manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
« Qu’est ce que j’ai fait » se demanda la louve les yeux rivés sur la trace ronde qu’avait laissé le coup. « Qu’est ce que j’ai fait ? » cette question tournait en vain dans sa tête, puis tout lui revient, les mots de Naël la percutèrent claquant contre l’aphasie de la pièce. « je lui ai fait mal » répondit-elle enfin, mais sa douleur à elle qui s’en souciait ? Sa souffrance d’être vie après vie rejetée, est ce qu’il la connaissait ? Elle qui était la gardienne de ce monde mourant, la gardienne de cette histoire d’amour qui ne fonctionnait pas, est ce que quelque un dans ce monde savait sa peine ? Non, personne, personne n’imaginait combien il était difficile de protéger un univers qui se complet à se détruire, personne ne concevait combien il était dur d’être la seule à se souvenir qu’elle avait été heureuse avec cet homme ! Personne ! Elle avait fuit, certes mais qui pouvait lui reprocher ? Qui osait ? Trois vies durant elle avait essayé de le séduire, trois vies durant il avait repoussé ses assauts, asservie son amour, raillé ses sentiments. Nous sommes liés lui criait-elle, il se gaussait, son rire s’envolait couvrant sa peine d’un suaire de haine. Alors oui elle avait abandonné toutefois comment lui reprocher quand cette relation ne menait qu’au supplice. Mais encore une fois elle était la seule à s’en souvenir. « Larifa, hurla-t-elle seule dans la chambre, regarde ton œuvre cruelle déesse, admire et réjouis toi, te voila servie », elle n’attendait pas de réponse. Ses forces l’abandonnèrent tandis qu’elle pliait sous le poids de ces interrogations, mais alors que la fièvre l’entraînait dans l’inconscience elle entendit la déesse lui répondre « Ne te plains pas petite louve, j’ai été bien plus cruelle avec Névaé, nous avons tous été bien plus cruels avec elle. Ton calvaire touche à sa fin, le sien commence ».
Naël quitta la pièce avant de commettre l’irréparable, profitant de l’ultime obscurité de la nuit il alla se réfugier dans le jardin. Tout s’expliquait, enfin les questions qui le tourmentaient depuis l’enfance trouvaient leur réponse. Pourquoi se sentait-il toujours incomplet, toujours diminué ? Pourquoi ce vide impossible à combler ? Pourquoi ne pouvait-il pas tisser de second lien ? Pourquoi cette vie lui semblait-elle si insipide ? Il avait trouvé la clé, résolu tous les mystères qui l’entouraient et même trouvé une solution aux questions qu’il ne s’était jamais posé. Pourquoi vivre ? Pourquoi les femmes ne m’intéressent-elles pas ? Pourquoi suis-je incapable d’aimer ? Tous ces manques étaient enfin comblés, il devrait s’en réjouir mais pour l’instant seule une colère froide, implacable le dominait. Il l’aurait tuée, s’il n’était pas sortit de la pièce il l’aurait rouée de coups jusqu’à ce qu’elle cesse de respirer et même après. Sa soif de sang rugissait dans ses entrailles, elle exigeait la mise à mort de celle qui lui avait tout pris, de la cause de son enfer. Il resta ainsi quelques minutes, ressassant sa fureur qui ne cessait de enfler. Sa colère se nourrissait de sa colère et enfermé dans cette spirale infernale Naël songea un instant à la rejoindre pour finir le travail. Une rage froide lui dévorait les entailles, cloîtrait son âme et anéantissait sa volonté. Une petite voix fragile tentait pourtant de tracer un chemin jusqu’à son esprit. « Elle n’est pas la seule fautive » affirmait-elle, il la repoussa. Il était sur le point de mettre son plan à exécution lorsqu’une légère brise lui caressa le visage, une effluve d’air salé le ramena instantanément à son enfance, aux châteaux de sable faits avec sa mère toujours loin de l‘eau si dangereuse mais si belle, les repas de crustacés artificiels faits rieur sur la terrasse, les aquariums de monstres marins qui possédaient une colonie d‘homme des mers, tous ces instants passés où il était heureux sans jamais l‘être totalement. Puis il se vit ailleurs, dans une autre enfance sur un bateaux jouant aux dès avec des moussaillons