manuscrits de fantasy promettant action, guerre et amour. Si vous aimez les vampires, loups-garous, dragons, fées, anges ou toutes autres créatures fantastiques c'est gratuit. laissez un mot aux auteurs Chloé et Solenne pour les aider à trouver un éditeur.
- Mais je sais que tous deux êtes des personnes bien, chacun dans votre genre, je sais que ça pourrait bien se passer. Si j'avais à choisir entre vous deux pour fêter ma majorité, je te choisirais toi, maman, parce que tu as toujours été
là, alors que lui n'apparaît que ponctuellement, que je te dois tout, alors qu'à lui je ne dois que le plaisir de l'avoir. Mais tu sais combien j'aime papa. Je voudrais, pour cette fois seulement, ne pas avoir à choisir entre vous deux.
L'adolescente pleurait, aussi Hiléria fit-elle le tour de la table pour la serrer dans ses bras. Elle retint ses propres larmes, tellement triste d'avoir à subir ce moment alors qu'elle n'y était pour rien ! Prise d'une inspiration, elle se sépara de sa fille, releva ses mèches sombres pour la regarder dans l'émeraude de ses prunelles en expliquant doucement :
- C'est non, chérie, je suis désolée. Je pense qu'il te fera la même réponse.
La jeune femme lui adressa un regard de défit, colérique comme elle ne l'avait pas été depuis bien longtemps. Sa mère se désola de se disputer avec elle à quelques jours de leur anniversaire. Elle lui offrait une voiture, certes d'occasion, mais cela lui avait pris du temps ainsi que de l'énergie de la débusquer, se renseigner, se faire aider par des connaisseurs. C'était difficile d'être mère, se désola-t-elle en silence. Quelque chose de pâle, par la fenêtre, passa au coin de son champ de vision. Clio et elle se tournèrent dans la même direction, toutes deux très entraînées à ce jeu alors que n'importe qui d'autre n'aurait rien remarqué. C'était la chevelure claire de l'albinos qui le trahissait toujours. À leur esprit, c'était comme un don qui les unissait et les rendait plus fortes que les inconnus. Uriel les fixa froidement, même de loin la brune aux yeux sombre pouvait voir la surprise dans son regard rubis, avant qu'il ne se ressaisisse et fasse signe à sa fille de lui téléphoner. C'était la première fois que passé voir sa fille fugacement, il les surprenait malheureuses ensemble. Hiléria se sentit différente, pour la première fois elle s'inquiéta de ce qu'il allait penser d'elle en tant que mère de leur enfant. Elle secoua la tête, épuisée. Cet intermède lui avait changé les idées, à défaut d'avoir été agréable pour elle.
- Et si nous y allions séparément ? Proposa-t-elle à sa fille qui paraissait apaisée.
Il lui vint à l'idée que ses deux parents étaient une force pour son ado, qui puisait en chacun d'eux les différences pour se construire en tant qu'un être équilibré.
- Tu passerais juste me voir une heure ou deux pendant ta journée d'anniversaire, et/ou la mienne, expliqua-t-elle à Clio, pleine d'un nouvel espoir.
Mais lorsque sa fille braqua sur elle son regard émeraude, elle sut qu'elle avait échoué.
- Tu n'as pas compris, grogna-t-elle. Je voulais, un peu comme un cadeau d'anniversaire, passer la fête entourée de mes deux parents, être trois une fois dans ma vie.
Hiléria se sentait mollir. A force d'en parler, elle se sentait oublier le fond du problème. Même la vision de l'autre côté de la rue ne le lui avait pas rappelé assez fort. Elle avait l'impression que c'étaient juste des mots, que par trois lettres, oui, elle pouvait donner à sa fille un présent merveilleux, qui lui plairait davantage que la voiture qui l'attendait au garage, payée d'avance. Elle savait qu'en réalité ce serait tellement dur qu'elle serait de nouveau une ombre fragile dès la fin de cette entrevue. Mais elle en avait assez. Elle n'avait jamais fait souffrir son enfant. Elle ne voulait pas commercer ce soir-là.
- Seulement un soir, alors, décida-t-elle. Tu es née le 12 mai et moi le 13. Je propose le 12 au soir, est-ce que cela pourrait te convenir ?
Clio ouvrit grand les paupières et la bouche. Elle cria, la serra fort dans ses bras en riant à travers ses larmes. Elle remercia dix fois. Sa mère décida qu'elle aussi, elle était heureuse, au besoin elle changerait d'avis ce soir-là, mais pas avant, pas déjà.
Hiléria poussa un profond soupir. Elle venait de boucler sa valise, ce qui avait pris une éternité, elle se maudissait à cette idée mais elle avait essayé l'intégralité de ses vêtements pour enfin décider quoi porter ce jour-là, ce soir-là et le lendemain, où elle reprendrait le volant pour rentrer chez elle enfin.
Sur la route les événements lui revinrent en boucle, sans qu'elle cherchât à s'en empêcher, car cela la rassurait d'y penser, comme si cela pouvait la préparer à ce qu'elle allait vivre le soir avec sa fille et Uriel, dont l'évocation du nom lui donnait le frisson. Le soir où elle avait accepté, Clio était sortie lui téléphoner, pendant qu'elle-même s'était attachée à récurer la salle d'eau, pour se défouler et ne voir sa fille depuis aucune fenêtre, même involontairement. Peu après, les pas avaient résonné dans la maison, puis des rires incontrôlés. Hiléria s'était arrêtée de travailler. Il avait accepté ! Hébétée, elle avait réceptionné sa fille qui ouvrant la porte à la volée, s'était jetée dans ses bras, euphorique. Se ressaisissant, elle avait simplement annoncé que c'était oui et qu'elle allait réviser pour s'avancer, puisqu'elle n'était pas là ce week-end, ce qu'elle avait répété plusieurs fois, en chantonnant sur plusieurs airs différents. La brune aux yeux sombres sourit à ce souvenir. Arrêtée à un feu, elle baissa le pare-soleil pour vérifier ses traits, se rassurer de son maquillage frais et de son décolleté, non outrageux mais elle avait toujours pensé qu'un homme gardait la tête moins froide en présence d'une femme un peu coquette.