Le soir même je entraînais à nouveau Tristan au lac. Ne voulant perdre la face le jeune m'avait quémandé des leçons. J'avais commencé par refuser, un seul vampire sachant nager suffisait amplement, la terreur de mon ami était trop grande. Mais il insista et je finis par céder.
- Écoute, j’ai bien vu que tu n’aimais pas ça alors je vais essayer une autre méthode si elle échoue on abandonne.
Il gémit, mais déjà je lui avait pris les mains et l’avait emmené dans les flots.
- Concentre toi sur moi, sur mes yeux, sur le paysage et oublie l’eau, oublie tout ça, contente toi de profiter.
La lune, encore timide, se reflétait dans le lac auréolée des teintes du soleil couchant. J’avais l’impression de me baigner dans un lac de lumière et de nuances. Tout autour de nous n’était que variation du ciel ondulant au fur et à mesure de nos mouvements. Le paysage était idyllique. Je voulais que le vampire oublit où il était. L’ambiance calfeutrée, la douceur du couchant, la semi obscurité dérangée seulement par la présence des astres, le bruit de l’eau tout cela créait une atmosphère romantique et apaisante. Doucement mon compagnon se calma alors que je l’entraînais lentement dans l’onde que j’avais réchauffée. Quand on eut de l’eau à la taille je restai quelques instants sans rien faire, juste le temps de m’assurer de son état d’esprit. Il ne me quittait pas de yeux, c’était troublant. Je lui souris.
- Alors tu vois, ce n’est pas si difficile.
Il ne dit rien, il était tout de même crispé, mais rien qu’une bonne bataille d’eau ne puisse défaire. Je me mis à l’asperger, doucement au début, puis plus fortement. Il fut surpris, choqué, apeuré, puis se prit au jeu. Bientôt nous jouâmes comme deux enfants. De lui-même il plongea pour m’attraper, je nageai pour me dérober nous attirant de plus en plus loin. Dans des éclats de rire je lui appris à flotter, il avait été attentif aux cours prodigués à son frère et sut presque instinctivement crawler. Nos corps se frôlaient, chacun ayant conscience de la proximité de l’autre. Finalement il m’attrapa et me murmura :
- Es tu certaine que tu ne veux pas je te fasse l’amour ?
Au clair de lune il était réellement magnifique. Je lui fis face et lui répondis :
- Certaine.
- Alors il est temps de rentrer, on doit aller travailler.
Et comme d’habitude Lucien nous accueillit par un retentissant
- Vous êtes en retard.
Cette fois c’était justifié.
Divin témoin 77