
De justesse j’arrivai à rattraper les bords de l’étoffe avant qu’ils me laissent nue. Pliée en deux j’étais en difficulté. Que faire ? si je me redressais il y avait de fortes chances pour que le tissu m’échappe, mais je ne pouvais pas non plus passer ma vie courbée. J’en avais assez, pourquoi, pourquoi ça n’arrive qu’à moi ! Ce devrait être un sac de ciment à ma place (je ne le dirais jamais assez !). Je sentis un tissu se poser sur ma peau. Torse nu Trist me regardait courbé lui aussi. Je rougis violemment mais le laissai boutonner sa chemise autour de moi. Et lorsque je me relevai, mon corsage tomba. Ma robe ne ressemble vraiment plus à rien !
- Alors c’est décidé, tu épouses Trist ? me demanda Paul. Derrière lui son pére acquiesçait.
Mince, j’avais oublié la condition qui accompagnait le sauvetage de la famille. En face de moi le jeune homme pâlit (comment était-ce possible ? Il était déjà si pâle !).
- Ne le prenez pas mal mais je préférais une nouvelle robe si possible, implorai-je.
- D’accord, me fit Lucien mais la prochaine fois tu prendras Trist.
- Promis !
Je souris à la famille qui me faisait face, il n’y aura pas de prochaine fois !
Deux heures plus tard Tristan me proposait une nouvelle robe en velours verte avec des lacets devant.
- Il parrait que le roi a offert une robe à peut prés semblable à la reine, m'annonça-il taquin.
- Et ils sont heureux en mariage ?
- Oui très, ce qui est surprenant.
- Alors c’est un signe, je vais devoir vite aider un membre de ta famille pour pouvoir t’épouser.
La grimace qu’il fit fut comique. Il m’enlaça et me chuchota :
- Sérieusement comment tu vas ?
- Je vais bien, ne t’en fais pas.
- Veux-tu que je te fasse l’amour ?
- Non, répondis-je dans un rire.
Je restai quelques minutes dans ses bras puis allai me changer. La tenue m’allait à merveille le jeune vampire avait l’œil. Les semaines passèrent à une vitesse folle. J’avais complètement négligé mon objectif, prise dans le quotidien j’appartenais à cette famille. Un soir alors qu’on se couchait Tristan m’annonça :
- Le charrette arrive demain si tu es toujours décidée à partir. Rien ne te force tu peux rester si tu le souhaites.
J’avais totalement oublié mon époque et mon envie de rentrer chez moi. J’hésitai quelques instants après tout j’étais bien ici. Revenir en 2010 pour faire face à un procès et à tous les problèmes qu’il entraîne. Ici je ne devais plus me méfier, aucune enquête n’était ouverte, aucune blonde m’empoisonnait la vie, je me disputais avec personne et personne ne m’insultait sans raison. Vu ce qu’était ma vie dernièrement je n’avais pas envie de la retrouver. Les conflits avec padre, la présence de Mélodie, les cauchemars, rien ne me manquait vraiment. Puis une image s’imposa à moi, le visage d’un ange, Célian. Puis le souvenir de ma famille m'envahit, mes amis, mes rires. Je n'étais pas si malheureuse, rien que des tracas de passages, rien de grave. Ce n’est jamais simple dans la vie.
- Je vais y aller car je le dois. Je ne sais pas ce que je vais trouver, ni si je vais trouver quelque chose, mais je dois essayer sinon je le regretterai. J’ai des proches à la maison qui s’inquiètent et des devoirs à assumer. J’aurais aimer rester crois moi, mais je ne peux pas fuir ma vie.
- Même si c’est pour la fuir dans mes bras.
Je lui souris.
-Ça aura été un beau rêve.
- Je vais t’accompagner, si tu ne trouves rien nous rentrerons ensemble.
Divin témoin 86