manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
- Tu ne m'abandonneras pas, d'accord ? Le questionna-t-elle pour la première fois.
Au début, elle lui avait parlé comme auparavant, mais elle avait compris que son esprit rejetait l'existence de la terre. Lorsqu'elle y faisait allusion, il changeait de sujet sans paraître s'en rendre compte. Ce matin-là, elle se dit qu'après tout, ce n'était pas une raison pour qu'il ne fût pas du tout capable d'échanger, puisque lui-même prononçait des mots porteurs de sens.
- Bien sûr que non, lui sourit-il, rassurant.
Il paraissait si insouciant qu'elle n'était pas certaine qu'il fallait croire ceci.
- Pourquoi ? Questionna-t-elle alors, pour voir s'il y avait un moyen pour elle de se rassurer à ce sujet qui l'oppressait plus que tout.
Il parut réfléchir, elle se dit qu'il avait peut-être du mal à recouvrer les idées assez claires pour avoir une discussion sérieuse. Ils avaient jusque là seulement échangé des remarques sur l'environnement qui les entourait tous deux.
- Tu n'es pas d'ici.
Ce fut tout. Le cygne les gratifia d'une acrobatie avant de les quitter gentiment. Elle lui dit vaguement au revoir. A sa grande surprise elle comprit son caquètement, qu'elle aurait pu traduire ainsi :
- Passe une bonne journée, étrangère. Je suis heureux d'avoir fait ton agréable connaissance.
Elle tendit le cou. Somme toute elle se sentit heureuse de ce qui venait d'arriver. Elle voulut partager cela avec Uriel, même si elle se sentait fragile à l'idée qu'il ne la comprenne pas. Elle accrocha son regard rubis.
- Tu vois, sourit-il, même le cygne prendrait soin de toi.
Elle n'était pas certaine que c'étaient des paroles rassurantes.
- Mais...
Il ne lui laissa pas le temps de lui poser d'autres questions. Il lui fit signe de venir avec lui, dans la direction opposée de celle par laquelle ils étaient venus. Ils continuaient leur promenade, songea-t-elle en se calant à sa vitesse, ni trop rapide ni particulièrement lente. Se mettre en marche la tranquillisa. Sous son pas, pour la première fois, elle prit conscience que les éléments se ramollissaient, comme pour ne pas blesser ses pieds nus.
- Crois-tu que comme le cygne, la terre, les brindilles, les cailloux aient décidé d'être bons pour moi ? Le questionna-t-elle, sans s'émouvoir de l'étrangeté de sa question, car ici rien ne paraissait dénué de sens.
Il la gratifia d'un sourire innocent, doux et réjoui comme il lui en adressait plein depuis leur arrivée sur la Lune.
- Bien sûr, Hiléria. Pourquoi voudraient-ils nous blesser ?
Elle lui rendit un sourire détendu. Ce fut alors qu'elle décida d'appartenir à ce monde, quel qu'il fût, car de toute façon, à présent elle y était enfermée. Devant eux le paysage s'arrêtait. Ils venaient de sortir du couvert des arbres, à un pas c'était le vide, qu'ils surplombaient du haut de la falaise. Pour la première fois, ce fut elle qui lui montra comme c'était beau. Il se tourna vivement, pressé de découvrir ce qu'elle avait à lui montrer. Il poussa une exclamation.
- Viens, la pressa-t-il.
Et il sauta dans le vide, accompagné de son hurlement à elle.
Guénaël frappa à la porte avec une bouteille de rouge ainsi qu'une rose unique. Il se sentait très nerveux. Il avait choisi de faire incruster la pierre sur sa nuque parce que c'était romantique, mais il n'avait jamais pensé se sentir aussi froussard au moment de briser le galet.
Le rouquin ouvrit, mais il n'eut pas l'expression à laquelle il s'était attendu. Il pensait essuyer la surprise en premier. Mais il lut de l'espoir dans le regard turquoise du jeune homme qui lui ouvrit.
- Ensuite effectivement, vint l'ennui auquel je m'étais attendu, sourit-il, ironique, en rentrant sans y avoir été invité.
Cela sentait bon la cuisine, songea-t-il pour commencer. Puis il vit Clio, juste avant qu'elle ne lui saute au cou, manquant le faire tomber à la renverse :
- Gwen ! Se réjouit-elle, heureuse de le voir et visiblement très en forme.
Ils échangèrent quelques exclamations comme ils en avaient l'habitude, qui se finirent de la sorte :
- Voilà une fleur pour la belle demoiselle, du vin pour le jeune homme et un lorialet à renvoyer sur la lune pour le plus courageux d'entre vous deux.
Il laissa le silence lui répondre. Il se déchaussa, en souvenir d'Hiléria dont la fille partageait sans doute les bonnes manières. Mallaurie lui fit signe qu'il allait s'asseoir sur le canapé, avant d'en arriver à cela. L'albinos se sentit ennuyé de voir la belle partir, il espéra qu'elle allait revenir. Il n'avait rien à dire au rouquin. Celui-ci lui fit tout de même la conversation, ce en quoi il décida de l'imiter, mais seulement quelques minutes, ensuite il souhaitait en finir. Il se demanda pourquoi le rouquin commençait à patiner autant. Puis il lui sembla qu'on lui avait brisé la nuque avec une massue. Cela ne fut pas douloureux, il avait simplement senti le choc ainsi que le craquement des os. Il était à présent conscient que sa tête formait un angle avec son cou qui n'avait rien de naturel. Il se mit à voir des étoiles, puis se sentit partir tout doucement, sa raison s'échappant lentement, laissant place aux doutes et aux espérances. Mallaurie poussait des exclamations paniquées qui lui vrillaient les tempes, mais Clio parla et il se tut aussitôt :
- Tais-toi, Mallo. Il doit souffrir affreusement, ce n'est pas la peine d'en rajouter en hurlant.
Guénaël murmura que c'était bien envoyé, mais il ignora s'il avait réussi à parler assez clairement pour qu'elle le comprenne.