manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
extrait précédent : http://fantastique.roman.over-blog.fr/2014/07/le-destin-des-immortels-nouvelle-publication-118.html
- Ne me lâche pas, fit-elle alors que machinalement il déserrait les doigts autour des siens, moites, à moins que cela ne fussent ses paumes à lui qui avaient souillé les siennes.
Il tressaillit de la tête aux pieds, reconnaissant les paroles qu'il avait toujours réservées à Shalimar d'aussi loin qu'il la connaissait. L'envie de l'embrasser qui avait assailli Sloan en l'amenant à lui s'évanouit aussi sec. Il amorça le départ, sans toutefois cesser de l'aider à garder l'équilibre.
- Doucement, grogna-t-elle, j'ai un affreux mal de crâne.
Il abandonna la rouquine chez les empereurs. C'est donc avec soulagement qu'il se retrouva sous une douche glacée. Voilà, il se sentait mieux. Il travailla deux bonnes heures puis son estomac cria famine misérablement. Il sortit acheter un sandwich et songea à la jeune louve : elle devait avoir faim elle aussi. Il prit un second repas. Sur le chemin du retour il pressa le pas mais la mauvaise impression s'était accrochée à lui. Lorsqu'il se retrouva devant chez Kaitleen, il se demanda, après tout, pourquoi il culpabilisait. Elle lui plaisait, où était le souci? Était-ce son égo qui en prenait un coup, parce qu'il avait voulu fuir ce cadre qu'on lui imposait et que finalement, il s'y sentait attiré au travers d'elle? Ou bien se refusait-il à accepter qu'il avait voué sa jeunesse à un être, Shalimar, qui l'avait renié aujourd'hui? Sûrement tout cela à la fois. Il frappa, Céleste vint ouvrir.
- Qu'est-ce que tu fais là ? S'étonna-t-il.
Il secoua la tête. Qu'est-ce qui lui arrivait ces derniers temps, où était parti le peu de bon sens qui lui avait au moins permis jusque-là de ne pas débiter de pareilles impolitesses?
- Mes parents m'ont dit ce qu'il se passait, je suis venue voir mon amie, rétorqua-t-elle en croisant les bras sur son torse.
Il retint un éclat de rire parfaitement moqueur devant tant de défi en un si petit brin de femme. Un élan de violence l'assaillit. Il avait envie de lui prouver combien il pouvait la terrasser d'un claquement de doigt s'il se le permettait. Il contint tout cela, ce qui fut d'autant plus difficile qu'elle ajouta à la violence qui planait entre eux par larges vagues. C'est alors qu'apparut Antoine derrière elle. Il ajouta sa part d'agressivité. C'est alors que Sloan perdit le contrôle. Les deux créatures difformes fondirent l'une sur l'autre, rejetant la femelle sur le côté. Du sang glissa dans la gorge du lycaon, grisant son esprit avide. La douleur ne fit qu'ajouter à son zèle dévastateur. Pourtant, quelques minutes plus tard, il se retrouva seul dans le salon vide. Il continua de gronder en cherchant l'odeur du sang et de la sueur, jusqu'à une porte close. Il la gratta avec rage. Elle finit par s'ouvrir. Un projectile s'écrasa deva lui et l'issue se referma. Les voies nasales de l'être furent agressées par une très forte odeur. Il s'ébroua. Du parfum. Kaitleen.
Sloan récupéra forme humaine, puis se rhabilla en tremblant, de colère et de douleur. Il remit ses vêtements déchirés. Après un instant de confusion, il se dirigea vers la porte de l'appartement. L'autre s'ouvrit derrière lui. Il se retourna, chargé d'amertume, mais Céleste, les deux bras levés, l'interpela de la seule manière capable de le faire rester :
- Si tu fuis maintenant, lycaon, alors tu ne vaux pas mieux que tous ces pauvres types qui ont peur de faire face à ce que leur inspire une jolie femme.
Il serra les dents. Antoine ne lui adressa qu'un bref regard assez indéchiffrable. Ils sortirent sans se retourner. Lui resta là. Puis il se décida à soutenir le regard de Kaitleen.
- J'ai ramené le déjeuner. Tu aimes le thon ?
Un lent sourire se dessina sur ses lèvres, qu'il eut aussitôt envie d'embrasser. Elle le contourna pour ramasser le sac qui contenait les sandwich. Il la suivit d'un regard prédateur.
- Oui, la preuve, je suis sortie avec Antoiiiiine, répliqua-t-elle avant de mordre dans le sandwich avec appétit.
Elle lui désigna le canapé où ils s'affalèrent ensemble, en tête à queue, leurs jambes calées les unes contre les autres. Tous deux mangeaient en se dévorant du regard.
- Tu n'es pas sincère, sourit-il, toutes les filles le trouvent à tomber.
- Lorsque tu détestes quelqu'un tu finis pas le trouver laid, tout simplement.
Il hocha gravement la tête. Ils mangèrent en parlant peu. Ensuite il quitta l'appartement de la rouquine. Il lui semblait que ce qui se passait ne convenait pas, que c'était peut être mal. Comme pour le lui confirmer, une fois installé devant son ouvrage de psychologie, son mobile émit un bruit strident, la sonnerie. C'était Shalimar. Tout allait bien, ça y était ils étaient riches par une ruse douteuse, ils avaient fait un bain de minuit la veille, c'était magique. Le soir ils comptaient bien récidiver. Ils s'étaient beaucoup promenés aussi, ils avaient bu du champagne du haut d'une falaise. Ils avaient réfléchi, ils allaient déménager pour que les lycans et les immortels les laissent en paix. Ils avaient envie de prendre un grand appartement dans une très haute tour, d'où ils admireraient les lumières de la ville, comme à leur hôtel actuellement. Certes les magiciens les retrouveraient où qu'ils aillent. Mais s'ils restaient loin des leurs, ils pensaient qu'on ne leur chercherait pas d'ennuis.