
Il me regarda avec des yeux remplis de fierté et un large sourire. En voyant la complicité qui les unissait je les enviai, mes faux frères me manquaient, comme ma vraie famille.
- Je vous demande de vous déshabiller pour que votre chemise n’entrave pas vos mouvements, et non pour vous évaluer.
- Et toi tu n’enlèves pas ton corsage ? me demanda Paul.
Je lui souris.
- Je ne comprends pas pourquoi ces propos ne te gênent pas alors que tu devins rouge dés que je te fais des propositions. Répliqua le grand frère qui n’avait rien perdu de la conversation.
Je stoppais directement leur entreprise, il était évident qu'ils avaient besoin de se changer les idées. Mais tergiverser n'allait mener à rien.
- Je t’expliquerai plus tard (dés que j’aurais une explication). Allez on se lance.
Je pris chaque garçon par une main et les entraînai doucement vers l’eau. Paul s’y habitua mais je vis la panique monter dans les yeux de Tristan. Il n’y arrivera pas. Je cherchai un moyen pour le faire sortir sans le rabaisser aux yeux de son frère, ça devenait urgent ! Même si en apparence le jeune homme ne cillait pas, ses yeux étaient fous de terreur.
- Zut, nous ne pouvons pas laisser nos affaires sur la rive sans surveillance !
- Pardon ? me dis Paul,ce ne sont que des chemises, personne ne va les prendre.
- Non, j’ai laissé un médaillon auquel je tiens énormément. C’est mon médaillon porte bonheur, je ne peux pas prendre le risque. Trist tu veux bien garder les affaires ? je t’apprendrai plus tard.
Je lui lâchai la main immédiatement un apaisement sans bornes inonda son regard.
- Tu es sûre ? Sa voix ne tremblait pas, les apparences étaient sauves.
- Oui, s’il te plait.
- Soit.
Avec soulagement je le vis regagner la rive.Finalement cela était un bon compromis, j'apprenais à nager qu'à l'un d'entre eux. Le reste de leur destinée leur appartenait. Je me concentrai sur Paul et passai la journée à barboter avec lui. Élève assidu il apprit assez vite et sut rapidement nager. Ma plus grande difficulté fut d’arriver à le convaincre qu’il flottait. Dès qu'il eut dépassé ce stade nous nous s’amusâmes beaucoup, je découvris un peu mieux la personnalité du jeune homme. Il était finalement très sérieux et ne rêvait que de se marier et fonder une famille, il avait hate de commencer sa vie. Était-ce vrai ou un beau discours pour m’impressionner ? je l'ignorai mais il me parut sincère. Il admirait son frère matant son apparente décontraction et ses discours. Cela expliquait sa tirade du début. Nous ne rejoignîmes Trist qu'au soleil couchant, de la journée il n'avait quitté son frère des yeux, prêt à intervenir malgré sa frayeur.
- Je suis désolée, j’espère que tu ne t’es pas trop ennuyé, lui fis-je.
- Non, me répondit-il. Puis il regarda son frère. C’est bien, je suis fier de toi.
Il lui administra une grande claque dans le dos. Et ils partirent bras dessus bras dessous vers la maison. Tout s’était bien passé.
Divin témoin 76