
- Tu désires quelque chose mon ange ?
La voix de son époux brisa sa transe mais son corps refusait toujours de lui obéir. Elle murmura comme un vœu pieu
- Non, je vais te laisser.
Pourtant malgré toute sa volonté aucun de ses membres ne semblait prêt à bouger. Etanne la regarda n’esquisser aucun mouvement alors il commença à s’approcher d’elle, il allait jouer.
- Tu es sûre mon ange ?
Bougeant avec une grâce volontaire il s'était approché d'elle, maintenant il n'était plus qu'à un frôlement d’elle. Mais lorsqu'elle leva les yeux vers lui il fut soufflé, jamais il n’avait vu une joute aussi puissante entre la raison et le désir. Il fut flatté d’être le centre de ce déchirement sans pour autant comprendre la bataille que menait sa femme contre elle. Doucement elle leva ses mains et les posa sur le torse de son époux. Non criait sa logique à son corps, je t’ai dit de t’enfuir pas de toucher ! Vas-tu m'obéir ? Siléa sentait qu’elle était en train de perdre. Comment pourrais je perdre contre moi-même ? depuis quand un démon a-t-il autant de pouvoir sur moi ? Jusque là elle avait toujours vécu dans la rigueur. Cette discipline de soi lui avait valu sa rapide ascension au sein de l’administration militaire. Alors pourquoi aujourd’hui je n’arrive plus à me contrôler ! Quel est ce don qu’il exerce sur moi. De rage la jeune femme laissa couler des larmes alors que doucement elle appuyait sa tête contre la poitrine nue d’Etanne. Le garde lui caressa les cheveux, il ne pouvait rien faire, c’était un combat qu’elle devait mener seule. Il aurait très bien pu s’en aller, mais la situation se reproduirait, ils vivaient ensembles, ils dormaient dans le même lit. Si l’ange devait se rebeller contre désir qu’il lui inspirait, autant le faire maintenant même s'il ne saisissait pas toutes les raisons de cette lutte. Essoufflée par son acharnement à se résister, sa compagne finit par se dévoiler :
- Je ne peux pas, je n’ai pas le droit de te toucher. Un jour tu tomberas amoureux et ce jour là tu pourras me renier pour faire ta vie avec elle, en attendant tu ne m’appartiens pas.
Cette excuse, les larmes qui coulaient sur son torse, la douleur provoquée par la trahison d’un ami, tous cela se cumula provoquant la colère du garde. Il la saisit par la taille, la souleva et la plaqua au mur. Par réflexe la jeune femme enroula ses jambes autour de ses hanches. Sans un mot, il l’embrassa. Il savait que l’oubli ne se trouvait pas dans le corps de cette femme, mais il voulait quand même y plonger. Siléa abandonna. Dés l’instant où elle avait poussé la porte elle avait perdu. Plus sauvagement qu’ils l’auraient tous les deux voulu leurs corps se cherchèrent et se trouvèrent, les vêtements déchirés volèrent à travers la salle de bain, et bientôt les caresses précises d’Etanne firent pousser des soupirs à l’ange. Mais quand il voulut réunir les deux corps elle le bloqua dans un dernier sursaut de volonté.
- Etanne arrête, ce geste n’est pas anodin pour moi. Si tu fais ça tu deviens mon mari, si tu fais ça tu fais de moi ta femme.
Elle le regardait dans les yeux. Il fallait qu’il comprenne ce qui allait se passer. Ce n’était pas un petit jeu, elle n’était une de ses conquêtes qu’il pouvait allonger sans conséquence. Etanne la regarda sans trembler.
- Je le sais petit ange, mais pour moi ça fait longtemps déjà que nous sommes mariés. Doucement il la prit dans ses bras faisant attention à son bras blessé. Il la porta dans le lit et l’aima tendrement cette fois. Il était tard quand Siléa lui demanda d’arrêter, elle venait de réaliser qu’elle était seule à prendre du plaisir.
le prisonnier de l'ange 113