manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Il fit rouler son fauteuil pour la regarder chercher le numéro de son patron et lui téléphoner. Vampire lui aussi, il allait avoir droit à tous les mensonges possibles jusqu'à ce qu'elle récupère un brin de cette fichue vie qu'on lui enlevait peu à peu.
- Bonjour, Monsieur, c'est Shalimar Desmond, écoutez, je suis vraiment désolée...
- Je vais raccrocher, vous êtes renvoyée, je ne changerai pas d'avis.
Pourtant elle sentait dans sa voix qu'il était mal à l'aise. Elle était la femme de Sofiane. Il devait faire attention à ce qu'il déciderait. Le chef ne le sanctionnerait pas s'il demeurait juste avec elle. Mais encore fallait-il qu'il fasse parfaitement attention à ce qui l'était et à ce qui ne l'était pas.
- Attendez ! J'ai été victime des chasseurs. Ils m'ont exposée au soleil. Je suis brulée atrocement. Je viens juste de revenir à moi. D'abord j'ai été inconsciente, puis la douleur m'a rendue à moitié folle. Et Sofiane n'a pas pensé à vous appeler, il avait d'autres chats à fouetter.
Elle était consciente qu'elle n'avait pas à mentir sur ce que faisait ou ne faisait pas son chef de meute. Mais quelque chose lui disait qu'il attendait d'elle qu'elle récupère son poste. Pour autant, elle fut surprise lorsque le vampire lui prit l'appareil des mains. Il conta tout bêtement la réalité. Lorsqu'il raccrocha, il annonça que c'était bon, elle avait récupéré son travail.
Elle pleura à cause de l'émotion. Immédiatement elle rattrapa son retard. Quand elle eut terminé le blond vampire jeta près d'elle deux projectiles et elle hurla de surprise. Elle se maudit de tant d'émotivité, mais elle comprit que ce n'était pas si étrange. Elle fixa les feuillets puis s'aperçut que c'étaient des tickets. Deux places pour une pièce à l'opéra. C'était pour le lendemain soir. Elle leva les yeux sur les siens et sa colère lui donna le frisson.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Murmura-t-elle.
- Quand je les ai achetées je pensais que ce soir je devrais y aller tout doucement pour te convaincre que tu n'aurais pas le temps le lendemain d'aller voir Sloan. Tu aurais fini par céder et tu aurais travaillé avant de te coucher. J'aurais lu par dessus ton épaule tes réponses déjantées à des femmes imbéciles. Le lendemain je me serais réveillé entre tes bras ; tendue, tu ne m'aurais pourtant pas chassé, et comme tous les soirs je t'aurais admirée pour ça. On serait allés voir Sloan ; puis comme tous les jours je me serais félicité de ne pas avoir recommencé à travailler pour t'aider à gérer tout ça. Le soir j'aurais été fier à tes côtés lors de la fameuse soirée que j'avais préparée. Tu as foutu tout ça en l'air.
Résigné il prit une veste. Elle ne comprenait rien. Il avait fourni trop d'informations dont elle ne soupçonnait rien jusqu'alors. Elle ne prit pas le temps d'analyser ce qu'il venait de dire. Elle courut au plus pressé. Elle sentait que s'il partait, quelque-chose de regrettable allait arriver. Quelque-chose d’irrattrapable.
- Où vas-tu, Sofiane ? Le questionna-t-elle d'une voix qu'elle tâcha de maîtriser.
- Faire une tournée des bars pour faire souffrir des femmes, ça fait bien trop longtemps que je ne m'y suis pas amusé.
- N'y va pas.
Quoi qu'il eût répondu, c'est ce qu'elle aurait supplié. Mais ce qu'il venait de dire lui faisait peur. Elle ne prit pas non plus le temps de comprendre dans quelles mesures.
- Pourquoi, pour écouter ton silence et étouffer près d'une loque dans mon propre appartement ?
Elle inspira profondément. Le ventre noué, il lui semblait que s'il sortait seul ce soir-là il ne me reviendrait jamais.
- Allons danser, tu aimes danser, Sofiane ?
Malheureusement sa voix tremblait trop pour produire l'effet escompté.
Il fit non de la tête et sortit de chez eux. De chez lui, se reprit-elle. Tremblante elle s'assit pour travailler puis lut. Ensuite, elle joua à la console. Cette activité la captiva un peu. Elle comprenait mieux pourquoi Sofiane, du haut de ses multiples centaines d'années d'existence, aimait jouer à la console. Dotés de meilleurs réflexes et d'une rapidité fantastique par rapport aux humains, il était grisant pour les vampires de voir leur personnage voler d'une étape à l'autre. Lorsqu'elle eut terminé ce jeu-là, elle trouva la suite dans son papier d'emballage. Lorsque les étoiles du succès scintillèrent la clef joua enfin dans la serrure. L'aube était proche, réalisa-t-elle. Elle se leva nerveusement pour fermer les rideaux. Lorsqu'elle posa enfin les yeux sur le vampire, un vertige la saisit. Le regard fou, il était ivre. Il en fallait tant pour enivrer l'un des leurs qu'elle se sentit presque admirative. Pourtant ses mouvements restaient gracieux lorsqu'il lui ordonna :
- Viens au lit, Shalimar.