manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Liste des articles : Le destin des immortels - nouvelle publication
Partie un. Un songe.
Chapitre un. Des vampires.
- Comment tu t'appelles ? Susurra l'homme tandis que les lèvres de l'immortelle glissaient le long de son cou.
- Shalimar, murmura-t-elle sur sa peau rêche.
C'était le prénom qu'elle s'était donné il y avait déjà quelques années. Étant plusieurs fois centenaire, elle devait prendre garde à se rebaptiser régulièrement, pour garder une crédibilité.
L'artère était là, tout près, mais lorsqu'elle voulut mordre, un cri attira son attention. Sa proie et elle se tenaient dans l'ombre d'un parc silencieux, qui entourait les immeubles de cette zone sensible où elle venait souvent chasser, car les morts ici passaient presque inaperçus. C'est ainsi lorsqu'ils sont trop nombreux pour un pauvre poste de police apeuré.
Le gamin menacé par un homme ivre sentit que cette fois il n'y réchapperait pas – c'était lui qui avait hurlé, du haut d'un immeuble de plusieurs étages. Il se lança dans le vide. De ses yeux de vampire, Shalimar avait tout vu et dans son corps de fauve, elle put arriver avant qu'il ne s'écrase au sol en une somme de chairs désordonnées.
Maintenant elle le tenait dans ses bras, vérifiant que tout allait bien chez lui. Il avait peut être dix ans, aussi était-il bien vieux pour lui parler ainsi, pourtant quand on vient d'échapper à la mort on retombe en enfance :
- Ne me lâchez pas, ne me lâchez pas !
- C'est fini, tu es sain et sauf, gamin, sourit-elle idiotement.
L'immortelle pouvait tuer n'importe quel homme si elle avait trop faim et que par un fâcheux concours de circonstances, elle avait fait vache maigre depuis trop longtemps. Mais ce garçon-là n'aurait pas pu mourir ce soir aussi bêtement. Elle fonctionnait ainsi depuis des centaines d'années sans y voir la moindre contradiction.
Les parents apparurent au rez de chaussée. L'image qu'elle n'avait pas eu le temps d'assimiler tout-à l'heure revint à la vampire : le même homme taché et obèse, braquant son arme sur la tête du garçon. La femme se mit à hurler sur son fils, tout aussi grasse et répugnante :
- Sloan, rentre tout se suite à la maison, tu es privé de télévision !
Mais l'enfant en avait trop vu et subi au long de sa courte existence. Ce soir-là il refusa d'obéir à sa mère.
- N... Non ! Maman, se radoucit il aussitôt, je peux aller dormir chez Claudia, ce soir ?
- Tu contredis ta mère, rugit l'homme, pour qui te prends-tu ? Viens ici chercher ta gifle, sale garnement de malheur !
Shalimar passa devant leur fils, de plus en plus dégoûtée, pour gronder, les sourcils froncés :
- Je vous ai vu le menacer d'une arme, il vous prend pour le sale type que vous êtes, assurément.
L'homme se jeta sur la vampire qui machinalement, lui enfonça le genoux là où il fallait pour qu'il se roule en boule en appelant sa mère. La bonne femme tenta de retrouver une contenance :
- Allez viens, Sloan, ça ira mieux demain, va.
- Chaque fois vous dites ça, assura leur fils, tendu. Chaque fois vous dites ça !
Cette fois les sanglots emplirent sa voix. Par réflexe, quoique n'ayant jamais eu d'enfant (elle était stérile, de par sa nature), la chasseresse se pencha pour enlacer le garçon. Il se laissa faire, ce qui l'étonna un peu. Elle se durcit encore, à l'encontre de ces gens qui voulaient le briser. Puis elle étudia l'homme qui se relevait tout juste.
- Je l'emmène faire un tour, quand il sera calmé je vous le ramènerai, promit-elle aux parents.
Elle tourna les talons. Elle partit à grandes enjambées, tenant la main de Sloan, qui se hâtait contre elle, comme s'il l'avait toujours connue. Elle baissa les yeux, songeant qu'il avait de la chance d'être tombé sur elle. Le chef de meute de l'immortelle n'aurait pas voulu que du bien dans le geste qu'elle venait d'avoir. Mais comme elle l'avait prévu, le père une fois remis s'élança derrière eux.
- Ne me lâchez pas, lui demanda le garçon en regardant l'homme dégoûtant rugir à quelques mètres.
Ce fut le déclic. Il ne rentrerait plus jamais chez lui, décidai alors Shalimar. Elle se retourna juste à temps pour balancer sa jambe à la figure de son père. Il s'effondra et la mère poussa un hurlement d'animal battu. L'immortelle tendit la main au gamin :
- C'est toi qui choisis, sourit-elle. Tu as aussi le temps de revenir sur ta décision demain et tous les autres jours.
Il n'hésita pas. Lorsque sa mère arriva puis se pencha sur l'homme qu'elle aimait étrangement, il répéta, assuré, sans cesser de soutenir le regard sombre de l'immortelle :
- Ne me lâchez pas.
Elle prit sa main et tourna les talons.