manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
41 : http://fantastique.roman.over-blog.fr/2014/07/clio-41.html
Contrairement à ce à quoi il s'était attendu, elle ne parut pas blessée. Elle hocha gravement la tête. Puis tout se mit à trembler autour d'eux. Sans mot dire, il s'avança et elle recula. Il la protégea de ses deux bras musclés. La lumière les enveloppa. Puis ils se retrouvèrent dans la rue à trembler près de la voiture. Ils mirent quelques secondes à réaliser ce qui venait d'arriver. Puis sans un mot, tremblants tous les deux, ils gagnèrent le véhicule où ils s'enfermèrent avec empressement, pour la première fois en plein jour ce qui les aurait désolés, s'ils avaient eu les idées suffisamment claires pour le remarquer.
Uriel se tint au plan de travail pour ne pas tomber et attrapa Hiléria par la taille pour l'empêcher de choir elle aussi. Puis elle se laissa glisser au sol, adoptant une position fœtale, les yeux écarquillés, braqués sur le sol devant elle. Lui se hissa sur le plan de travail. Il ramena les genoux sous son menton, perché là, trop hébété pour faire autre chose. Ils laissèrent filer le temps un moment. La petite brune se mit à pleurer en gémissant, les deux mains pressées sur son visage rougi. Lui se mit aussi à sangloter, mais il le fit en silence, comme cela lui arrivait souvent, ici sur sa planète à elle.
L'enfant de la lune pécheur chassera l'être maudit de la lune, ou il aura été poursuivi comme lui par l'ordre des choses qui aura pris toute forme susceptible de les toucher tous deux. Alors se posera le choix : il pourra rester ou repartir avec l'être maudit. Pour lui, ce sera alors un allé simple. La pierre ayant déjà été brisée, ne pourra l'être de nouveau.
Lison ne releva pas les yeux du vieux volume qu'elle lisait pour Clément, pas immédiatement, parce que l'intensité de l'instant l'en rendait incapable. Après des jours de recherches acharnées aux quatre coins de l'Etat, où ils avaient débusqué les meilleures bibliothèques spécialisées par des moyens dont ils étaient peu fiers, elle avait bien changé. Elle se sentait souillée de tous les mensonges et autres délits dont ils s'étaient rendus coupables. Ils avaient vécu dans des motels miteux, elle avait dormi contre un homme qui puait le désir, de plus en plus à mesure que les jours les contraignaient à une vie si étrange qu'ils s'en étaient trouvés grisés. Il avait plusieurs fois tenté de la prendre, chaque fois elle l'avait repoussé, mais avec de moins en moins fermeté. Chaque fois elle l'avait laissé gagner du terrain, parce que la situation l'excitait, elle aussi, comme quelque chose de contre nature lié à l'ambiance magique dans laquelle ils baignaient depuis qu'ils avaient quitté son appartement impeccable. Elle se sentait sale, perverse, mais le pire était qu'avoir trouvé la clef n'améliora pas les choses, contrairement à ce à quoi elle s'était attendue.
Alors l'ordre des choses rendra à la réalité ce qu'il aura emprunté pour se rendre visible à l'enfant de lune ainsi qu'à l'être maudit. Satisfait, il ne leur fera plus de mal et tout rentrera et bien... dans l'ordre des choses.
Clément grogna en abattant le poing sur la table ridicule de la chambre minuscule. Il se leva pour arpenter la chambre en grimaçant, les deux bras au-dessus de sa tête lisse. Depuis qu'ils étaient partis, plusieurs jours auparavant – jours qu'il avait posés, au travail, sans rien expliquer à personne, mais il supposait que l'on avait lu sur ses traits qu'il se passait quelque chose de suffisamment grave pour qu'il en ait réellement besoin – il se sentait dans un état second. Il ne parvenait pas à assainir ses pensées, continuellement brouillées par des sentiments trop intenses pour être maîtrisés. À présent la seule chose dont il était conscient, c'était que s'ils avançaient dans la compréhension de ce qui se passait pour Hiléria et sa créature qu'il maudissait, ils ne découvraient une fois de plus qu'une autre preuve que eux, Lison et lui-même, demeuraient incapables d'intervenir sur leur destinée qu'il ne pouvait pas admettre.
La jeune femme posa le livre, attrapa la masse de ses cheveux blonds, les secoua puis quitta sa chaise pour faire quelques pas dans leur chambre minuscule. Il se détacha de sa colère, car observer se mouvoir son corps mince et magnifique, si jeune, évoquant la féminité dans son état le plus parfait, provoquait toujours des sensations qui l'espace d'un court instant, brouillaient ses pensées pour les reléguer au second plan, derrière l'écran opaque de son désir qui l'aveuglait. Il avait toujours été un homme entier, sage en toute chose, prenant toute femme lui plaisant si elle acceptait l'idée d'une relation éphémère. En général, cela n'avait jamais posé de problème particulier, les femmes appréciant sa beauté alliée à cette sincérité ainsi qu'une grande simplicité. Il n'était pas homme à compliquer leur vie, on lisait clairement dans ses grands yeux sombres, on s'y sentait en sécurité.
On n'y comprenait rien.
extrait suivant : http://fantastique.roman.over-blog.fr/2014/08/clio-43.html