manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Résumé du péché pour leur vie.
- Je rentre chez moi.
- Je crois que nous ne nous sommes pas compris, répliqua-t-il. Il n'y a que deux options. Vous restez de votre propre gré, dans cette hypothèse je vous trouve une fonction en ces murs. Ou alors vous refusez et vous restez enfermée ici.
Je fermai les yeux, le temps de faire le point. Mais ce fut vite vu.
- Vous ne pouvez pas m'enfermer, je deviendrais folle. Je suis déjà trop vielle pour ce monde, je m'y sens déjà à l'étroit. Je m'étourdis de richesse ainsi que de danger, pour berner ma claustrophobie. Je mourrai d'ennui, enfermée ici. Par-dessus tout, Prince n'est pour rien dans tout cela. Quoi que vous fassiez de moi, vous devrez le relâcher.
- Alors restez de votre propre gré, ainsi tout le château sera vôtre, et je vous emmènerai tous deux faire ce que vous aimez, quand j'en aurai le temps.
- Macho, souris-je. Et je ferai la vaisselle toute la journée ?
- Non, répliqua-t-il, prudent.
Il réfléchit un instant.
- Vous donnerez des cours à ma fille Léila, je n'ai pas confiance en ton professeur, ma douce.
- Je peux réfléchir ? Questionnai-je. Je suis perdue, je l'avoue.
- Bien-sûr, sourit il. Allons dîner, et après une bonne nuit de sommeil vous y verrez plus clair.
Soudain nos rapports avaient basculé. Je n'étais plus la captive que l'on pressait comme un citron, mais l'invitée choyée. Je bus dans un verre de cristal, je ris avec Kenzo des amours naissants de sa fille, puis je me fis aussitôt l'avocat de Diable, elle avait l'air drôlement sincère, tout de même. Ensuite j'appris que Lorenzo n'était pas vraiment le conseiller du roi, c'était sa fille qui tenait ce rôle, le soldat n'étant que le bras armé de la couronne.
Enfin je demandai à prendre l'air, il y avait trop longtemps que je n'avais pas goûté aux rayons de la lune sur ma peau. Le monarque m'observa gravement avant de noter qu'il ne voulait pas avoir à se mordre les doigts pour un accès de mansuétude malheureux. Je le regardai droit dans les yeux et maladroite, posai les deux mains sur ses larges épaules.
- Écoute moi bien, roi des loups.
Il sourit.
- Aujourd'hui j'ai compris que tu voulais mon bien. Certes tu me garderais ici contre mon gré si je refusais l'autre option, mais celle-ci m'a touchée, tu me fais confiance au point de me confier ta fille. Alors peut-être que je refuserai, et alors, oui, je tenterai de m'échapper. Demain. Ce soir je veux juste prendre l'air, peux-tu m'accorder ta confiance pour un soir ?
J'aurais bien noté à voix haute qu'il avait frissonné au contact de mes doigts sur lui mais je me retins de le faire.
- N'ayant pas une âme pure, la tentation est grande, Callista, de vous opposer un refus.
Il me jaugea un long moment.
- Ouvrez les portes sur le jardin, ordonna-t-il à un garde.
Je n'y avais pas cru mais il l'avait fait. D'abord je me contentai de rester aux côtés du père et de la fille, mais bientôt, je n'en pus plus.
- Attention, Kenzo, je vais courir, lui glissai-je. Je reviens.
Sans regarder leur réaction, je coulai un regard à Prince. Il hocha la tête. Je montrai trois doigts, puis deux, et un... Il fonça, mais je m'élançai avec lui. Le parc était grand, et nous nous en donnâmes à cœur joie. Peut-être courûmes-nous une heure, en larges cercles autour du château. Enfin la panthère stoppa ; je me jetai au sol pour une suite de roulades échevelées avec elle. Je riais aux éclats, ce qui permit peut-être à Léila et son père de me retrouver, car ils étaient près de nous soudain. Nos jeux, à Prince et moi, durèrent encore des heures, sans jamais plus croiser le roi ni sa fille, ils avaient dû rentrer.
Mais soudain je sentis le danger. Je me relevai pour humer l'air. Mais le bruit seul m'avertit de ce qui arrivait. Une meute de monstres courait sur nous. Je me tournai mais ne vis pas trace de Kenzo ou de sa fille. Enfin je vis les lycans, chauves créatures voûtés, foncer vers nous, une bonne douzaine. Fonce, hurlai-je à Prince, ainsi nous gagnâmes à toutes jambes les portes par lesquelles nous étions arrivés. A la volée j'ouvrais les portes les unes après les autres. Il n'y avait personne dans ces maudits couloirs. Les monstres gris n'étaient plus très loin, quelques mètres, au maximum. J'aurais pu me changer en chauve-souris, mais Prince n'était pas encore assez habile pour le faire sans s'arrêter de courir. Nous gravîmes des dizaines de marches, je savais où était je roi, je le sentais, cette odeur tellement particulière, envoûtante, d'homme viril. Je bénis mes sens tellement développés. Je hurlai comme une damnée que j'étais, pour l'avertir de loin, aussi sortit-il de la chambre, nu comme un ver, trempé. Il avait dû penser avoir le temps de prendre une douche avant de nous récupérer, Prince et moi. Belle preuve de confiance, mais en l'occurrence cela avait été malheureux. Je me jetai à son cou, avec le réflexe débile de la femme en danger. Je hurlai à Prince de rester derrière le roi. Enfin la meute stoppa, la bave aux lèvres, grondant d'une seule voix.