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La louve et le prince, tous les articles.
La louve et le prince, résumé.
La mine réjouie, il nous indiqua où était la rivière et appela quelques jeunes filles pour qu'elles nous suivent avec des savons et des baumes. Ce ne fut pas spécialement une bonne nouvelle de mon point de vue, d'autant que Prince se révéla sans surprise attentionné envers les petites créatures. Je tâchai simplement de me résonner, ce qui aurait dû être facilité de par leur petite taille.
Finalement le bain fut un grand plaisir, du reste Rubis but de longues minutes sans discontinuer. Enfin je sortis de l'eau douce et trouvai les jeunes filles à étendre nos vêtements de nouveau propres. Avant que je ne fasse un impair Prince me glissa doucement :
- Les lutins sont par nature très serviables, ils aiment faire plaisir et aider les autres, aussi mènent-ils de douces vies jusqu'à la mort, tu l'imagines aisément.
Je me mis enfin à les observer sous un nouveau jour. Du moins je réussis en grande partie à le faire, ce qui était mal aisé de par mon caractère de lycanthrope, qui n'accordait que peu de chance aux gens de gagner de ma part un peu de sympathie.
- Merci beaucoup, lançai-je aux jeunes femmes, vous nous faites un beau cadeau, maintenant nous nous sentirons bien mieux.
Elles rosirent de plaisir en nous proposant mille services : me natter les cheveux, me maquiller, masser Prince, ou Rubis, nous prodiguer des soins du corps. Je refusai tout mais Prince me lança un regard noir. Alors j'opérai un revirement du tout au tout et me laissai choyer, ce qui finit par réellement me détendre. J'offris aussi des massages et autres coiffures et soins et la soirée passa paisiblement. Je me découvris sous un nouveau jour. Au début, observer Prince du coin de l'œil me rendit mal à l'aise, car il prenait au centuple sans jamais rien offrir. Aussi m'éloignai-je pour parvenir à cet état d'apaisement dans lequel je me trouvais lorsqu'il se fit trop tard pour décemment rester sur mes deux jambes sans choir de fatigue.
Enfin nous fûmes couchés sur d'épais duvets, dans les bras l'un de l'autre, comblés à l'idée de la tâche accomplie. Le matin avec une impression de déjà vu, après la toilette et le petit déjeuné, nous vîmes un peuple immense se presser devant nous. Leur chef leur avait dit comment nous voyions le fin de la guerre et un porte-parole s'approcha résolument de nous :
- Nous voulons remercier le Prince et la louve...
Des acclamations se firent de partout, assourdissantes.
- Il faudra surtout remercier les elfes et les gnomes, m'égosillai-je.
- Nous souhaitons vous charger de cette tâche, lança le porte parole. Surtout, nous voulons savoir si notre aide (je ne pus m'empêcher de sourire, les lutins étaient des êtres adorables) pourrait leur être utile d'une façon ou d'une autre.
- Je suppose que oui, dit Prince, nous porterons cette proposition aux sommets. Pourriez vous rester ici le temps que la réponse vous soit communiquée ?
La lassitude s'abattit sur moi à la seule idée de recommencer la traque interminable qui nous avait épuisés pour parvenir jusqu'à eux. C'était une requête des plus avisées. Le lutin opina au nom de son petit peuple.
- Aucune objection, donc ? Fis-je enfin pour la forme.
Il sembla rassembler son courage, ce qui serra mon cœur à l'idée qu'une quelconque difficulté se fît jour, alors que je ne me sentais pas en état de l'affronter déjà.
- Non, mais deux questions, avoua le petit être.
D'un regard nous l'autorisâmes à parler librement.
- Pourquoi vous nommez vous la louve ? Nous vous avons vue sous votre... autre forme. Vous ressembliez assez peu à ces fauves... si je peux me permettre sans vous offusquer.
La mélancolie frappa l'humaine tandis que la vexation manqua libérer le fauve en moi. Je me mordis la lèvre, la blessant au sang à cause des crocs qui étaient nés sans que je m'en aperçoive. Les lutins reculèrent respectueusement, en tâchant dans leur habitude de la forêt d'éviter les mouvements brusques. Je pris quelques secondes pour me reprendre au mieux. Prince braqua sur moi son regard d'or qu'il avait glacé comme souvent. Puis il déposa un baiser sur mon front brûlant.
- La Louve est la pauvre victime d'une malédiction, expliqua-t-il pour moi. Tout comme votre oracle.
Il laissa sa véritable apparence éclater au grand jour, arrachant des hurlements de peur de la part du petit peuple. Sa peau livide, ses pupilles rubis, ses crocs acérés, son rictus diabolique auraient pu me faire reculer moi-même. Lorsqu'il reprit visage humain, il conclut, évasif :
- Là d'où je reviens et où ma promise est née elle-même, existent d'autres créatures ainsi que d'autres lois. Pourtant nous demeurons choisis par les Dieux.
Il y eut un léger temps de flottement, durant lequel le doute sembla se propager.