manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Le destin des immortels - nouvelle publication
- Tu n'as jamais repris le travail, finalement.
- Non, en effet.
- Qu'est-ce que tu faisais de toutes tes journées, alors ?
Il se leva et lui tendit une jolie boite en fer. Elle l'ouvrit et sa respiration se coupa. Le premier papier était une lettre : « Hey, hey, hey, j'ai réussi à plaquer Claudia. On buvait un verre et j'étais en train de la comparer à toi sans même m'en apercevoir. Elle est fade en tous points, et aucune magie ne se dégage d'elle. Qu'est-ce que tu en dis, Shalimar ? Bon sinon j'ai remonté en Maths, du coup je crois que je vais peut être avoir mon année. En philo tu te souviens le sujet c'était Le devoir et l'autre ? J'ai eu treize, les autres sont morts de jalousie. Sinon Yael devient relativement insupportable à propos de Jenn, mais Mattin et Gregoire sont toujours aussi cool. On va sortir samedi, je te raconterai. Oh et on assure trop en foot, tu serais fière de moi. Voilà. Pourquoi tu ne m'écris plus ? Quand est-ce que je te revois ? Hé ne me lâche pas ! Bisous, Sloan. »
Elle leva un regard trempé de larmes sur le vampire.
- Tu suivais le gamin tout seul depuis tout ce temps ?
Il hocha la tête, l'air neutre.
- Mais pourquoi tu as fait ça ?
Le reproche vibrait dans sa voix. Ainsi que l'inquiétude. Le jeune humain était-il vivant, alors ?
- La suite du feuilleton me manquait, répondit-il, désinvolte.
- Tu aimes bien Sloan, toi aussi, déduisit-elle lentement. Pourquoi ne pas l'avouer ?
Elle tentait bien sûr de prêcher le faux pour avoir le vrai. C'est alors qu'elle ne put plus attendre.
- Est-ce qu'il est vivant, Sofiane ?
Elle se demanda pourquoi elle n'avait pas posé la question des années auparavant. Elle se rappela qu'elle avait eu peur de forcer le destin. Quelque part, il lui avait semblé que le mieux pour la survie de Sloan était de prouver à son chef de meute, du mieux qu'elle en était capable, qu'elle renonçait à l'humain. Il ne répondit pas, alors une fois encore, elle préféra ne pas insister. Elle prit une autre missive, la précédente, vraisemblablement : « Coucou, là c'est la galère avec Claudia. Il y a quelque chose qui ne colle pas, sans que je sache quoi exactement. Tu crois que je dois la quitter ? On vient d'avoir un contrôle en Maths, je crois que je vais encore me ramasser, si j'ai encore deux je n'aurai pas mon année. Tu crois que je vais y arriver ? Il me tarde d'avoir ma note de Philo, j'ai adoré le sujet, mais bon je ne vais pas encore t'en parler, sinon tu vas t'endormir. Yael a enfin parlé à Jenn, on attend la réponse. Avec Gregoire et Mattin on le taquine, mais elle est drôlement belle, Jenn. J'aimerais en avoir une comme ça. On a trouvé un nouveau jeu de cartes, le tarot. On y passe des heures la nuit, mais comme tu n'es plus là pour le voir, personne ne m'encourage à me coucher tôt. Tu vois tu as déjà commencé à me lâcher. Pourquoi tu ne me réponds plus ? Quand est-ce que je te vois ? »
Les autres mots, par dizaines, la firent beaucoup pleurer. Sloan n'avait jamais cessé de croire qu'elle lui réécrirait un jour, qu'ils se reverraient. Il l'adorait toujours.
- A quoi est-ce qu'il ressemble maintenant ? Interrogea-t-elle enfin l'immortel.
Sa voix sonnait comme une supplique. Elle se laissait aller. Ce n'était pas digne d'un vampire. Mais ces temps-ci, elle avait appris à se pencher pour ne pas tomber. Elle le regrettait, songea-t-elle avec amertume.
- Il est couvert de boutons, mais sinon il est beau garçon. Il n'a pas trop changé depuis que tu l'as vu, cela ne fait pas si longtemps.
Cela faisait neuf ans, elle les avant comptés malgré elle. A elle cela lui avait paru une éternité, mais elle se garda de le préciser. Il était vivant, il lui semblait qu'elle pouvait le déduire de l'attitude de Sofiane. Le flot de ses larmes redoubla pendant un court instant. Puis elle cessa brutalement de pleurer. Ça irait, finalement. Elle récupéra la maîtrise d'elle-même.