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Le destin des immortels - nouvelle publication
Elle s'éloigna mais maudit son ouïe sur-développée lorsque de loin elle l'entendit murmurer :
- Ne me lâche pas, Shalimar...
Dans un coin elle se changea en chauve-souris et se percha à la sortie de l'établissement. Mais bien vite les ennuis arrivèrent en meute. Quatre chauves-souris se posèrent près de l'immortelle. En langage de rongeur elle lança :
- Salut les gars, comment ça va depuis le temps ?
- Tu ne sais même pas qui on est ! S'esclaffa un type. On est venus te signifier que Sofiane veut te voir tout de suite.
- Dis-lui que j'arrive dès que je peux, pas comme l'autre fois, promis.
Le gamin sortit en la cherchant des yeux et suivit la femme dans une voiture. Shalimar plongea et s'accrocha à l'antenne. Ça allait trop vite pour ses congénères, surpris par la manœuvre. Toute la journée elle suivit Sloan, de plus en plus déprimé par les démarches et la solitude. Plus les heures passaient plus elle avait conscience qu'une fois encore elle allait manquer à sa parole envers son chef de meute.
Sofiane était le chef des vampires. Ils n'étaient pas si nombreux en ville, peut-être une petite centaine à tout casser. Elle n'aimait pas être en clan. Après, tout de suite, on vous mariait de force pour former des couvertures, et cela ne lui disait rien de respecter les codes de la meute. Alors Shalimar avait un arrangement avec Sofiane. Elle vivait sa vie mais elle respectait les codes les plus importants. Comme par exemple ne pas se dévoiler à un humain. Elle était surveillée, elle le savait. Il avait probablement eu vent de ce qu'il lui arrivait. Elle allait négocier mais d'abord elle devait savoir où on placerait le gamin. Enfin la journée s'acheva et il fut mené à un genre d'internat. Shalimar le suivit jusque devant sa chambre mais sortit par une fenêtre. Elle ne pouvait pas se présenter à lui maintenant en reprenant forme humaine, elle n'avait rien à se mettre.
Une fois dehors et bien il lui fallait des vêtements. Shalimar se cacha sous sa forme humaine et dès qu'une femme arriva assez près elle l'hypnotisa pour qu'elle lui donne les siens. Parfait, maintenant elle était habillée. Elle n'avait plus qu'à traverser la ville pour retourner voir Sloan. Mais évidemment en chemin deux hommes et une femme se mirent au travers de sa route. Shalimar fixa une grosse goutte de pluie rouler le long de la tempe d'un des hommes, en cherchant une solution qu'elle ne trouva jamais.
- Sofiane t'attend toujours, dit celui-ci d'un ton intraitable.
- Comment vous faites, s'emporta-t-elle pour gagner du temps, vous m'avez posé un radar, c'est cela ?
- On est nombreux, sourit gentiment la femme.
Shalimar ne se sentit pas charmée par sa sollicitude. Elle savait que pour finir, elle serait traînée devant son chef. Ce qui se révélait toujours douloureux.
- Dites-lui que j'arrive, je n'ai plus qu'une seule chose à faire et j'arrive, tenta-t-elle encore.
Mais elle n'avait aucun espoir que cela fonctionne. Elle évalua ses chances de s'échapper. Mais au regard de la configuration des lieux elles seraient forcément nulles.
- Nous avons ordre de te ramener consciente ou non, et tout de suite, conclut l'homme qui n'avait pas encore parlé.
Elle pensa finalement à se battre. Mais elle ne ferait pas le poids. Chaque vampire était à peu près égal en combat, ils n'avaient plus aucun novice depuis des années, d'après ce qu'elle savait. Ils étaient trois, elle ne s'en sortirait pas seule. Elle les suivit à regret, se promettant de rejoindre Sloan même à cinq heures du matin. La soirée était encore jeune lorsqu'elle entra dans l'ascenseur avec les trois vampires. Elle y arriverait.
Ils s'effacèrent dès que Sofiane ouvrit la porte, ce type faisait peur à tout vampire ayant toute sa tête. C'était le plus vieux d'entre eux, et il n'y avait que les humains pour croire qu'il avait quelque chose d'un homme. Sa peau ambrée tranchait avec ses cheveux presque blancs, qui tombaient en cascades jusqu'à la chute de ses reins musclés. Ses yeux d'un gris trop foncé n'imitaient même pas ce qui pouvait exister dans la nature. Il était magnifique, certes, mais dès que vous vous trouviez face à lui vous saviez que votre vie ne tenait qu'à un fil. Pourtant jamais Shalimar ne l'avait montré, et elle ne commencerait pas ce soir-là :
- Salut, pour moi ce sera un punch maison, tu les fais toujours aussi bons ?
Il lui indiqua de le suivre et elle s'assit au bar tandis qu'il sortait du frais une carafe stylisée dont il lui versa un verre avant de s'en servir un aussi.
- Santé, sourit-il.
Elle trinqua, prête pour la bataille.