
Le voyage dura un mois durant lequel je me rapprochai de mon comparse. Heureusement qu’il était là sinon le déplacement aurait été interminable. Le conducteur, en plus d’être étrange (il avait une tête qui faisait peur), ne parlait pas. Lugubre, il se contentait de faire avancer sa cariole, indifférent à nos blagues, discussions, ou jeux à l’arrière dans son foin. Enfin la ville apparut, je l’avais espérée et redoutée mais elle était là avec son château la surplombant. Le charetier y restait une semaine après il faisait le chemin inverse avec des vivres cette fois. Il nous proposa de nous ramener. Ce furent les seuls mots que nous échangeâmes. Dés notre arrivée nous entreprîmes de trouver un hôtel, cette fois la ville en disposait. Une fois cela fait nous arpentâmes les rues. L’exploration de la ville nous prit deux bons jours. Je commençais à désespérer, jamais je n'allais trouver ce que je cherchais surtout que j'ignorais ce que je cherchais. De la fenêtre de notre chambre nous apercevions le palais, ce lieu m’attirait, je devinais qu'il détenait la clé. Mais comment y pénétrer ? il devait être protégé.
- Je vais voir si je peux entrer dans le château, annonçai-je le dernier matin à Trist.
Nous savions tous les deux que je ne rentrerai pas. Notre intution nous disait que c’était l’adieu tant repoussé.
- Soit, tu me rejoins après ? me dit-il plein d’espoir
- Peut être lui glissai-je. Je l’embrassai, longuement, tendrement. Puis lui murmurai merci pour tout sans toi je n’aurais certainement pas survécu. Veille sur ta famille, sois heureux et arrête de flirter avec toutes les filles, il est temps de penser à fonder une famille !
Cette réplique le fit sourire, c’était l’effet recherché.
- Au revoir, chuchotât-il.
Je m’efforçai d'avancer. C’était éprouvant, la peine que je ressentais était immense, je savais que c’était le bon choix mais ce n’était pas le plus facile. J’entrai dans le palais aisément, la confusion qui avait saisi les soldats du village semblait aussi agir sur les gardes. Ils me saluaient tel une comtesse et s’inclinaient devant moi, surpris de me voir certes mais toujours respectueux. Le lieu était immense. Les portes découvraient un immense hall, la sensation de grandeur était renforcée par le carrelage à damier blanc et noir. Maintenant que j'étais entrée j'entrepris de trouver la reine, sa renommée en tant que magicienne n'était certainement pas surfaite, si quelqu'un pouvais m'aider c'était elle. Sur les cotés de la pièce montaient deux escaliers impressionnants au fond une porte vitrée donnait sur les jardins. Ne voulant pas me montrer trop intrusive, je renonçai à monter dans les étages. J’allai donc vers la verdure. Un parc bien entretenu s’ouvrait alors. Tout le long courraient des patios. Au loin j’aperçus un couple formé d’un tout petit vampire et d’une grande et pulpeuse blonde. Je me dirigeai vers eux alors qu’ils s’embrassaient fougueusement, je voulais leur demander où je pouvais trouver la reine. Je n’arrivai jamais à destination, je fus intérromput par une voix mystérieuse :
Divin témoin 87