après un silence gêné des deux côtés.
Elle disparut ; aussitôt il s'ébroua, de nouveau seul dans l'appartement bleu aux frises brunes. Il s'installa résolument pour travailler, mais la faim fit chanter ses entrailles. Il leva le nez, voilà trois fois qu'il relisait cette fichue phrase. Pourtant c'était facile, pesta-t-il. Un autre grognement de son estomac lui expliqua qu'il n'arriverait à rien de mieux ce soir-là. Il allait avoir faim toute la soirée. Il irait chercher un en-cas dans la nuit, se promit-il, ainsi il ne verrait personne sur le chemin, c'était la bonne solution. Il alluma la télévision, mais une voix moqueuse retentit sous son crâne embrouillé : qui était-il pour raser les murs en allant chercher un simple en-cas ? L'horloge du lecteur DVD indiquait dix-neuf heures vingt-cinq. A trente-cinq il était devant l'appartement de la jeune femme, un peu essoufflé. En fait il faillit la percuter en débouchant à toute allure des escaliers.
- Désolé, haleta-t-il, désolé, j'ai cru arriver trop tard et euh...
Son ventre cria famine ; ils gloussèrent tous les deux.
- Aucun souci, j'attends Céleste qui est toujours, toujours en retard ; tu aimes la cuisine indienne, Sloan ?
La minuterie se termina, ils se retrouvèrent dans le noir. Il chercha l'interrupteur et regarda les doigts manucurés de la rouquine appuyer franchement sur le bouton. Ils se regardèrent de nouveau dans les yeux, attentifs.
- Normalement ça devrait aller, je n'ai rien contre les épices. Je voulais te... (bon sang, il n'allait pas m'excuser, tout de même !) dire que je n'ai rien contre toi, comme tu avais l'air inquiète à ce sujet. Je ne suis pas venu parce que j'ai une vie dehors et que cela ne me plaît pas d'y être arraché de force.
- Je suis désolée, Sloan, je n'ai pas fait exprès, j'espère que tu le crois, au moins.
Céleste déboucha sur le palier. Son parfum emplit le couloir, ainsi que sa présence démesurément coquette ; elle lança en verrouillant sa porte :
- Hé je suis à l'avance, non ?
- Saleté, va, rit Kaitleen ; Voilà Sloan et je te présente Céleste.