
Cali rassemblait son courage elle avait que jusqu’à midi et il était déjà 10 heures, il fallait qu’elle agisse maintenant. Elle murmura un dernier « désolé pour tout » en serrant la main de son époux puis telle une équilibriste travaillant sans filet elle se lança en piste. Elle se leva :
- J’ai soif, permettez moi sultan d’aller chercher du thé. Peut être en voulez vous ?
Le but de cette manœuvre était de sortir Lucas du champ de vision du vicieux homme. Il fallait qu’il oublie son mari, il ne la frapperait pas tant qu’il la pensait protégée par son époux, il aurait peur.
- Oui, bien sur petite chose. Avec joie.
Elle s’avança avec toute la grâce que sa douleur lui permettait. Ses blessures la gênaient pour marcher et elle était obligée de se déplacer plus lentement rendant encore plus sensuel le ballet que formaient les voiles sur ses jambes. Elle se pencha voluptueusement vers le sultan pour le servir, lui offrant une vue plongeante sous le regard de son époux. À la fin elle se mit sur le coté obligeant l’homme à tourner la tête pour la regarder.
- Tu es réellement très belle. Indomptable, imprévisible et irrespectueuse mais vraiment une magnifique créature.
Parfait, il me tend une perche à moi de jouer. Cali repoussa ses cheveux en arrière
- Merci, ce compliment m'irait droit au coeur si il provenait d’un homme.
Et direct dans la virilité se dit elle en buvant doucement son thé.
- Mais je suis un homme, désires tu que je te le prouve.
Impeccable, le souverain jouait oubliant la présence immobile de son époux. Une lueur malsaine s’était emparée de l’homme qui ne pouvait plus contenir son insatisfaction sexuelle. Cali éclata de rire
- Non merci mon seigneur. J'ai pu discuter avec vos servantes et je sais que le voyage ne vaut pas le coup. D’ailleurs elles m’ont expliqué que s’était pour cela qu’elles sont voilées, être entouré de femmes sublimes quand on est impuissant et mal doté par la nature renderait fou le plus sage des hommes.
Et droit dans la vigueur se dit elle en buvant une deuxième gorgée. Le sultan sentit la colère monter. La jeune femme avait déjà mis ses nerfs à rude épreuve hier, aujourd’hui il serait moins patient. Il n'avait pas l'intention de se faire défier pas un objet, elle oubliait encore une fois sa place il allait devoir la lui rappeler. La jolie teinte cramoisie que prit le souverain la rassura elle était proche de son but, une dernière estocade et c’était bon.
- Espèce d'être sans âme comment tu oses ?
- Et bien je dois avouer que j’aurais un peu peur si j’étais en face d’un homme mais ce n’est pas le cas. La preuve pour les insultes proférées hier c’est mon époux qui m’a corrigée. Il n'y a pas de doutes lui c’est un homme. Il n‘a pas besoin de me le prouver ça s‘impose comme une évidence.
Cali essaya d’allumer une lueur lubrique dans son regard, mais ne fut pas sûre de la réussite de sa tentative. Coup final porté dans le machisme, la virilité et la vigueur le tiercé gagnant. Et la victoire me revient songea-t-elle une seconde avant de recevoir une gifle qui l’envoya valser à l’autre bout de la table. Elle glissa sur le bois ciré jusqu’à ce qu’un mur l’arrête violemment. Elle vit le sultan avancer droit sur elle l’épée au clair, la princesse aurait voulu se défendre mais ses blessures le faisait trop souffrir alors résignée elle attendit le coup fatal. J’avais prévu une autre fin se dit elle tandis qu'un goût de sang emplissait déjà sa bouche. Soudain elle vit son mari surgir et repousser sans mal le souverain pourtant furieux. Il avait réussi à briser le sort. Ça c’est un homme dit elle en essayant de sourire, tentative qu’elle regretta aussi tôt, sa lèvre était déchirée. Insensible à son trait d’humour son conjoint prit doucement sa tête entre ses mains pour la forcer à la regarder.
- Tu as une minute pour m’expliquer, passé ce délai je te donne en cadeau au sultan. Lui dit il d’une voix calme qui aurait fait trembler le plus endurci des soldats. D’ailleurs Etanne n’avait jamais vu son ami sortir à ce point de ses gonds normalement c’est quelqu’un de posé.
- L’article dont je t’ai parlé pose une exception à l’immuabilité du pacte en cas de crime de lèse majesté. Lucas continuait à la regarder, placide, mais Cali sentait monter son impatience, il ne comprenait rien à ce qu’elle lui disait. Mince Lucas tu es un roi ! Tu dois avoir des notions de droit ! Il continuait à se taire. Bon je vais reprendre se dit elle. Le pacte est en principe indestructible. Il la laissa continuer, ça il le savait déjà. Cependant il existe une dérogation, si le prince d’un pays protégé commet un acte contre un membre de la famille royale. Tu me suis toujours ? Derrière le souverain retenu par Etanne, qui lui aussi avait rompu le charme, commençait à s’agiter. Il avait compris. Donc, conclut-elle, le fait qu’il m’ait frappé alors que je suis ta femme fait qu’il a rompu le pacte,. Tu es maintenant libre d’attaquer. Elle ajouta plus bas. Il te reste une heure pour assouvir ta vengeance après le lien qu’il y a entre nous réapparaîtra.
La minute s’était écoulée.
le prisonnier de l'ange 57