manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
Il lui semblait qu'elle allait réapparaître le jour où il s'y attendrait le moins.
- Tu as l'air déboussolé, nota la jeune femme, habituée à écouter des hommes mélancoliques.
Il fit signe que oui, mais assura que ça irait. A un feu rouge, il lui sembla enfin mettre le doigt sur ce qui le gênait :
- N'es-tu pas censée chercher un moyen de la ramener ? Je veux dire, on est au beau milieu d'un conte pour enfants. Tu baignes dedans depuis toute petite. Tu es la seule qui te sens à l'aise avec tout cela, qui possèdes toutes les données.
Il lui jeta un coup d'œil, ainsi put-il la surprendre hausser l'un de ses sourcils sombres.
- Il a toujours rêvé du moment qui est arrivé hier : quitter cette terre qui n'est pas la sienne, pour être à sa place ailleurs. Je crois que si tout le reste était vrai, alors cela doit l'être aussi. Imagine qu'on trouve un moyen, qui finalement les tire qu'un rêve merveilleux contre leur volonté. Imagine que la lune soit le Paradis ? J'ai toujours cru en lui. Je ne vais pas commencer à douter. J'ai perdu mes deux parents, mais je crois sincèrement que les ramener serait l'acte le plus égoïste que l'on pourrait avoir et le pire jamais intervenu sur terre. Je... je crois que nous devons nous habituer à leur absence, ne pas la pleurer car nous savons qu'ils vont bien.
Mallaurie savait qu'elle souffrait quand même. Il l'avait souvent vue pleurer, il l'avait souvent prise dans ses bras, il avait pleuré aussi, mais pour d'autres raisons. Il se demanda vaguement ce qu'on ferait en Eden d'une femme comme Hiléria, arrivée par erreur. Les larmes lui montèrent aux yeux. Il se sentait plus seul qu'il ne l'avait jamais été. Il n'avait pas perdu une mère ou un père, mais il se sentait abandonné quand même. Il ignorait ce qui lui arrivait, car il n'avait pourtant pas l'impression d'avoir perdu la femme qu'il aimait.
Chapitre 2. La Lune de tous les espoirs.
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Celle-ci ouvrit les yeux sur le troisième jour. Au début, au réveil, elle se demandait où elle se trouvait, puis il lui était aussi arrivé de pleurer en silence. Elle ne savait pas où elle était. Assurément, elle n'était pas sur la lune. Ou alors elle se trouvait sous sa surface, à un endroit encore jamais exploré par les êtres humains. L'herbe était rose, le ciel d'un blanc immaculé, l'eau était verte... Ce matin-là, elle paniqua car Uriel n'était pas dans son champ de vision.
- Uriel ? Appela-t-elle d'un timbre tremblant.
Elle se mit sur son séant, se rappela que la veille elle s'était résolue à abandonner ses vêtements, car si elle pouvait se laver dans l'eau toujours tiède, eux elle ne pouvait pas les ternir propres. Lui s'en était d'ailleurs débarrassé au premier bain après leur arrivée. Par un instinct quelconque, elle n'avait pas cherché à le lui faire remarquer. Uriel était chez lui ici, elle avait immédiatement décidé de lui faire confiance, comme toujours depuis plus de vingt ans. Elle le trouva enfin, alors son cœur s'apaisa aussitôt. Elle le découvrit dans la rivière, vision paradisiaque s'il en est. Il se baignait en riant, aux anges. Depuis leur arrivée, il souriait toujours, elle ne l'avait jamais vu ainsi. Elle songea encore que la pierre, si seulement elle n'était pas brisée, serait aujourd'hui aussi légère qu'une petite plume d'oiseau. Elle le rejoignit parce que depuis leur arrivée, elle ne pouvait pas s'empêcher de rester le plus près possible du lorialet. Son existence était devenue sans but, sauf découvrir cet endroit où ils se promenaient sans cesse, seuls, or il fallait admettre que c'était plaisant, car tout était magnifique, apaisant. Mais sans lui pour partager son errance, elle savait qu'elle vivrait un cauchemar.
- Doucement, souffla l'albinos.
Elle s'arrêta, l'interrogeant du regard sans crainte aucune. Car il n'avait pas l'air d'avoir peur. Il désigna au loin un grand cygne blanc. Il lui fit signe d'attendre. Comme toujours, avec toutes les créatures qu'ils découvraient, en faisant doucement, il put approcher le grand oiseau immaculé. Puis il lui indiqua d'un geste qu'il souhaitait qu'elle s'approche, ce qu'elle fit, appréciant l'eau douce de la rivière au bord de laquelle ils avaient dormi parce que la nuit dorée s'était levée, les surprenant dans leur promenade qui promettait d'être éternelle. Après quelques efforts patients, le cygne se laissa toucher par elle. Elle lui sourit tendrement, puis il se frotta à elle comme s'il s'était agi d'un gros chat. Elle chercha Uriel du regard, le trouva près d'elle, sentit son propre pouls redevenir normal.
- Tu ne m'abandonneras pas, d'accord ? Le questionna-t-elle pour la première fois.
Au début, elle lui avait parlé comme auparavant, mais elle avait compris que son esprit rejetait l'existence de la terre. Lorsqu'elle y faisait allusion, il changeait de sujet sans paraître s'en rendre compte. Ce matin-là, elle se dit qu'après tout, ce n'était pas une raison pour qu'il ne fût pas du tout capable d'échanger, puisque lui-même prononçait des mots porteurs de sens.
-Bien sûr que non, lui sourit-il, rassurant.