
C'était faux mais j'avais un besoin urgent de prendre l'aire. Je me traînai dans un resto en compagnie de mes livres, ça ne me changeait pas de d’habitude finalement. Le soir elle avait pris le pouvoir sur la télévision, elle choisissait les programmes, toujours en Anglais. Au début j’avais essayé de rester avec eux mais à quoi bon, je ne comprenais rien alors je montais dans ma chambre. Elle avait réussi à me chasser de la maison. Les deux motards semblaient heureux mais une atmosphère étouffante pesait sur moi. Tous mes sens criaient au danger sans que j’en devine la cause. Mes cauchemars s’intensifiaient et je ne dormais presque plus. Peu à peu un mal être m’envahit. Quand j’essayais d’en faire part aux garçons ils ne m’écoutaient pas, pire ils me réprimandaient. Je me sentais seule et délaissée. J’atteignis le somnole de l’horreur lorsque je vis un matin Mélodie sortir de la chambre de beau. Au petit déjeuné je lui dis :
- Il me semble bien que vous avez la preuve que Célian ne s’intéresse pas à moi, vous partez quand ?
Erwan faillit s’étouffer dans son café et beau me lança un regard noir.
- Hum serais tu jalouse ? C’est suspect ça je vais encore rester un peu.
Nous nous mesurâmes du regard, trop tard j’avais perdu. J’aurais du réagir avant je n’avais plus l’influence nécessaire sur les garçons.
- Je vais à la fac.
Sans un regard pour les autres et sans finir mon déjeuné je m’enfuis. Hé oui vous ne rêvez pas je retournai à la Fac, cela faisait deux semaines que cette sangsue nous vampirisait ! Je quittai une ambiance malsaine pour une ambiance morose. Assise en cours un constat m’accabla, je ne comprenais toujours pas les profs. En plus je ne risquais pas de faire des progrès vu que padre avait arrêté de m’apprendre l’anglais, comme de m’entraîner soit dit en passant. Je devais comprendre, il avait du travail, il ne pouvait pas se concentrer uniquement sur moi. Je vous l’ai dit ils devinaient inconscients. En fin de matinée je décidai d’aller manger au resto U seule, et j’étais persuadée que cette fois ci rien ne me sauverait. En passant devant les travaux je me fis sifflée. Ce serait certainement le seul signe de communication (très primaire j’en conviens) que j’aurais de la journée. Au détour d’un couloir je vis beau qui me cherchait, il était visiblement en colère. Il fouillait les amphis, je l’évitais, ainsi la journée se passa en un jeu de cache cache. Bien sur j’ai loupé le dernier bus et il ne repasse pas avant une heure et demi. Abattue je décidai de rentrer à pied. J’en avais pour une heure de marche environ, un peu de sport ça ne fait de mal à personne.
Divin témoin 36