manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Prologue.

Construis ton monde. Tu y créeras tes règles.
Uriel
Choisis ton guide. Deviens-en le maître.
Hiléria
Force les portes. Ne négocie qu'après.
Clio
Ne fuis pas trop loin. Personne ne maîtrise l'inconnu.
Sélenne
Chapitre 1. L'enfant d'un rêve.
D'ici quelques minutes, Clio fêterait la fin de sa première journée d'existence. Sa mère, Hiléria, l'observait d'un œil inquiet, non encore remise de l'accouchement qui avait été plus atroce que le pire des cauchemars que son esprit avait jamais été capable de forger jusque-là et depuis ce jour. Clio dormait paisiblement, car c'était la nuit, enfin, idée à laquelle Hiléria soupira puissamment. Elle commençait à leur ressembler, songea-t-elle amèrement. Sa fille et son... Et le père de Clio n'aimaient pas le jour. La petite pleurait davantage après le lever du soleil. Quant à Uriel, elle ne l'avait jamais vu en plein jour. Elle ne connaissait de lui que son nom ainsi que son anatomie la plus intime. Hiléria fut secouée d'un long frisson de désir pour cet être qu'elle n'avait pourtant côtoyé que quelques nuits vibrantes.
Elle passa une main nerveuse dans ses propres cheveux sombres. Le nourrisson se tourna dans son paisible sommeil ; comme la jeune femme aurait voulu dormir elle aussi ! Il était tôt, mais elle était épuisée par les événements qui s'étaient enchaînés les derniers mois, qui étaient les pires qu'elle ait jamais connus. Elle frotta ses mains sur son visage moite, un peu gênée en cela par la perfusion à laquelle elle s'était presque habituée. Elle ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé.
Elle n'avait pas été violée, non, ce qui avait déçu sa famille, car cela aurait pu expliquer sa grossesse à un âge aussi inapproprié. Elle ne fêterait pas ses 17 ans cette année-là, songea-t-elle des heures plus tard, en observant ce jour commencer sur les chiffres lumineux du réveil à côté d'elle. Elle avait été consentante, lors de sa première fois et lors des fois suivantes, ce que personne autour d'elle n'avait été capable de comprendre, puisqu'elle-même ne se l'expliquait pas. Elle n'avait pas conté les détails, du reste.
Elle avait rencontré Uriel en allant au cinéma, lors d'une soirée ordinaire où elle était arrivée accompagnée, dans un quartier sûr, tôt dans la soirée. Ses parents s'étaient assurés que Clément accompagnait sa sœur Délia ainsi qu'elle-même. Elle ne risquait rien, ce soir-là, songea-t-elle dans un sourire purement ironique. Elle avait remarqué Uriel dès que Clément avait ouvert sa portière pour la laisser sortir de sa voiture comme il le faisait toujours, comme tous les garçons de bonne famille, milieu dont elle appartenait elle-même, vaguement consciente de se trouver dans un immense cocon confortable depuis qu'elle avait vu le jour.
Aujourd'hui elle ignorait si ce cocon lui semblerait aussi plaisant lorsqu'elle devrait sortir de la clinique avec sa jeunesse et sa petite fille qui avait peur du jour. Hiléria revit ce soir-là, le futur père de Clio qui était passé tel un chat devant son nez sans lui adresser un regard ; de son côté, elle ne l'avait plus lâché des yeux jusqu'à s'asseoir près de lui dans la salle obscure. Beaucoup plus tard, elle avait su que leur rencontre avait été d'autant plus fortuite qu'il n'allait jamais au cinéma. Le film parlait d'un danseur de rue, voilà la seule raison qui l'avait poussé à sortir pour le voir – cela l'avait touché, car ce qu'il faisait dans la vie était assez proche. Elle avait suivi le film, déterminée à attirer son attention ensuite, sûre d'elle parce que les garçons de son lycée lui avaient donné confiance en son charme. Uriel était albinos, ses prunelles rubis luisaient telles des joyaux, même dans la salle plongée dans l'obscurité.