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Le lendemain après avoir révisé pour l'examen, il se retrouva donc à la présenter à Lady-Faith.
- Elle est magnifique ! S'enthousiasma-t-elle.
Le lycaon adressa un clin d'œil spectaculaire à l'animal, qui resta impassible.
- Tout le monde ne peut pas se vanter de recevoir tous les jours ce genre de compliments.
- C'est qu'il serait jaloux, se moqua-t-elle. Toi aussi, minauda-t-elle faussement, tu es très joli, Sloan.
Il s'apprêta à parler, mais laissa un silence les interrompre. Tel qu'escompté, elle parut mal à l'aise.
- Merci, Kaitleen, tout de suite je me sens nettement mieux.
- Heureuse de t'avoir fait plaisir, répliqua-t-elle en roulant des yeux.
Il songea qu'en peu de temps elle s'était détendue vis-à-vis de lui, et que c'était agréable. Finalement elle avait une répartie tout à fait plaisante.
- Est-ce que Sofiane et Shalimar vont venir nous saluer ? Demanda-t-elle soudain, de nouveau nerveuse.
- Non, ils ne sont pas là, fit-il en harnachant la jument rustique. Ils sont déjà partis. Je vais t'aider à monter, viens par là.
Il se positionna en ce sens, mais elle se déroba. Il avait été un peu brutal, il s'en rendit compte. Il avait parlé sèchement. Sofiane et Shalimar représentaient pour lui un échec. Cela le mettait en colère.
- Je préférerais te regarder d'abord, pour voir comment ça se passe.
Elle avait parlé lentement, comme si elle construisait cette excuse à mesure qu'elle la verbalisait.
- Comme tu voudras, Kaitleen.
La jument était un peu plus nerveuse que d'habitude, depuis qu'il était lycanthrope. Mais elle avait peu à peu repris confiance en lui. Il monta en selle, souplement. Puis il laissa la laissa fuir le cavalier inquiétant qu'il était. Enfin, il revint près de la rouquine. Lady-Faith respira fort encore un moment, puis elle recouvra un calme apaisant.
Sloan ne quitta pas des yeux la louve rousse, alors qu'il libérait un étrier et lui tendait la main en l'invitant d'un signe de tête. Gravement, elle l'attrapa de ses doigts moites. Elle parvint à se hisser derrière lui grâce à l'étrier offert. Il les lui laissa tous deux puis repartit en un pas rapide. Il avait songé à lui proposer de s'accrocher à lui mais après le trouble de la veille, il n'était plus sûr d'en avoir envie. En passant au trot ses deux bras se refermèrent pourtant autour de son torse. Aussitôt l'élancement dans son bas ventre le reprit, profond, en même temps qu'il se rappelait la scène de la veille. Il secoua la tête puis passa au galop. Elle poussa un cri mais se maîtrisa aussitôt, même si maintenant ses mains étaient solidement agrippées à son corps musclé.
Lorsqu'un moment après ils repassèrent au pas avant de s'arrêter, il en était toujours ainsi. Il se tourna pour se moquer de sa panique muette, mais se retrouva si près d'elle que leurs visages se touchèrent presque. Il se retrouva à une poignée de millimètres de ses lèvres entrouvertes. Il fronça les sourcils. Une image de Shalimar sur cette même selle en cuir traversa ses pensées. Il se retourna et descendit de cheval, avant de lui faire signe de la tête de le rejoindre en bas.
- Merci, fit elle la voix tremblante d'émotion.
Il sourit puis lui tourna le dos, pour s'occuper de ce qu'il y avait à faire pour l'entretien de la jument. La rouquine l'aida. Mais tourner autour de la maison vide rendait Sloan tour à tour coléreux et triste. Que faisait Shalimar à cet instant même ? Treize heures, elle dormait encore, songea-t-il confusément. Dans les bras de Sofiane, celui qu'elle aimait avant lui et qu'elle continuerait d'aimer après lui. Pour la première fois cette pensée suscita sa mélancolie, parce que leur absence attisait le manque déjà sous-jacent à cause de l'infidélité. C'était la première fois qu'il mettait ce mot sur la situation, comprit-il, mal à l'aise. Il rejoignit Kaitleen, lançant pour se changer les idées :
- Il fait chaud, aujourd'hui, et si on allait se baigner ?
- Oui euh... Il y a une piscine à une demi-heure de bus de l'immeuble, mais là tout de suite je meurs de faim.
- Je vais rentrer chercher un maillot ; on ira manger ensuite, sourit-il avant de dégainer les clefs de la maison vide.
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