manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Résumé du péché pour leur vie.
Elle soupira tandis que je me lavais les dents. Pourquoi Kenzo avait-il obligé tout le château à assister à ce foutu mariage ? Bon, d'accord, c'était parce-que tous ses sujets étaient là. Allez, me dis-je, on lève la tête, et on y va. Je me penchai pour rendre de nouveau un flot de bile. Seigneur !
Mais lorsque la porte s'ouvrit mon ventre se contracta tellement que je sus que c'était la dernière fois que je rendais de la bile. Le roi lui-même venait me chercher. Et il était de mauvaise humeur.
- Cesse cette comédie... D'accord, ce n'est pas une supercherie.
- Tu as cru qu'on te mentait ?! S'insurgea sa fille. Sors, d'ici, tu me portes sur les nerfs !
La gifle de Kenzo fut magistrale. Super, maintenant non seulement je puais, mais j'avais une jeune femme contre mon corsage dégoulinant de sueur qui rendait toutes les larmes de son corps. Son père secoua tristement la tête en caressant son dos. J'étais épuisée, comme la princesse des loups.
- Je... Nous vous attendons. Vous n'allez pas me laisser me marier sans demoiselles d'honneur, si ? S'attendrit le monarque.
Il s'apprêtait à sortir, mais Léila toujours nichée contre ma poitrine, je le retins spontanément. Je ne savais pas que lui dire mais il me sembla que c'était maintenant, ou jamais, qu'il fallait dire quelque chose.
- Kenzo... Es-tu bien sûr ? Je veux dire, une traitre de plus, à quoi bon ? Tu as déjà des soldats valeureux pour te protéger... Et tu m'as moi. Pour me battre. Tu n'as pas besoin d'un tel pacte.
- Ce ne sont pas des raisons valables, articula-t-il lentement. S'il n'y a que cela je dois à mon peuple d'essayer. Pour la paix.
Un ange passa. Je massais le dos de la jeune femme dont la crise de larmes se calma ; elle finit par se retourner pour embrasser son père.
- Tu es magnifique, renifla-t-elle.
- Merci, ma puce. Allons-y. Je ne cracherais pas sur des alliées, au lieu de me disputer avec vous.
C'est alors que je réalisai que nous étions les seules personnes qu'il aimait en ces murs. J'étais ridicule, bien-sûr qu'il lui fallait des alliées. Une partie de moi s'en fichait pas mal, il allait en épouser une autre ! Allait-il aussi lui lancer le genre de regards qu'il m'adressait en ce moment même ? Ses yeux courraient ils malgré lui sur son corps, comme à présent sur le mien ? Sa voix serait-elle si sensuelle, quand il lui dirait n'importe quoi à l'oreille, comme nous le faisions parfois ? Qu'importe, ça y était, nous étions dehors – il ferait bientôt nuit, une attention qui m'était destinée. Le ciel rougeoyait encore un peu, comme un mauvais présage sur cette union maudite. Les intimes avaient des chaises, mais les portes du château avaient été ouvertes, ainsi le peuple était-il partout. C'était oppressant. Les loups-garous étaient nombreux. Très nombreux.
Mais bientôt mes yeux tombèrent sur la gamine. Car c'en était une. On aurait dit une poupée de porcelaine. Oh non... Elle était jolie. La jeune vierge offerte au puissant roi, voilà à quoi me fit penser la scène. J'eus un haut le cœur... Non, je ne pouvais pas encore rendre de la bile.
Pour ne plus voir la petite blonde aux yeux noisette, Tarah, d'après ce qu'on m'avait dit (bon sang elle n'avait même pas encore de formes féminines ! ), je lorgnai vers sa famille. L'homme était imposant, un vrai chef. Il semblait très satisfait de lui, mais rien ne prouvait qu'il fut malhonnête. La mère discutait avec une autre femme, très enthousiaste. Certes, le roi des loups était bel homme avec ses mèches rebelles aux multiples reflets, ses traits virils et bien dessinés, et surtout ses yeux dorés, ensorcelants. La lune blanchissait à présent la scène, comme pour y ajouter une pureté artificielle.
L'homme, je l'appelle ainsi car je n'ai aucune idée de ce qu'il était, mais certainement pas un maire, vue l'heure tardive, et encore moins un prêtre, lisait le code civil. Mais ensuite on ne demanda pas si on avait des objections, et on ne demanda pas aux époux s'ils voulaient se marier ou non. Ils furent mariés, point barre. Un moment de flottement eut lieu ; je compris au regard égaré de Tarah que tout le monde attendait que Kenzo daigne se baisser pour embrasser la mariée. Oui, je n'avais pas fait attention car les vampires, moi y compris, sont grands, mais je m'apercevais que même par rapport aux parents de la mariée, il était grand, alors imaginez par rapport à son épouse. Impassible, il devait lui faire peur ; j'eus un moment de pitié pour elle. J'étais près de lui, en tant que demoiselle d'honneur. D'un chuchotement je lui glissai :
- Embrasse-la, la pauvre.
Il sursauta, me coula un regard neutre et effleura ses lèvres des siennes. La demoiselle aurait sans doute fondu en larmes, si elle l'avait pu, mais elle devait être forte, sans doute ses parents le lui avaient-ils répété des dizaines de fois. Je suppose que chacun entendit mes entrailles protester, du reste, les lycans partageant avec les immortels une ouïe surprenante.