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Extrait précédent : lien : Le péché pour leur vie 6.
Je fis mon possible pour cacher la stupeur que provoqua cette question du fait qu'elle ne concernait pas l'entraînement.
- Et bien... Si on ne fait que ce qui est clairement autorisé, il y a de quoi devenir fou assez vite. Enfin, modifiai-je après réflexion, ce doit être un point de vue qui m'est propre, les autres n'ont pas l'air de trouver à redire le fait de ne jamais prendre soin d'eux. Je n'ai jamais vu quelqu'un lire autre chose que des ouvrages de culture intellectuelle pourtant la bibliothèque recèle d'autres œuvres. Personne ne prend la peine de s'habiller agréablement, et j'en passe.
Je le vis réfléchir encore un peu puis il me fit signe que je pouvais aller me changer. Je tentai d'enfoncer dans mon crâne que je ne le connaissais pas et qu'il fallait me méfier, il était un entraîneur, pas un ami. Il était midi quand je quittai le sous sol et après le déjeuner, je me concentrai sur un ouvrage de philosophie jusqu'en milieu d'après midi.
Ensuite je sortis avec ma musique et mon errance me mena aux écuries, je voulais savoir comment se portait la pouliche qui m'avait donné tant de mal.
Les deux autres filles me suivirent sur la fin du trajet et soudain elles se retrouvèrent devant moi.
- Alors, Cristal-qui-porte-bien-son-nom? (regard sur ma tenue plus que féminine) On fricote avec son nouvel entraîneur? A ton avis, enchaîna la brune avant que j'ai pu rétorquer, que se passerait-il si on en parlait à la présidente?
- Elle s'en ficherait pas mal, m'esclaffai-je, vous vous croyez où, bande de souillons, à l'école primaire?
- C'est qu'elle s'emporterait, se gaussa la blonde, c'est mignon, mais évite de mal nous parler, Cendrillon, ordonna-t-elle en me poussant violemment.
J'étais en robe et je trébuchai. Grognant de colère, je soulevai la robe et envoyai mon pied dans l'estomac de celle qui m'avait poussée. Sa copine se projeta sur moi et je chus. Mortes de rire elles rebroussèrent chemin. Sans réfléchir je nouai le tissu haut sur mes hanches et fonçai. Je tombai avec la blonde, me relevai lestement et envoyai mon poing dans la figure de la rousse. Celle-ci se releva déjà et me frappa à son tour dans le ventre. Pliée en deux j'eus quelques fractions de secondes de passage à vide mais me redressant je griffai avidement ce visage qui se moquait encore. L'autre s'acharna à me frapper mais la colère me rendait insensible. Celle que je défigurais était au sol, bloquée. Quand il y eut assez de sang sur le visage que je haïssais, et sur les mains qui le protégeaient je me retournai mais l'autre fille commença à hurler des phrases que je ne pris pas la peine d'écouter.
Cela ne m'eut pas arrêtée si un entraîneur n'était pas arrivé, alerté par les éclats de voix. Il voulut m'attraper, déterminé à me ramener au bureau de la présidente. Mais par un réflexe idiot je me mis à courir. Je volais au dessus du sol mais il me rattrapa sur les marches de château. J'avais eu l'intention de courir m'enfermer dans mes appartements, c'était idiot, me répétai-je alors que j'étais poussée sans ménagement dans le bureau de la présidente.
L'homme raconta ce qu'il avait vu. La femme, sans crier, me demanda ma version et envoya l'homme chercher les deux autres filles. Je dis qu'elles m'avaient insultées. Elles expliquèrent qu'elles pensaient qu'il se passait quelque chose entre Aiden et moi et que je m'étais emportée. Elle fit donc appeler son fils. Il écouta le tout un sourire aux lèvres. Puis il nous enjoignit de sortir, les élèves et l'autre entraîneur, qui n'apprécia pas tellement. Avant de passer la porte j'entendis encore la présidente avertir que nous étions virées toutes les trois. Je marquai un temps. J'allais rétorquer mais mon entraîneur me fit signe de sortir sans aggraver mon cas.
Je fis donc demi tour, réalisant en retournant à mes appartements que j'avais confiance en lui. C'était une mauvaise nouvelle. Cristal, m'assénai-je tu t'étais promis de ne pas voir en lui autre chose qu'un entraîneur!
Incapable de rester en place je sortis faire un footing. Cela réveillait les douleurs héritées de la bataille, mais l'effet apaisant de l'exercice n'en était que meilleur. Quand j'eus fini une heure après, à dix sept heures, je m'octroyai une douche bien fraiche. En sortant, cheveux trempés sur peignoir de soie, je poussai un cri furtif. Le jeune homme aux jolis yeux verts avait interrompu sa déambulation dans mes quartiers en me voyant sortir.